‹ Les carbonari, -ou, Naples en 1821Chapitre 59 sur 82 · ACTE IV, SCEiNE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCEiNE IL

reproches à la punition dont je parle; et loin de celle-ci à la mort. Qu'a-t-il fait enfin, mon père ? il a abandonné la vente , et il a accepté le ministère de la police ; ce sont là de grands torts sans doute , dans le moment actuel surtout, mais sont-ce là des raisons pour qu'on le tue? Et qui vous assure, mes bons-cousins , que ce soit dans l'intention de nous nuire que mon père a accepté cette place? qui vous dit que ce ne soit , tout au contraire, dans le but de nous être utile? attendons les évènemens, diraije ; j'ai la conviction que mon père se repentira de sa conduite ; j'en ai presque la certitude ; je vote pour l'ajournement. (lise rassied).

PREMIER CARB01VA.ro.

Et ceux de nos frères qui sont morts !

DEUXIÈME carbonaro.

Et notre grand-maître , le bon-cousin Belotti, qu'il a fait assassiner !

CHARLES (vivement)-

Où sont les preuves de ce meurtre? qui oserait afiBrmer que ce soit mon père qui en est l'auteur?

( Charles se rassied ; Siniscalchi lève la main ).

LE GRAND-MMTRE.

Silence , mes bons-cousins , la parole est au boncousin Siniscalchi.

SINISCALCHI (en se levant).

Je ne veux pas insister, mes bons-cousins, sur l'affaire de cet affreux assassinat ; les preuves, il faut en convenir, ne sont pas assez évidentes pour en indiquer le véritable auteur ; le temps peut-être éclaircira cette œuvre de ténèbres; mais jedeman-

derais au bon -cousin Charles Nefasto, sur quoi fonde-t-il cette conviction du changement de son père à notre égard ? depuis quand cette conviction ?

CHARLES ( de sa place ).

J'espère, lorsque je parle de mon père, avoir le droit d'être cru sur parole.

SINISCALCHI.

Vous allez juger, mes bons-cousins, combien celle coiviclion , doni parle le bon-cousin Charles Nefasto , est fondée ; combien celle confiance qu'il réclame, mérite de lui être acquise. 11 y a à peine une heure, mes bons-cousins, M. le comte Nefasto, le ministre de la police en personne (car il connaît trop notre importance pour confier à des agens subalternes la mission dont je vais parler) ; il y a une heure, M. le comte Nefasto lui-même est venu, à la tête d'une centaine de celte misérable troupe qu'il appelle sa police, cerner cette maison, la fouiller dans tous ses recoins, avec l'intention hautement exprimée de nous prendre tous sur le fait, en nous réservant sans doute, s'il eût réussi , le sort de notre amiBelotli, bien qu'en employant apparemment cette fois les formes dites légales.

M. le comte Nefasto et sa police (eu regardant allemalive-

meni Charles et Buonaroti ) u 'ayant reuconlré à la vente, que quelques jeunes étourdis folâtrant avec des femmes, est parti d'ici , la rage dans l'ame d'avoir manqué un si beau coup , et en adressant des reproches au digne compagnon de ses exploits, qui lui aurait fait, innocemment je pense, un faux rapport. Le bon-cousin Charles Nefasto a peut-être été témoin

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