‹ Les carburants de remplacementChapitre 29 sur 56 · LM AMIE · texte numérisé non relu

LM AMIE

(« obsolence »), réduit à 10 ans la durée de l’amortissement :

En pence par gallon

Prix de réalisation moyen supposé aux usines (comprenant la protection exis-

tante de 8 d. par gal.) ................ 12,00 12,00 A déduire:

Frais de fabrication (y compris frais généraux) LME ER Ter ce cote ptes 7,20 7,20 4,80 4,80 Bénéfice brut aux usines avant amortissements normaux et extraordinaires .. 4,80 4,80 A déduire:

Amortissement au taux de 5 % ...... 2,43 — Amortissements normaux et exceptionnels au taux demo NT RTE CERTES — 4,27 Bénéfice après amortissement à 5 % .. 2,67

Bénéfice après amortissement à 10 %

Ce qui donne en mesure et en monnaie française :

EN PENCE Amortissement Amortissement :

PAR GALLON en 10 ans en 20 ans Frais de fabrication et frais généraux . 7,20 (02:80 AmMOTHSSeMENt AS EEE RER 4,27 2,43 11,47 9,33 Soit en francs par litre ..............., 1,86 1,52

(£ à 177 francs.)

Ces évaluations définissent le coût de l’essence synthétique en Angleterre. Elles le situent dans un ordre de grandeur. Elles ne lui confèrent aucune valeur générale ou absolue.

Il existe autant de coûts de fabrication que de prix locaux pour les matières premières et pour les sous-produits.

Le prix de l'hydrogène, qui entre avec le charbon dans la synthèse de l’essence, est abaïissé par la présence d’industries annexes, comme celle de l’ammoniaque susceptible de le produire à bon marché, ou par la qualité de la

Ste

matière première, comme le semi-coke de lignite ou le grésillon de coke.

Le prix du charbon influe lui aussi grandement sur le coût de l’essence. Aux usines de Billingham une variation du prix des charbons de 6 sh. par tonne suffit pour affecter le prix de l’essence de 1 sh. par gallon.

Le coût de l’essence synthétique varie aussi avec l’utilisation des sous-produits. Les gaz de synthèse peuvent être vendus au public. Et les grandes quantités de chaleur acquises pour la synthèse de l’essence peuvent aussi être affectées ultérieurement à d’autres productions chimiques.

Le prix des sous-produits intervient plus’ grandement encore dans la distillation des houilles en basse température. C’est surtout le prix du coke qui est important, parce que les 9/10 des houilles traitées sont transformés en coke.

Si une intervention des Pouvoirs Publics assurait aux semi-cokes un prix de vente qui, à nombre égal de calories, serait, par exemple, égal à 75% de l’anthracite, l’essence obtenue par la distillation à basse température aurait un prix de revient assez avantageux. Le semi-coke obtenu à partir d’1 tonne 200 de « fines » aurait alors la même valeur que 750 kg. d’anthracite; c’est-à-dire, que la tonne de semi-coke serait vendue 360 francs alors qu’elle n’exigerait que 230 environ de matières premières (1 tonne 200 de « fines ») plus une somme de l’ordre de 50 francs pour l’amortissement du matériel de distillation. Ainsi 80 francs de boni pourraient être affectés à un abaissement du prix de revient de l’essence synthétique. De même, les 100 mètres cubes de gaz vendus 0 fr. 70 pour l'équivalent d’un litre d’essence, laisseraient un bénéfice de 0 fr. 60 par mètre cube, c’est-à-dire de 60 fr. par tonne de houille traitée. Cette somme serait affectée, elle aussi, à diminuer le prix de l’essence. Par surcroît, les 10 kg. d'essence produits directement par la distillation de 1 tonne de houille ont un prix de revient très bas. Les dépenses engagées pour la récupérer sont en effet faibles et cette essence coûte moins de 1 fr. le litre. Ainsi

les bonis de 80 fr. et de 60 fr. procurés par les sous-produits bénéficieraient exclusivement aux 80 litres d’essence produits non plus directement mais par hydrogénation. Ils représenteraient, pour chacun de ces 80 litres, une somme de 1 fr. 75.

