‹ Les carbonari, -ou, Naples en 1821Chapitre 25 sur 82 · ACTE 1, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE VII

JULIE

Mais l'ignorez-vous, mon cher père? de tout mon cœur, de toute mon ame , avec toute la puissance de mes facultés.

NEFASTO.

Tu es donc disposée , ma Julie , à tous les sacrifices pour ce père que tu adores, afin de ne pas l'exposera manquer à ce qu'il respecte le plus dans ce monde?

JULIE

A tout sans exception , mon bon père; prenez ma vie , prenez mon sang

NEFASTO (eu lui mettant une lettre sous les yeux).

Eh bien, lis mon enfant ! vois quelle est la position de Ion père , voilà le sacrifice qu'il te demande.

JULIE (en lisant).

a Laybac , 5o janvier,

« Votre cousin de Pietra-Catella, un de mes plus dévoués serviteurs, à qui j'entends donner une preuve éclatante de ma protection , me demande la main de votre fille Julie ; c'est le plus ardent de ses vœux; ce sont aussi les miens, et j'ai trop bonne opinion de vossentimens pour ma personne, pour douter un instant de l'empressement que vous mettrez à m'obliger. — Votre atfectionné. Le Roi. w

(En lui rendant la leti le) QuOJ , HlOrt pèl'e ! c'cSt Un pareil

sacrifice que vous exigeriez de votre fille !

NEFASTO.

Julie, c'est le roi qui parle, qui prie, qui ordonne !...

JOLIE

Quoi, mon père! il vous demande d'assassiner votre fille, et vous n'hésiteriez pas à lui plonger le poignard dans le cœur! Je vous ai offert mon sang et ma vie, prenez-les; mais renoncer à Edmond! JNon, mon bon père , je ne le puis pas ; c'est trop

au-dessus de mes forces. (Nefasto veut l'interrompre). Et

Edmond, mon père? Edmond qui m'aime autant que je l'adore ! Vous connaissez son ame , son caractère ; croyez-vous qu'il endure patiemment un tel outrage ? Il brisera , il écrasera tout ce qui froisse son amour d'une manière si cruelle ; un amour saint , légitime , puisque c'est sous vos yeux et avec votre plein consentement qu'il a grandi, qu'il a pris naissance. Quoi , mon père ! vous voudriez

faire d'Edmond un criminel! votre ennemi!

Non, ce n'est pas pour vous, mon père, que j'exprime ces craintes ; Edmond vous respecte trop , il aime trop votre fille, pour oser jamais porter sur vous une main sacrilège ; mais qui peut dire où le conduira son désespoir ? . . . Ah ! mon père ! j'étais alarmée , navrée de douleur à cause de votre situation ; vous venez me déchirer le cœur en me donnant des ordres que je ne me serais jamais attendue à voir sortir de votre bouche : vous faites de moi une fille dénaturée , vous me forcez à parler de moi , de mes intérêts , et c'était de vous , des vôtres que je voulais exclusivement m'occuper... (en tombant i genoux.) Mon père, mon tendre père

^'EFASTO (en la relevant, avec la plus profonde e'molion ).

Calme-loi, mon enfant : tu ne saurais te former une idée de lu violence que je me fais, de la force

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