UN AUTO-DA-FÉ
ES le lendemain, Villa-Mediana comparut devant le comte-duc d'Olivarès qui était assisté d'un des conseillers de rinquisition , car depuis longtemps le saint-office avait l'œil et la main ouverts sur la conduite impie du roi des brapaches. Le portrait que votre Lesage a tracé de ce ministre dans Gil Blas est d'une parfaite vérité. Il était en effet d'une taille au-dessus de la médiocre,
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et il avait les épaules si élevées que Villa- Mediana ne l'appelait que le bossu. Ce seigneur n'était pas méchant, mais fantasque et d'un orgueil féroce qui rendait ses haines immuables. Il eût entendu Dieu le père en personne lui commander de pardonner à Vamoureux de la reine cette fatale épithète de bossu, qu'il n'eût pu s'y résoudre.
«Comte de Villa-Mediana, demanda le ministre, savez-vous de quel crime vous êtes accusé?
— Je l'ignore entièrement, dit le jeune homme avec une hauteur insolente.
— Je vais donc vous l'apprendre, reprit Olivarès d'une voix doucereuse. Je ne vous parlerai pas des paroles hérétiques et impies que vous avez prononcées au sujet des âmes du purgatoire, ni du meurtre que vous avez commis le jour sacré de la Fête-Dieu. Ceci regarde le tribunal du saint-office, ajouta-t-il en jetant un regard d'intelligence à l'inquisiteur, qui s'inclina et se signa dévotement.
Plus tard on vous interrogera sur ces énormités que nous voudrions croire fausses. Aujourd'iiui nous devons vous faire avouer un crime qui outrage une majesté de la terre.
— Que voulez-vous dire ? interrompit le comte. Je suis le plus fidèle sujet de notre seigneur et maitre le roi Philippe IV, et quiconque avancerait le contraire serait un menteur ou un fou.
— Soyez plus calme, senor, et ne feignez pas de prendre le change sur nos paroles, continua le ministre. Vous avez fait un songe téméraire, cousin, et vous avez voulu serrer ce songe entre vos bras.-Oa achète au prix de sa vie un bonheur si coupable. Votre amour a éclaté comme un orage et la foudre était derrière,
— Je ne comprends rien aux énigmes, dit froidement Villa-Mediana, dont une sueur froide mouillait les tempes.
— Seiior comte, répliqua Olivarès, les
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rois d'Espagne sont si jaloux de leur grandeur qu'une princesse qui a été leur femme ne devient jamais la femme d'un autre roi. Vous ne l'ignorez pas. Leurs veuves n'ont plus d'autre époux que N. S.Jésus-Christ, et ensevelissent leur veuvage sous la simarre violette des carmélites. Les maîtresses mêmes du roi, filles ou veuves, prennent le voile et meurent au monde, quand il cesse de les aimer. Le couvent des Dcscalças reaies s'ouvre aussi pour les reines répudiées et les filles naturelles du monarque.
— Eh bien! fit le comte en souriant du bout des lèvres.
— Eh bien ! murmura à voix basse le ministre, en fixant ses yeux perçants sur le visage affreusement pâle du jeune seigneur, si un tel sort est réservé aux reines innocentes, jugez quel supplice attend les reines adultères, et comment on punit leurs complices. "Vous êtes resté seul avec la reine
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pendant une demi-heure, cette nuit, senor ! Me comprenez-vous maintenant ?
— Cela est faux ! s'écria le comte en frémissant.
— Cela est vrai, dit Olivarès. Vos frémissements vous dénoncent.
— Cela est faux ! La vérité, c'est que vous avez soif de mon sang. Mais ne croyez pas me faire peur. Je ne suis pas un lâche. Pour moi, le bourreau est le médecin de la dernière heure. Pour moi, l'échafaud est un lit de mort un peu plus solennel ; voilà tout. Vous pouvez m'assassiner, mais me faire plier devant vous, cousin, jamais. Mais pour me perdre, vous n'avez pas besoin d'accuser une femme innocente et que vous devez respecter.
— Cette hardiesse sied mal à un accusé, don Miguel, dit le comte-duc.
— Un accusé, répéta Villa-Mediana en souriant avec fierté. Cousin, si j'étais assis à votre place et vous debout devant moi,
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vous seriez donc plus humble et plus soumis que moi ? »
Le comte-duc se mordit les lèvres et ses épais sourcils se rejoignirent.
L'inquisiteur se pencha alors à l'oreille du jeune homme et lui dit :
« Vous comprenez mal Son Excellence, mon fils. Elle demande des renseignements et ne veut point votre perte... Gardez- vous de l'irriter... Le comte-duc n'aime pas la reine, et si...
