VI. — Immutabilité des instincts
Une opinion, communément répandue, attribue à l'action du milieu une influence prépondérante sur les instincts des individus et par conséquent des races. Il ne s'agit là que d'un préjugé entretenu par des considérations de sentiment.
En réalité, l'observation attentive des animaux nous apprend que les diverses races, quel que soit le climat sous lequel elles vivent, quels que soient les efforts tentés pour réaliser leur domestication, restent tributaires de leurs dispositions innées et de leurs instincts.
Le pelage du tij^re, de couleur rouge brique au Bengale, tire sur le jaune en Indo-Chine et blanchit en Sibérie. Sous toutes les latitudes, le tigre demeure un animal féroce, toujours assoilTé de sang.
Dans leurs migrations, les rats subissent diverses modifications de taille et de couleur; ils demeurent partout des hôtes incommodes et malfaisants.
Les modifications ne portent jamais que sur des caractères secondaires; le fonds mental et les instincts primordiaux persistent toujours.
En ce qui concerne les races humaines, les faits démontrent qu'elles ne se comportent pas d'une façon différente. Le climat, le régime alimentaire et l'éducation ne transforment pas plus leurs instincts qu'ils ne modifient les dispositions de leur caractère.
La démonstration de l'immutabilité des instincts dans les races se trouve confirmée chaque jour par des faits irrécusables. En voici quelques exemples frappants.
On se représente, à juste titre, les Scandinaves comme des gens taciturnes et sobres de mouvements. Leur mimique est pleine de réserve, et ils n'ont jamais passé pour des êtres expansifs et communicatifs. « Mais allez à Bergen, une des plus grandes villes de la Norvège, vous y verrez, au contraire, des gens gais, bruyants, à gesticulation excentrique et exubérante. Qu'est-ce à dire? Il fait pourtant froid à Bergen! Pourquoi donc la mimique y est-elle tout autre qu'à Drontheim et à Christiania? C'est qu'à Bergen, on a importé il y a bien des siècles, un grand nombre d'esclaves irlandais. Avec le sang celtique se sont introduites la télégraphie des gestes et la vivacité de la mimique. Vous avez comparé entre eux des gens habitant la Norvège, mais issus de races différentes. »
Telle est la belle leçon d'observation qui nous est donnée par Mantegazza dans son livre sur la Physionomie et les Sentiments.
Une autre démonstration de la persistance des instincts résulte d'expériences sociales dont la suivante n'est pas une des moins frappantes : Sous le règne de Charles-Quint, une colonie de soldats allemands fut transportée au Paraguay. Actuellement encore les descendants de ces Germains, malgré la différence du climat, de la nourriture et des travaux habituels, ont conservé, non seulement toutes les particularités organiques, mais toutes les dispositions mentales qui caractérisent la race allemande. La seule constatation de leur lourdeur, de leur voracité et de leur brutalité, suffit à les distinguer immédiatement de toutes les races au contact desquelles ils vivent. Leur dégénérescence physique et mentale est d'ailleurs frappante, on peut les considérer comme étant retournés à l'état des Germains primitifs.
Mais sans aller si loin, la guerre dont nous venons d'être les témoins, est venue fort à propos nous démontrer que les réactions des différentes races, dans les circonstances actuelles sont conformes à ce qu'elles avaient été dans les temps passés.
En particulier, par les atrocités et les félonies dont ses représentants
:2i EDGAU bKUlLLON
ont été les auteurs, la race germanique nous a apporté la démonstration péremptoire de l'immutabilité des instincts.
Les Allemands d'aujourd'hui sont exactement les mêmes que ceux au sujet desquels Tacite a écrit : « Pigruni quin immo et iners videtu7\ sudore acquirire quod possit sanguine parare », ils considèrent comme un acte de veulerie et de lâcheté d'acquérir par le travail ce qu'il leur est possible d'acquérir par le sang.
Jules César définissait d'une phrase la moralité constitutionnelle des Germains, lorsqu'il disait : Latrocinia nullain habent infamiam quae extra fines cujuscumque civitatis fiunt. « Les vols ne comportent aucun déshonneur lorsqu'ils sont commis aux dépens des étrangers, hors des limites de la tribu. »
Frédéric II n'exprimait-t-il pas fidèlement l'esprit germanique lorsqu'il disait : « La guerre a toutes les vertus, pourvu qu'elle se fasse sur le terrain d 'autrui, hors de nos confins et limites. »
Ne venons-nous pas également d'être victimes de l'application du même principe ?
