ACTE I, SGEJNE VI
ourdit, j'en suis convaincu, quelque méchante trame contre vous.
^'EFASTO (las).
Soyez tranquille. Monsieur, jeconnais cet homme
et ses intentions. (Le Marquis sort, a sa femme el à sa filU.) NoUS
voici seuls, mes amies, en famille.... (En regaidauteie-
mciit Siiiiscalclii, qui, de son còle, a regarde' conlinucllement, et avec au&ie'lé,
versiapoiioàgauci..) M. Siniscalchi cst ìcì ; mais c'est un ami si loyal, qu'on peut bien dire qu'il en fait partie; n'est-ce pas vrai, monsieur Siniscalchi?
SINISCALCHI (avec embarras).
Mais... Je m'en flatte. Monsieur. (Apan) Frugoni
tarde bien à venir. (En voyanl Frugoni sur le seuil de la porte, et en faisant un pas pour sortir.) IjC VOlIà.
NEFASTO.
Vous nous quitte/-, notre loyal ami? J'étais si enchanté de votre présence, que je comptais sur un entrelien particulier avec vous. (Commeen seravijam.) Mais, à présent que j'y songe , vous êtes pressé , sans doute, d'aller élaborer un projet de service que vous êtes dans l'intention de me rendre, diton; je vous y engage, notre loyal ami, et soyez certain que je ne manquerai pas de reconnaissance.
SINISCALCHI.
Monsieur, votre langage est si amer que je n'y comprends rien. (Apartetensenaiiam.) Il faut se hâter; si je ne le tue pas, cet homme me tue. (iisort.)
MADAME NEFASTO (après avoir vu sortir Siniscalchi, et en «'emparant vivement de la main de son mari).
Renoncez à cette maudite place , mon ami , je vous en supplie.
20 LES CAllBONAlU,
JULIE (en le serrant tendrement dans ses bras).
Renoncez à cette place, mon tendre père; renoncez-y pour l'amour de votre chère Julie.
NEFASTO (avec la plus grande émotion).
Julie ! cher enfant de mon cœur ! (siience.;
JULIE
Mon excellent père, ne plongez pas votre famille dans les angoisses et les alarmes.
NEFASTO.
Mon amie , ma Julie , ce que vous me demandez là, est de toute impossibilité; mon parti est irrévocablement arrêté. Je n'ai pas désiré cette place, je ne l'ai pas demandée ; mais puisque le roi m'a jugé digne de la remplir, je tâcherai de mériter la confiance dont il m'honore : un instinct qui vient d'en haut, une puissance céleste, inspirent les princes; ils ne sauraient se tromper. C'est pour avoir méconnu ce saint principe que nous nous trouvons aujourd'hui en proie à ce qu'on appelle la liberté , et que je nommerai , moi , anarchie , désordre. Ce n'est qu'en obéissant aveuglément aux ordres de notre souverain légitime que nous retrouverons le calme et le bonheur : je donnerai l'exemple , pour ma part , de la conduite que doivent suivre les honnêtes gens.
MADAME NEFASTO.
Vous ne savez donc pas, mon ami, que vous vous exposez aux coups des carbonari, que vous persécutez à outrance, dit-on.
NEFASTO.
Les carbonari ! je ne les ménagerai pas. Ce sont