— Et si je l'accuse, et la sacrifie, demanda Miguel, que pourrai-je espérer? la mort, comme si je reste muet, n'est-ce pas? »
Une joie sombre se peignit sur les traits durs et ridés du conseiller du saint-office, et tandis que le ministre semblait feuilleter et consulter avec une attention profonde les chefs d'accusation, l'inquisiteur répondit :
(( La mort 1 non pas, mon fils, mais votre salut.
— Qui me l'assure?
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— La parole de Son Excellence. Le geôlier du cachot est à sa dévotion : la porte s'ouvrira pour votre fuite.
— Fausses promesses ! Une fois les aveux écrits et l'oiseau en cage, on ne brisera pas les barreaux, et ma voix sera étouffée.
— Son Excellence jurera sur l'Évangile.
— Les démons ! murmura Vamourcux de la reine, ils parlent d'hérésie et profanent ainsi les choses les plus sacrées. Ils poseraient sans honte sur l'Évangile leurs lèvres menteuses.
— Si vous persistez dans votre silence, dit le comte- duc en se relevant de son fauteuil, et regardant fixement son ennemi, vous savez ce qui vous attend...
— Trois jours de chapelle ardente, reprit doucement l'inquisiteur. A votre droite le verdiigo en prières, à votre gauche les dominicains chantant sur vous la prière des morts; au milieu, entre le verdugo et les moines, vous, le condamné, agenouillé, la tête rasée.
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vêtu de votre linceul et priant pour votre âme si vous en avez le courage.
— Et si vous parlez, dit Olivarès, mon pouvoir vous fait libre, vous rend à la vie, au bonheur.
— Abandonné de nous, continue le conseiller, vous subissez un supplice infamant : le poignet brisé, la tête tranchée... en face d'un peuple hideux, qui hurle et maudit...
— Si vous parlez, ajouta le comte-duc, une fortune vous suivra dans l'exil que vous choisirez... de plus, l'oubli éternel du passé... »
Villa-Mediana parut hésiter. Olivarès sourit. Il était heureux de pouvoir flétrir ainsi cet ennemi qui raillait autrefois son peu de courage, et devant lequel il avait eu le malheur de fuir, dans une rencontre nocturne, où tous deux donnaient une sérénade à la même femme.
<( Voilà bien ces bravaches de cour ! pensait-il. Ils ont le couraçre isolé du duel et du
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champ de bataille ; mais ce courage moral qui fait un homme martyr d'un complet dévouement à Dieu, à l'amour, à la patrie ; qui le rend impassible en face de l'adversité, de la misère, de l'infamie ou d'une mort obscure et douloureuse, cette vertu leur manque! »
Et il leva les yeux pour s'assurer de son triomphe, mais il rencontra le regard altier et méprisant du jeune homme, qui répondit froidement à ses juges :
« Vous êtes deux lâches, toi, moine hypocrite, et toi, ministre sans cœur, puisque vous avez osé me proposer une pareille lâcheté et me croire capable d'accepter la vie de votre bon plaisir. . . Vous avez jugé mon âme d'après la vôtre.
— Ah! dit Olivarès, tu nous braves, cousin; mais quoi que tu fasses pour sauver cette femme, elle est perdue.
— Quoi que tu fasses pour la perdre, répliqua Villa-Mediana, elle est sauvée.
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— Perdue! reprit le ministre. Perdue!
déshonorée ! car on a pris sur vous la Peregrina, cette perle la plus belle de l'Europe, hier encore au doigt de la reine... De qui
qu
i donc vous l'a
tenez-vous ce g; donné? »
Et il agitait dans ses mains le joyau célèbre qui avait, selon tous les historiens, la forme et la grosseur d'une poire de rousselet.
«Sauvée! mon bon cousin! dit en son cœur Villa-Mediana. Et fixant sur la Peregrina un regard assuré, il s'écria : u Cette perle, je l'ai volée! »
A cette réponse, dont Olivarès comprit et admira involontairement l'héroïsme, les deux juges restèrent interdits. Le sacrifice noble et spontané par lequel "Villa- Mediana flétrissait son propre honneur pour sauver celui de la reine, n'avait pas été prévu par ces âmes vulgaires. Ce dénouement les terrassa.