L'instinct du pillage qui les faisait, dans l'antiquité, considérer comme une nation de proie, ne partant en guerre que pour s'emparer du bien d autrui, ad prœdam, n'a subi aucune atténuation. Les membres de l'aristocratie du plus haut rang, les représentants de la bourgeoisie et les hommes du peuple, participent encore aujourd'hui au même degré, de cet instinct qui les porte à piller et à détruire pour le plaisir de détruire. Le mot schadenfreude qui signifie : faire le mal sans autre motif que la satisfaction de nuire, n'a son équivalent dans aucune autre langue. Il correspond évidemment à un caractère de race, absolument spécifique.
Un trop grand nombre de nos compatriotes ont éprouvé un étonnement vraiment incompréhensible en constatant la barbarie avec laquelle les Allemands se comportaient à l'égard des populations vaincues.
C'est qu'ils avaient oublié que la noble préoccupation d'épargner et de protéger les gens désarmés, le « parcere subjectis », était une manifestation de la tendance latine, absolument inaccessible à la mentalité allemande. Leur étonnement en constatant l'esprit d'organisation avec lequel les Allemands procèdent à la déportation des populations envahies, à la desti'uction des monuments, des immeubles particuliers et des arbres fruitiers, prouve simplement que leurs connaissances historiques avaient été trop négligées. Les lignes suivantes extraites de l'histoire d'Henri Martin, auraient pu suffire pour les éclairer. « En 406, les Germains emmenèrent en captivité tant de Gaulois, que les cités belges, suivant l'expression d'un contemporain, furent transférées en Germanie. On ne voyait plus dans les campagnes ni troupeaux, ni arbres. Les barbares ne laissaient après eux qu'un sol nu et des débris fumants ».
L'historien Victor, évêque de Vite, qui décrivit dans son livre De persecutione africa, en 1664, les atrocités des Vandales, rapporte que ces hordes venues de Germanie « arrachèrent les vignes, les arbres à fruits, et parti-
LES CARACTKRES NATIONAUX
culièrement les oliviers afin que riiabitant retiré dans les montagnes ne pût trouver de nourriture ».
Le témoignage de saint Eusèbe reproduit par de Tillemont n'est pas moins probant. II nous apprend que l'habitude de couper les arbres fruitiers était commune aux Gotlis et aux Vandales. Il dit, en etTet : « Si l'on nous a détruit nos vignes et nos oliviers, si nos maisons à la campagne ont été ruinées par le feu et par l'eau, tout cela n'est que la moindre partie de nos maux; mais, hélas! depuis dix ans les Goths et les Vandales font de nous une hoirible boucherie. » Au cours des guerres de religion, les reîlres allemands, qu'ils fussent au service dos catholiques où à celui des protestants, mettaient le même acharnement à la destruction des vignes et des arbres fruitiers. (F/V/. ,9.)
Fio. 9
Ut'ili'i's iillciiijiiuls coiipanl des arbres fruitiers et des vignes an xvr siècle.
Couper les arbres avant d'abandonner un pays, n'est donc pas comme on l'a pensé, un événement particulier se rattachant aux conditions de la guerre actuelle.
Il représente au contraire la satisfaction d'un instinct de race, puisant sa source, chez les Allemands, dans la transmission héréditaire d'un besoin de destruction. {Fig. 10 et Fiçj. if.)
Cet instinct dévastateur était exposé avec force par Isidore de Séville, au vn^ siècle, lorsqu'il disait d'eux : Ternis anhni et semper indumiti, rapùm venetveque viventis, « Doués d'une haine féroce, réfractaires à la civilisation, vivant de vol et de brigandage.
La seule différence entre ces Allemands d'autrefois et ceux d'aujourd'hui, c'est qu'ils ne prenaient pas la peine, pour l'explication de leur malfaisance d'invoquer l'excuse de nécessités militaires.
EDGAIl RERIU.ON
La pensée directrice des envahisseurs se retrouve nettement formulée dans une lettre adressée à TEmpereur François-Joseph par Guillaume II où il disait en |)r()pres termes: « î\[on àme se déchire, mais il faut tout mettri' à feu et à sang, égorger honunes, femmes, enfants et vieillards, ne laisser debout ni un arbre ni une maison. »
Elle est d'ailleurs conforme à la formule de Frédéric 11 : « Briser tout ce tjui ne juul être emporté. »
FiG. 10. — Soldats allemands détriiisaiil les arbres fVuitiei'S en 1918.
