V. — Habitat favorable à la race
Les races humaines aussi bien que les races animales et les variétés botaniques ont des préférences d'iiabitat.
Les individus de race blanche s'adaptent mieux à des climats temi)érés; par contre les nègres éprouvent l'impérieuse nécessité d'une température assez élevée. La guerre en a donné la démonstration pour la bonne utilisation des troupes noires.
Les races transplantées ne payent pas seulement un lourd tribut d'acclimatation, mais il est beaucoup de pays ou elles disparaissent complètement. C'est un fait absolument démontré que les colonies tropicales ne sauraient prospérer sans l'arrivée incessante de nouveaux colons.
Même certains climats tempéréB ne conviennent pas à toutes les races favorables, d'où la nécessité d'importations constantes.
Il y a beaucoup de pays où les races humaines émigrées ne peuvent se maintenir.
Rnox soutient que le Hollandais ne saurait se propager pendant quelques générations dans le pays de Galles. En Angleterre, la disparition progressive de l'élément saxon devant l'élément celte est probablement due à une pareille dilficulté d'adaptation.
Par contre, le même auteur estime que les bords du Danube sont peu favorables aux Français.
Au Mexique, les Espagnols se détériorent. Malgré les importations constantes, l'élément espagnol disparaît et plus de la moitié de la population est constituée par les indigènes de pur sang.
D'après un médecin norvégien fixé dans le Minnesota, M. Garlsen, les Norvégiens sont rapidement éliminés par le climat des États-Unis. Il n'en reste plus au Texas.
Il ne nous est pas désagréable de constater les difficultés d'acclimatation auxquelles se heurte la race allemande dans la presque totalité des pays du globe.
AVoodruff affirme qu'aux États-Unis, la durée de la vie de l'émigrant allemand est terriblement moins longue qu'en Allemagne, et que l'Anglo- Saxon disparaît peu à peu.
La proportion d'Anglo-Saxons nés sur place diminue. Le climat convient mieux aux immigrants du type celte et latin qu'à ceux du type germanique et nordique. Si les races blondes du Nord se maintiennent aux États-Unis, cela tient à l'immigration. Le type nordique subsistera tant que des nouveaux venus viendront combler les vides. Sans cela la prédominance du celte serait rapide.
Nous trouvons la confirmation de ce fait, dans le passage d'Émerson, tiré de son livre sur La conduite de ht vie :
« Voyez les ombres du tableau. Des millions d'Allemands participent, comme lés nègres^ à la destinée de V engrais.
» Ils sont transporlés à travers l'Atlantique, charriés par toute TAniérique, pour fossoyer les champs et peiner, afin que le blé soit à bas prix, et ensuite pour être enterrés prématurément afin de faire un j)eu d'herbe verte pour les prairies. »
Ce (ju'Enierson ne dit pas, c'est que le r(Me de bête de sonnne réservé aux immigrants allemands résulte surtout de la voracité et de l'intempérance propres à leur race qui les comdamnent à dévorer sur place tous les produits de leur travail.
Ce n'est pas seulement en Amérique que les Allemands dépérissent. En Transylvanie, les Saxons dégénèrent, la Bohême est également fatale aux Germains. Ils s'y annihilent et la persistance des noms allemands est le seul témoignage de leur pénétration.
De tous les Allemands, le Bavarois est le moins adaptable à un autre milieu. Hors de son pays, il apparaît partout comme un véritable déraciné.
La même infériorité des Allemands à l'adaptation à un sol différent de celui de leur origine, a été signalée à toutes les époques.
En Sicile, les Normands, pas plus ({ue les Germains, n'ont pu résister au soleil. Le climat de l'Afrique a dévoré les Vandales ; quelques années après leur invasion, il n'en restait plus trace.
De même en Espagne, les Goths et, en Italie, les Lombards, n'ont laissé que des résidus progressivement absorbés par les races autochtones.
De même ([ue les espèces parasites et voraces, comme les rats et les lapins, c'est dans sa fécondité que la race allemande trouve son principal élément de défense et de conservation.
William Edwards avait déjà signalé en 1829, la prédominance croissante en Angleterre du type celtique sur le type saxon. Ses observations se sont trouvées justifiées par la guerre et on en trouve la confirmation dans les paroles suivantes de Lloyd George :
« J'ai du sang celtique dans les veines. Il y a plus de sang celtique dans les veines de l'Anglais de partout qu'on n'est disposé à l'admettre et si vous tiriez toutes les gouttes de sang celtique de ses veines, l'Anglais serait assez anémique.
» Le celte à l'amour irrésistible de la'liberté. Il peut être foulé aux pieds, et il l'a été ! Il peut être opprimé, et Dieu sait s'il l'a été ! Mais vous ne pourrez jamais éteindre sa passion pour la liberté. Piétinez-le dans la boue, et les enfants de ses enfants se lèveront avec des mots d'ordre de liberté aux lèvres. Je viens à vous comme le descendant d'une race qui a combattu César. »
Lorsqu'après de longs siècles d'occupation, une race s'est adaptée à un habitat, et que selon la forte expression de Michelet s'est réalisé : « le mariage de l'homme à la terre » cette race devient en quelque sorte indestructible.
Lorsque J.-J. Bousseau écrivait : « C^est le peuple de la campagne qui fait la nation » il ne faisait qu'exprimer une vérité élémentaire. Le sol est tout le peuple.
22 EDGAR BÉRILLON
Auteur d'une remarquable épopée sur les paysans polonais, le poète Ladislas Heymont pouvait aHirmer justement que, s'il existe encore une Pologne, c'est à ses paysans qu'il faut l'attribuer.
Il en est de même pour tous les peuples. C'est aux paysans et aux femmes de l'Alsace et de la Lorraine que la France doit d'avoir conservé le cœur des provinces aujourd'hui retrouvées.
Par sa résistance physique, par son endurance, le paysan constitue l'élément actif de la résistance aux invasions. Dans la paix il demeure le continuateur des traditions, des mœurs, des habitudes et de tout ce qui constitue les éléments essentiels du caractère national. Par lui également se trouve conservé le type fondamental de la race.
L'existence des Celtes sur le sol de notre pays a constitué depuis de longs siècles une race dont les caractères communs sont si bien fixés que, dans n'importe quel lieu où se trouve un Français, il est immédiatement reconnaissable parle seul aspect de sa physionomie et de ses gestes, et il ne saurait être confondu avec aucun autre représentant d'un autre peuple.
Cela tient à ce que, dans la proportion des cinq sixièmes, les Français sont issus de père et de mère originaires des mêmes régions et dont les ancêtres résidèrent dans le même pays depuis plusieurs siècles.
Les apports de races étrangères sont donc absolument négligeables en ce qui concerne les populations des campagnes.
Le gouvernement allemand avait compris l'impossibilité de substituer, par l'immigration, une nouvelle population à celle qui est depuis longtemps appropriée à son habitat. Il avait donc résolu, si l'invasion de 1914 lui avait permis de réaliser ses intentions, de procéder à la destruction ou à l'éviction complète de la race française dans les provinces qu'il aurait soumises à sa domination.
Le professeur M. K.- L. Wolfî, en septembre 1913, dans 1'^// deutsch Blatter, se faisait l'interprète de ces intentions, lorsqu'il écrivait : « Les vainqueurs agissent d'après les règles de la biolor/ie et de la logique, quand ils s'appliquent à faire disparaître la langue et à anéantir la nationalité étrangère. »