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« Fray Cristoval, dit Olivier à Tinquisiteur, il serait odieux de condamner le comte sur l'aveu d'un crime aussi invraisemblable. Le tribunal du saint-office le jugera seulement comme accusé de propos hérétiques et de meurtre commis le jour de la Fête-Dieu. »
Il se leva et donna l'ordre à deux familiers de reconduire le prévenu dans sa prison. Mais avant de se séparer de l'inquisiteur, il lui dit :
« Sa Majesté exige un silence absolu sur cette affaire. Le comte ne doit plus reparaître dans le monde. Le roi fait grâce de la vie à son ancien favori. Pour être plus sûr que ce dernier ne puisse s'évader, le frère de sa victime, Louisillo Gomez, sera commis à sa garde.
— Mais, dit le dominicain, ce Louisillo n'est-il pas soupçonné de sorcellerie ?
— Vous le convertirez, mon père. D'ailleurs, le roi le veut. »
Fray Cristoval s'inclina et sortit.
Comme oo n'avait plus revn depûs llncendie de son Utel, bruits conrarent. Les ans prtteodaieat 4|b1I avait été étonlié parles flammes: ksam» u que les parents de dona Fiaacisca de Tann l'arûent tné à coups d'épée; utIhti ■«!
pistolet tiré par ordre da rai daas le canosse du comte: Terskm <|m fat plas tant acotéditée par les historiens
Gians'ur^olo.
sang pour sang. Son intelligence épaisse, subtile pour la vengeance seulement, ne concevait que la peine du talion. Chaque jour il répétait à Villa-Mediana :
(( C'est moi qui t'ai jeté dans ce cachot ; c'est moi qui ai voulu faire périr la reine ; je la hais parce qu'elle t'a aimé. »
Le comte haussait les épaules et ne répondait pas. Louisillo avait pourtant compris que le meilleur moyen de blesser et d'irriter le jeune seigneur c'était de ternir son idole par des paroles outrageantes. Une fois il s'emporta si fort dans ses injures contre la noble Elisabeth, que Villa-Mediana sentit la colère s'allumer dans ses veines, comme aux jours où il eût appelé un homme sur le terrain pour un mot, un sourire équivoques, et il leva le bras pour frapper.
Louisillo ne chercha pas à reculer ou à se défendre, mais il se mit à rire avec une expression idiote et sauvage. Le bras du comte retomba sans frapper. Alors, le nain.
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furieux, alla tirer une épée cachée sous le grabat où il dormait, et, la montrant à Villa- Mediana :
« Ma vengeance n'était pas entièrement accomplie, lui dit-il ; je t'ai dérobé l'épée qui a déchiré la poitrine de mon frère ; elle sera l'arme de ma dernière vengeance. »
Et tandis que le comte reculait machinalement, le nain se jeta sur la pointe de l'épée et tomba noyé dans son sang, en poussant des cris désespérés.
Deux geôliers accoururent.
Louisillo tendit ses mains crispées par la douleur vers le comte, et dit :
« C'est lui qui m'a assassiné...
— Le pénitent ! s'écrièrent les geôliers consternés, car les captifs de l'inquisition perdaient leur rang et leur nom en passant le seuil de la prison.
— Le pénitent, répéta Louisillo. Il a voulu me punir d"avoir... révélé son secret... ^>
En prononçant ce dernier mot, il expira.
Giancur^clo.
Son regard se ternit, mais ses yeux ne se fermèrent pas.
Villa-Mediana ne put s'empôcher d'admirer cette haine profonde et persévérante. Devant le tribunal, il ne daigna pas se défendre de ce nouveau crime. Dans cette tombe, où la vie était une mort de chaque minute, où la pensée était un ver rongeur, il s'était lassé de la vie. Il avait senti son cœur s'énerver et son corps vieillir. Il ne demandait plus qu'une m.ort prompte et en plein jour, bien préférable à cet alanguissement atroce.
Ce vœu fut-il exaucé ? c'est ce que personne n'a jamais su. Pourtant voici un fait qui servit à fixer bien des doutes :
Six mois après la disparition du comte de Villa-Mediana, un auto-da-fé eut lieu sur la plaça-mayor de Madrid. C'était là un spectacle plus curieux, plus rare et plus fêté qu'une course de taureaux.
La reine était à la gauche du roi et ses
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daines occupaient le reste de la longueur du balcon royal. Les autres étaient garnis d'ambassadeurs, de seigneurs et de femmes de la cour. Des échafauds portaient la foule du peuple.
La cérémonie commença par une procession qui partit de l'église de Sainte-Marie. Cent charbonniers armés de piques et de mousquets marchaient les premiers parce qu'ils fournissaient le bois du bûcher.