La profanation des églises, des tombeaux dont les Allemands nous ont, au cours de cette guerre donné tant d'exemples ignominieux n'est également qu'un retour à leurs instincts primitifs : Au Concile de Braga, en Lusitanie, levêque Pancratius fit la déposition suivante, qu'on croirait extraite des rapports de nos commissions. d'enquête: « Vous voyez comme l'Espagne est ravagée. Ils ruinent les églises, tuent les serviteurs de Dieu, profanent la mémoire des saints, leurs ossements, leurs sépultures, leurs cimetières. )>
Les publications du service photographique de l'armée nous ont fourni un grand nombre de documents relatifs à ces profanations de sépultures, parmi lesquelles il faut mentionner l'acharnement apporté au saccagement du tombeau de famille du Président Poincaré, à Sampigny. {Fig. i2.)
L'habitude des hobereaux allemands, de souiller systématiquement de
leurs déjecli<)iie les maisons et les édifices qu'ils oui. occupés, en y apportant les rallinemenls d'iuie dépravation odieuse. I.oinbruso, dans son livre sur V Homme criminel, nous apprend que les cambrioleurs allemands depuis les temf)S les plus reculés ne mantjuaient jamais de souiller de leurs excréments le lion de leurs crimes, attachant à cette pratique l'idée (|u'elle les mettrait à labii des alleinles de la police. Il s'agit donc \i\ d'un \x\^tincl liéré<litaire associé à une antique superstition (1).
FiG. 11. — Vergers détruits par les Alleraauds eu 1018.
Mais il y a iTiieux, l'utilisation de gaz nauséabonds ou asphyxiants destinés à empoisonner le sang de Tadversaire a son précédent dans les faits suivants racontés par l'évêque Victor : « Inventeurs d'un nouveau moyen de prendre les villes assiégées, ils égorgeaient les prisonniers autour des remparts, f/inlection de ces voiries sous un soleil brûlant se répandait dans l'air et les barbares laissaient au vent. le soin déporter la mort sur le terrain qu'ils n'avaient pu franchir. »
On a constaté, en particulier, que lorsqu'ils en ont la possibilité, les Allemands ne manquent jamais d'enlever leurs morts pour les transporter à une distance extrêmement éloignée du champ de bataille. Des trains spéciaux, dans lesquels les cadavres sont entassés, ont été construits à cet effet. Les populations belges ont souvent reconnu le passage de ces trains, ne circulant que la nuit, à l'odeur épouvantable qui s'en dégage. Or, cette habitude propre aux Germains (îst déjà mentionnée par Tacite : « Même
(1) D'' BÉRiixo.N : La Polycliésie de la race allemande. Brochure in 8°. Paris, 1915.
EDGAR BÉRILLON
dans les combats où ils ont du désavantage, écrit-il, ils empestent au loin leurs morts. »
La même préoccupation s'était manifestée en 1870. Dick de Lonlay, dans son livre Français et Allemands écrit : « Partout on remarque le soin tout particulier qu'ils mettaient à dissimuler leurs pertes. »
Le fait est archiprouvé, et par l'ensemble des attestations écrites que nous avons relevées, et par le témoignage verbal du vénérable abbé Theure, curé de Loigny, qui dit avoir vu lui-même, en deux endroits ditTérents du territoire de sa ])aroisse, les Prussiens procéder à l'incinération de leurs morts.
FiG. 12. — Tombe violée et saccagée par les Allemands.
Dans le Lokal Anzeigcr, un rédacteur, Karl Rosner, a confirmé cette habitude de détruire les cadavres dans les lignes suivantes : « Nous traversons Evergnicourt. Lne odeur fade, comme si l'on brûlait de la chair, vicie l'atmosphère. Nous passons auprès de la Kadavervenverlungsanstall (c'est-à-dire l'établissement pour Tutilisalion des cadavres) de ce groupe d'armées. Les corps gras que nous en retirons sont convertis en lubrifiants et tout le reste est broyé au moulin en une poudre que l'on mélange à la nourriture des porcs et aux engrais. »
D'après le professeur Yves Delage, « l'instinct se compose de réflexes, de préférences et d'antipathies qui ont leur raison d'être dans la constitution des organismes. »
S'il en est ainsi, comme la constitution ori^anique des individus de race allemande n'a eu aucune raison de se modifier, le climat et les mœurs de l'Allemagne n'ayant pas changé, le fiiror teutonicus, expression de la bestialité, de l'impudeur, de la brutalité querelleuse et agressive, n'est que l'éclosion en quelque sorte inéluctable des instincts ancestraux propres à une race.