De ce fait cette essence pourrait être vendue approximativement 0 fr. 75 le litre car son prix de revient original ne dépasserait pas 2 fr. 50 le litre. Il serait difficile en effet que le coût de cette essence obtenue par l’hydrogénation soit supérieur à celui établi par le Comité Farmouth pour les essences anglaises. Le rendement des goudrons est excellent, il donne jusqu’à 80 % d’hydrocarbures. Et la cherté en France de l’hydrogène qui coûte 0 fr. 60 contre 0 fr. 16 en Angleterre n’interviendrait que pour une faible mesure dans le coût de cette distillation, le traitement des goudrons n’exigeant que le tiers de l’hydrogène nécessaire pour le traitement des houilles. Le prix de O0 fr. 60 paraît donc d’un ordre de grandeur probable. Il serait obtenu dès qu’une décision des Pouvoirs Publics remplacerait l’usage de l’anthracite par celui des semi-cokes. Et il n’est pas surprenant que l'Allemagne et lTtalie se soient résolus à produire sur leur sol la majeure partie de leur essence.

A UE $ 5. Huiles de schistes.

La teneur des schistes en huile minérale détermine le prix de revient des essences qu’on en retire.

Le coût de ces essences se situe aux alentours de 2 fr. 50, c’est-à-dire qu’il est rentable, grâce aux exonérations fiscales, lorsque la matière première, mise en œuvre, en fournit 9 %.

L'installation d’une usine de cracking abaisse encore les prix de revient, en assurant le traitement de sous-produits. Mais ces usines de cracking exigent elles-mêmes la mise en œuvre par jour de 50 tonnes d’huile de schiste, c'est-à-dire par jour celle de 500 tonnes de schistes. Pour être rémunératrices, la plupart des installations exigent de ce fait la mise en œuvre de sommes importantes. Les capitaux engagés sont au minimum 10 millions pour l'usine de carbonisation, 8 à 10 millions pour les frais d’étude, 12 millions pour l’atelier de cracking : 32 millions de francs au total.

Considérations sur les prix de revient

C’est le prix de revient qui sert en définitive de critère essentiel à une appréciation des carburants nationaux. La plupart des hydrocarbures présentent techniquement des qualités qui seraient suffisantes pour autoriser leur substitution à l’essence. Mais seul un petit nombre d’entre eux possède cette qualité d’être économiquement peu onéreux.

Dans ce domaine, les prix tantôt augmentés par les taxes fiscales, tantôt abaïissés par les subventions, ne sont même plus un critère de l'utilité économique. Ils établissent entre les carburants un classement selon leur aptitude à être artificiellement rentable et non pas selon leur aptitude à enrichir la nation.

A l’heure actuelle, les droits sur l’essence, qui multiplient par 3 1/2 le prix coûtant, donnent à la plupart des carburants de remplacement la possibilité d’une vente commer-

ciale. C’est le cas du charbon de bois, du gaz d'éclairage, des essences de synthèse dont les rendements équivalent à 1 litre d’essence valant respectivement 0 fr. 70, 1 fr. 10 et 1 fr. 50. Le montant fréquemment changeant des droits de douane fixe ainsi arbitrairement les possibilités de vente de ces divers carburants. Et le nombre des hydro-carbures susceptibles de concurrencer commercialement l’essence pourrait augmenter indéfiniment avec une augmentation croissante des droits de douane. Les possibilités commerciales des carburants de remplacement ne pourraient discriminer pour autant ceux dont la substitution à l’essence entraînerait comme conséquence un enrichissement de la nation. Les importations d’essence appauvrissent le patrimoine national des sommes avec lesquelles elles sont payées à l'étranger. La production nationale d’un produit de remplacement évite cet appauvrissement. Elle concourt ainsi au bien-être et à l’enrichissement national, maïs ce bienfait sur la balance commerciale est compensé dans une certaine mesure par une action inverse qui est, sur le plan intérieur, d’augmenter le prix de revient. Aussi une politique d’ersatz est une arme à double tranchant. Elle peut enrichir ou ruiner la nation selon que l’une ou l’autre de ses conséquences est prédominante. Le point où elle devient plus onéreuse que profitable peut être établi par la mise en œuvre d’une sorte d’équation économique.

Soit une marchandise de 100 fr. Si on l’importe sans contrepartie, le pays s’appauvrit de 100 francs.

Si on la produit sur le sol national à 100 fr. on évite de perdre 100 fr.; si on la produit sur le soi national à 101 fr. on évite de perdre 99 fr. |

Si on la produit sur le sol national à 199 fr. on évite de perdre 1 fr., et si on la produit à 200 fr. les avantages et les inconvénients respectifs d’un ersatz et d’un produit importé se compensent.

On peut donc poser le théorème suivant : la substitution d’un produit national à un article d'importation, lorsqu'il ne donne pas lieu à des représailles douanières, est rému-

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