‹ Les carbonari, -ou, Naples en 1821Chapitre 61 sur 82 · LES €ARB01NAR · texte numérisé non relu

LES €ARB01NAR

EDMOND

Ne soyez pas surpris, messieurs, si, néophyte d'aujourd'hui , je prends la parole sur une motion de cette importance. Je ne le nie pas ; les affections qui me lient à quelques membres de la famille de M. Nefasto, ne sont pas étrangères à l'appui que je veux donner à l'ajournement proposé ; mais je les ferai taire, au besoin, ces affections. Les intérêts de la société, dont j'ai maintenant le bonheur d'être membre, m'animent bien autrement à vous détourner, mes chers cousins, de mettre sur-le-champ à exécution la mesure proposée par M. Siniscalchi. — De quoi s'agit-il donc, messieurs? de nous débarrasser d'un mauvais ministre de la police? mais la mort de M. Nefasto, ne changera rien à votre position : un mauvais ministre de la police sera bientôt remplacé par un autre plus mauvais encore , qui vous poursuivra avec plus de fureur que son prédécesseur. H y a plus, mes amis; cette mort, dont on vous croira certainement les auteurs , centuplera, dans un cas donné , les poursuites et les rigueurs contre vous : si par malheur (que le ciel éloigne de nous telle catastrophe ! ; si par malheur nos armées ne sont pas victorieuses , s'il est écrit que l'étranger doive nous envahir et nous dicter la loi; n'en doutez pas, mes chers cousins , nous monterons tous au supplice après la consommation de l'acte dont il est question. Cet acte, messieurs, est aussi impolitique qu'inutile et dangereux ; il est même diamétralement contraire à nos inslitulions. Gomment, mes bous-cousins, c'esl au moment où nous avons

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