Ils se rangèrent à la gauche du balcon royal : la droite fut occupée par les gardes. Alors s'avancèrent plusieurs familiers portant des effigies de carton, grandes comme nature. Les unes représentaient les condamnés morts dans la prison, dont les os étaient entassés dans de grands coffres de bois peints de flammes rouges. Les autres représentaient ceux qui s'étaient échappés et qu'on n'avait pu juger que par contumace. Au milieu du théâtre se dressaient deux énormes cages de fer. Dans la première furent
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enfermées ces figures de carton et dans la seconde les criminels vivants, qui avaient les pieds nus et un cierge dans chaque main. Les uns portaient un grand scapulaire de toile jaune, parsemé de croix de Saint-André rouges et appelé San-Beniio; les autres, des carochas, bonnets de carton élevés en forme de pain de sucre et couverts de flammes et de diaboliques figures.
Les lecteurs du jugement montèrent dans les trois chaires préparées pour eux sur le théâtre, et chacun d'eux lut tour à tour à haute voix la sentence fatale aux criminels, qui cachaient leur figure sous le capuchon de leurs robes de moine, et aux effigies de carton, qui donnaient l'exemple du calme aux vivants.
La sentence proclamée, les pauvres criminels entonnèrent les actions de grâce. Au milieu de leurs voix chevrotantes, on en distingua bientôt une qui s'élevait pure, ferme et sonore, sans être dénuée d'une tris-
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tesse plaintive et mélancolique. A l'accent de cette voix la reine tressaillit et devint pâle comme la mort. Cela fut remarqué par plusieurs dames de la cour qui la regardaient en ce moment, et doiia FranciscadeTavara, qui se trouvait placée tout à fait derrière elle, entendit le roi lui dire très bas, mais avec un accent bref et dur :
« Cette voix a produit une étrange impression sur vous, madame; on nous regarde; cachez mieux le trouble de votre cœur. L'étiquette de cette cour pose sur les visages royaux un masque que ne doit point dérider le sourire, que ne doit plisser ni la douleur ni la colère. Imitez-moi, madame : levez les yeux, gardez un visage calme; la reine d'Espagne doit l'exemple aux bons catholiques.
— Pardonnez-moi , sire , » répondit la reine toute tremblante. Les condamnés passaient alors sous le balcon royal. Ils s'inclinèrent devant Philippe IV et se remirent en marche. Un seul homme, de moyenne taille.
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était resté immobile, comme si son regard n'eût pu se détacher du roi, comme si ses pieds eussent été cloués à la terre. Un frisson convulsif agitait tous ses membres. Le peuple se mit à crier : « Le lâche ! le lâche ! »
Mais sans doute le criminel n'entendait pas. Il se pencha vers la balustrade, écarta vivement son capuchon en fixant un regard désespéré sur la reine et reprit son rang dans le troupeau des victimes. La reine étouffa le cri de douleur qui allait jaillir de ses lèvres ; mais sa main que le roi saisit avec affectation, était froide et glacée. Dona Francisca, qui, seule des dames de la cour, avait entrevu le visage-du criminel, semblait pétrifiée; elle déclara depuis qu'elle eût juré avoir reconnu le pâle spectre du comte de Villa-Mediana.
Cet incident fut mis sur le compte d'un accès de lâcheté d'un des pénitents et passa presque inaperçu. Le chant d'actions de grâces recommença; mais cette belle voix
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qui avait captivé l'attention était troublée et tremblante.
Les criminels remontèrent sur le théâtre. On mit le feu aux tréteaux. La flamme pétilla, ondula sous le vent, puis serpenta et s'éleva comme les flots de l'Océan à la marée haute. Les actions de grâces se changèrent peu â peu en horribles hurlements, puis les hurlements diminuèrent, puis ils s'éteignirent. Toutes les victimes étaient tombées étouff"ées par les nuages de fumée. Le chanteur restait seul debout, embrassant un pilier de ses bras. Sa voix éclatait dans le silence et luttait avec le sifflement des flammes. Ses vêtements brûlaient et ses lèvres remuaient toujours. Enfin quand un voile de feu l'entoura, il arracha son capuchon, et jetant une dernière parole, dans laquelle les dominicains crurent reconnaître le nom d'Elisabeth, il se laissa glisser dans la fournaise qui avait déjà consumé ses pieds. La reine poussa un cri et cacha ses yeux dans ses mains.
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Ici finit la complainte de Giangurgolo.
Quant au châtiment de la malheureuse Elisabeth, je ne vous parlerai pas des vagues rumeurs qui coururent à ce sujet parmi les Madrilènes. Il me faudrait trop calomnier l'histoire. Philippe IV épousa en secondes noces l'archiduchesse Marie-Anne d'Autriche. »