Riologiquement, le retour périodique des invasious correspond à l'impulsion d'un rul immense s'emiiarant à des époques déterminées de la totalité d'une race féroce.
On n'a pas été moins fra[>pé de la brutalité avec laquelle, pour la moindre infraction à leurs désirs, ils se livrent aux sévices les plus jjjraves à l'éiiard de personnes sans défense. Tacite n'avait pas manqué d'enregistrer ce genre de lâcheté qui consiste à faire usage de ses armes contre des ennemis désarmés : « S'il leur arrive, dit-il, de tuer quelqu'un soumis à Icui- autorité, ce n'est i>as j»ar châtiment et pour l'exemple, mais par emportement et par colère, comme ils le feraient à l'égard d'un soldat ennemi, à cela près que, dans ce cas-là, ils le font sans être exposés à aucun danger. »
Tel fut le cas de ce lieutenant qui déchargea son revolver sur miss Cawell, parce que, étant épuisée de fatigue, elle se trouvait dans l'impossibilité de se conformer cà. ses injonctions.
Les populations des pays libérés nous ont rapporté trop d'exemples de cette colère germanique, le furor teutonicus, pour qu'il soit nécessaire d'y insister.
En ce qui concerne leurs impulsions à l'intempérance, les exemples nous démontrent qu'à ce point de vue, l'impulsion instinctive des Allemands n'avait pas subi la moindre atténuation. C'est encore Tacite qui nous dit: « que si vous facilitez leur penchant à l'ivrognerie en mettant à leur portée toute la boisson qu'ils convoitent, vous aurez plus de facilités à les vaincre par leurs vices que par les armes. » C'est ainsi qu'il nous raconte qu'après d'abondantes libations, leurs soldats étaient tombés dans un sommeil si profond qu^ils furent surpris et mis à mort par les Agrippiniens.
Le même fait s'est reproduit au cours de notre victoire sur la Marne. Dans de nombreuses localités, des oiîiciers et des soldats allemands furent capturés dans livresse la plus complète.
L'immutabilité des réactions par lesquelles se manifeste l'instinct d'agression dans la race allemande pourrait être démontrée par de nombreuses comparaisons du même ordre. Je me bornerai à signaler un dernier exemple montrant que, dans leur manière de combattre ils obéissent toujours à la domination des mêmes idées innées.
Nous avons appris que, dans les contre-attaques, le combat était mené par des compagnies spéciales, choisies dans les régiments et spécialement exercées à ce genre de combat. Nous connaissons également leur tactique qui consiste à abandonner une position qu'ils s'efforcent de reprendre par une série de retours offensifs. Tacite nous révèle qu'aucune modification n'a été apportée par eux dans les réactions instinctives par lesquelles ils s'efforcent de triompher de la patience et de la résistance de l'adversaire : « A tout prendre, dit-il, leur-force est dans l'infanterie. Ils ont des fantassins dressés à ce genre de combat, qu'ils choisissent dans toute leur armée et qu'ils font marcher en tête de leurs troupes. Chaaue bataillon en
EDGAR BERILLON
lournil un con( et on les appelle parmi eux les « cent ». Le « coin » est leur ordre de bataille. Ils considèrent que de lâcher pied, avec l'intention de revenir à la charge, est le fait de la prudence plutôt que de la lâcheté. »
L'organisation des « sturmtruppen », soldats spécialement entraînés à l'attaque, coirespond chez les Allemands d'aujourd'hui, exactement à celle des « cent » chez les (iermains d'autrefois.
Beaucoup de témoins qui ont rencontré des prisonniers faits à ces « sturmtruppen » ont constaté qu'ils réalisaient le type dû soudard épouvantable à voir, et se trouvaient encore de plusieurs degrés inférieurs à ce ipie Pascal appelait des « trognes armées ». Ils représentaient exactement le type du reître d'autrefois, tel qu'il nous a été transmis par les ligures de Hans Burgmair et des autres graveurs du xvi^ siècle.
Est-il possible de ne pas voir dans les Vandales d'aujourd'hui une communauté d'instinct avec les Vandales d'autrefois?
Il ne nous est pas permis de ne pas insister sur une forme particulière de véritables crimes lâchement perpétrés ; c'est-à-dire d'assassinats et de mutilations de gens sans défense, de prisonniers, d'êtres que leur âge ou leur faiblesse auraient dû protéger contre les violences; et surtout de jeunes filles et d'enfants déportés.
