ACTE y, SCÈNE UNIQUE
BUONAROTI ( lias à Charles).
Tille vois, ils sont là; tu te perds, et tu ne sauves pas ton père.
CHAKLKS ( bas ).
Malheureux! c'est moi , par mon affreuse étourderie, qui mets le poignard entre leurs mains, et tu prétends me retenir î et tu veux que je ne m'expose !
BUONAROTI (lias).
Ecoute... .
CHARLES ( en se dégageant ).
Laisse-moi; il faut le sauver ou périr, (iicounvei.
l'hôtel de son pere , oà il ronconlie sa mère et sa sœur. ) BUONAROTI ( en s'eu allant ).
Pauvre ami! il est perdu, (iison. )
CIIARLRS ( toujours à demi-voix ).
C'est vous , ma mère ! toi , Julie ! à cette heureci ! et comment !
FRUGONI (qui s'est un peu avance' pour reconnaître Charles , lias à Cellini, etc.)
Charles est ici.
CELLINI ( approuve; et puis, suivi par Edmond, Siniscalchi et Frugoni, en marchant aveu précaution, et en suivant toujours la ligne la plus obscure d« la scène , il la se placer derrière maJauie Nefasto, Julie et Charles, un
disant tout bas ) ; OlleilCe. ( En même temps ces derniers s'avancent sur le devant du théâtre).
CHARLES
Dites-moi où est mon père ? Où est-il, ma mère?
MADAME NEFASTO.
Je l'ignore, mon fils.. .. Qu'as-tu, Charles? pourquoi ce trouble que je lis sur la figure?
CHARLES
Où est mon père , dites-moi où il est? il faul que je le voie à l'instant même.
JULIE
Mais de quoi s'agit-il , Charles? Tu me fais trembler; explique-toi...
CHARLES, ( en embrassant sa sœur avec effusion ).
Je ne le puis , ma sœur, il faut que je sois seul avec lui.
CELLINI (arrivé ici, avec les autres , à la fin île sa course ).
Que signifient ces embrassemens et ces larmes!
MADAME NEFASTO.
Est-ce un danger imminent?
JULIE
En voudrait-on à ses jours?
CELLIPJI ( en s'avançant un peu et portant la main à son poignarU ).
Il nous trahit, le lâche ! je l'immolerai.
JULIE
Ton silence me tue, mon frère. (Ceiuni se rassure et
abandonne sou poignard). TicUS , il SCfa pCUt-êtrC chcZ luÌ,
chez le prince peut-être , va , vole le trouver.
CHARLES
J Y cours ( Il demeure immobile en rencontrant Cellini ).
Celli...!
CELLINI
Oli courez-vous ainsi , mon frère?
MADAME NEFASTO.
Cellini ! ne retenez pas mon fils ; Charles est dans un état de trouble inexprimable ; il a quelque chose de très-pressant à dire à son père.
CELLINI
Un grand secret, apparemment?
JULIE
Oui, Cellini, un secret qu'il n'a pas voulu nous