ACTE I, SCEINE IIL
LA DUCHESSE (à niadaïue Nefasto et Julie, en indiqiiaat de Pietra- CalcUa qui vient de sortir. )
Venez, comtesse, venez, Julie, rire avec nous de votre cher parent.
LA PRINCESSE
De votre cousin l'Autrichien , comme nous l'appelons.
MADAME NEFASTO (en s'acheminant avec Julie vers le fond).
Me voici. Mesdames.
CHARLES
Que veut-il dire, Pietra-Catella, ma mère? conserverait-il encore des espérances?
MADAME NEFASTO.
Qu'en sais-je , mon fils ? veux-tu que je m'occupe des paroles de ce pauvre homme? ( Elles vont rejoindre
le groupe ).
FRUGONI.
Quinte au roi et quatorze de rois, quatre-vingtquatorze.
BUONAROTI
J'ai le roi et je le marque.
LA PRINCESSE (de sa place).
Miséricorde! que de rois!
SINISCALCHI.
Je suis fâché de ne pas en avoir un à ma disposition pour l'oCTrir à madame la princesse de Val-Celeste, car elle est, comme on dit, digne d'un roi.
LA PRINCESSE
Est-ce du nôtre, monsieur, que vous voudriez me faire cadeau ?
SINISCALCHI.
Mon, Madame, d'un beaucoup plu.s j<3uu{> : le
8 LES CAllBONAlU,
noire est devenu trop vieux , et puis il laut le laisser au congrès de Laybac , où il a l'air de se plaire beaucoup.
FRUGONI (bas à Siniscalchi).
A propos, Siniscalchi; ce message du prince à M. Nefasto ne vous donne aucune appréhension relativement à la place de ministre de la police?
SINISCALCHI (bas).
Maisne suis-je pas, depuis notre régénération politique, à la tête de la police? Ce porte-feuille me revient de droit; le prince me l'a promis d'ailleurs, il ne saurait me manquer de parole.
FRUGONI (bas ).
Le prince vous l'a promis! mais quand? Lorsque pour conjurer l'orage, il se faisait carbonaro avec nous; il est déjà complètement changé à noire égard. De peur de nous redonner des forces, dans la position critique où il pense nous voir réduits, le prince pourrait fort bien, maintenant, ne plus se soucier de meltre à la tête de la police un vrai carbonaro comme vous ou moi. N'est-il pns à craindre encore qu'il se croie assez fort aujourd'hui pour y placer un de nos ennemis les plus acharnés? ce môme comte Nefasto, par exemple? Dans tous les cas il faudrait se hâter d'éclaircir cette affaire; l'armée abandonne en partie notre cause, les Autrichiens sont à nos portes, et l'assassinat de notre grand-maître Belolli m'effraie.
SINISCALCHI ( bas).
Tant pis pour le prince, Frugoni, s'il nous croit abattus, et si, en se parjurant dans celte persua-