Saint Eusèbe rappelant les horreurs accomplies par les Goths et les Vandales s'écriait : « Ne puis-je du moins demander ce qu'ont fait tant de jeunes enfants enveloppés dans le même carnage, eux dont l'âge était incapable de pécher ? »
Dans Victor de Vite, on lit également que les barbares dans le but évident de détruire la race, se livraient aux attentats les plus féroces contre les enfants.
Une gravure de l'époque, qui reproduit avec fidélité les scènes de massacres auxquelles donna lieu en 1789, la reprise de la ville de Gand par les impériaux allemands, nous fait assister à la fureur des soldats coupant les poignets des enfants (Fig. 15').
De nombreux documents illustrés des xv*^ et xvi^ siècles se rapportent à cette horrible mutilation, dont des exemples absolument démontrés ont été signalés dans les premiers mois de l'invasion en 1914.
Des témoignages recueillis dans le Troisième livre gris belge, le tableau qui apparaît, c'est moins encore le pillage et la dévastation d'une ville que « l'hécatombe d'habitants de tout âge, dont les corps tapissent le sol ».
Ce qui frappe surtout « c'est la sauvagerie déployée vis-à-vis d'êtres faibles et sans défense qui furent parmi les premières victimes ».
Ce troisième livre gris belge a reproduit la liste des cadavres identifiés à Dinant. Parmi les victimes de la fureur allemande on note 71 femmes, 34 personnes âgées de plus de soixante-dix ans ei 06 en fcmts ou adolescents.
La lecture des publications officielles faites par notre ministère des Affaires étrangères ne donne pas une moindre impression d'horreur. D'ailleurs, l'Élat-major n'a pas hésité à baser l'excuse de ces faits sur ce qu'il appelle lui-même a la théorie de l'intimidation ».
(( La mise à feu obligée {erwuîir/ene), le sang répaiulu dans les premiers jours de la guerre, a déclaré un officier attaché au général von Hissing, le capitaine Walter lîlo'ni, ont préservé les grandes villes belges de la tentation de s'en prendre aux faibles garnisons que nous pouvions y placer » (Kœlniche Zeitunfj, 10 février 1915).
!\arnii les actes allemands qui onl soulevé la ré[)robation universelle se trouve celui d'avoir arraché des jeunes lilles de la meilleure éducation à leurs familles j)our les soumettre aux pires promiscuités. En agissant ainsi, ils ne faisaient (juc reproduire une de leurs impulsions ataviques les plus habituelles. Tacite nous apprend que les Germains de son tenips « pour s'assurer la fidélité d'un canton, exigent toujours dans le noml)re des otages quelques jeunes filles de haute distinction. »
Les mêmes procédés d'intimidation se retrouvent dans toutes les invasions germani(}ues.
Victor de Vite rapporte que « par un raffinement de barbarie, le roi des Vandales, Genseric, séparait les femmes de leurs maris, les mères de leurs enfants.
Il démontre dans tous les cas, d'une façon irréfutable, la persistance et l'immutabilité des instincts dans les races.
Il est d'autres actes des Allemands qui se rattachent également à un instinct racial. Telles sont la préoccupation d'exiger des o|)primés des marques extérieures de respect, et l'impulsion à souiller de leurs matières fécales les édifices publics et les lieux d'habitation.
La première procède du même esprit par lequel le bailli Gessler imposait à Guillaume Tell de se découvrir devant son chapeau ; quant à la seconde on ne peut que la rattacher au besoin de souillure et de profanation qui complique chez les malfaiteurs innés l'impulsion à la destruction.
Cette transmission à travers les âges d'instincts particuliers spécifiques, si nettement définis, n'apporte-t-elle pas la démonstration que, si la civilisation peut apporter de superficielles modifications limitées aux caractères secondaires, elle n'exerce aucune influence sur les caractères primordiaux.
L'immutabilité des instincts de la race allemande est un fait dont la guerre vient de démontrer la réalité.
Elle se trouve d'ailleurs consacrée dans Taflirmation de l'historien allemand Lainpretch : « Nous sommes des barbares et nous voulons le rester. »
Cette immutabilité des instincts se retrouve dans toutes les races humaines. Elle est évidemment une des causes primordiales de la persistance indéfinie des caractères nationaux à travers les âges.
■32 EDGAR BÉRILLON