ACTE V, SCENE UNIQUE. 8i
ligne tracée par la véritable vertu; oui, de cette même vertu que les hommes nous inculquent, désintéressés et de bonne foi qu'ils sont, au moment où ils nous l'enseignent; de cette vertu qu'ils désertent ensuite , qu'ils tournent même en ridicule, lorsque les vices et les passions les forcent à se parjurer, à donner un démenti aux principes qu'ils ont prêches. Nefasto est coupable envers les intérêts les plus chers à la patrie ; quelles que soient ses intentions, qu'il soit le père de Julie, qu'importe ! il faut qu'il meure ; et puisque j'ai été choisi par le sort , puisque j'ai juré, je maintiendrai
ce que j'ai promis. (Il reste absorbé dans ses pensées.)
CELLFNI (en quittant le groupe et s'avançant avec Siniscalchi).
Edmond , toutes les précautions sont prises pour empêcher Charles de voir son père ; s'il l'a vu , s'il lui a tout dit (je ne saurais le croire pourtant), l'heure de ce jeune homme a sonné , et Nefasto n'échappera pas pour cela à notre juste vengeance; elle ne serait que différée. Ils sont bien à plaindre ceux qui nous croiraient si bas tombés, qu'ils pussent nous manquer impunément. Attendons le résultat des ordres que j'ai donnés. (Entrent madameNefasto et J ulio par l'hôtel Nefasto. )
MADAME NEFASTO (à demi-voix, en conduisant sa fille par la main et restant près du seuil de la porte ).
Viens, ma fille; Edmond doit être ici à nous attendre. ( En forçant un peu la voix. ) EdmOud , EdmOUd. EDMOND (surpris et basa Gellini et à Siniscalchi).
iJUl m appelle r (CeUinietSiniscalcbiluirtcommandentle silence, en le conduisant vers la droite , sur le devant , dans le coin le plus oliscur de la scène . )