‹ Les carburants de remplacementChapitre 32 sur 56 · PE · texte numérisé non relu

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opération dont le rendement est, de l’ordre de 50% en poids. En évaluant tous ces combustibles en quantité équivalente d’essence on atteint un total de près de 400.000 tonnes. C’est-à-dire qu’on pourrait satisfaire de la sorte au 1/6 de la consommation française et qu’on assurerait à la balance commerciale un gain d’environ 1 milliard.

La substitution de 3.650.000 T. de fines à 22/CIF à 2.800.000 T. de coke à 30/CIF correspondrait par ellemême à une économie de 35 millions de francs.

Au total, une politique nationale de distillation à haute et à basse température assurerait à la France un gain annuel de 4.620 millions de francs.

Ce même souci d'utiliser entièrement toutes les ressources du sous-sol français conduit aussi à envisager l’installation d’usines de synthèse. L’hydrogénation permettrait de tirer parti de combustibles encore mal utilisés comme les lignites des Bouches-du-Rhône, ou inexploités comme les lignites des Landes. Ces dernières sont relativement riches et exploitables à bon marché, grâce à leur situation au voisinage immédiat de la surface qui permet d’envisager des extractions mécaniques.

Les tourbes françaises, d’autre part, pourraient être brûlées dans les gazogènes. Sans doute, les 3/4 des tourbes françaises sont trop cendreuses pour être incorporées dans les agglomérés pour gazogènes. Cependant, certaines d’entre elles, comme celles du plateau de Millevaches, qui se rapprochent de celles de Hollande comme composition, et qui sont peu cendreuses, conviendraient fort bien. On pourrait vraisemblablement arriver à trouver en France 100.000 tonnes de tourbes convenables, ce qui équivaudrait à 20 ou 25.000 tonnes de charbon de tourbe incorporable dans les gazogènes.

Sans même recourir à de nouvelles cultures Décibétes) l’empire français pourrait, par ses richesses minérales, porter remède à l'insuffisance du sous-sol métropolitain.

L’anthracite du Tonkin permet de fournir aux véhicu-

les à gazogène autant de combustibles qu'il leur serait nécessaire.

Le principal bassin anthracifère du Tonkin, qui fournit la presque totalité des charbons exportés, s’allonge en arc de cercle au nord du golfe du Tonkin et du Bas-Delta. Cet arc de cercle a un développement d’environ 150 kilomètres et une largeur de 12 kilomètres dans la partie centrale.

La richesse de ces dépôts peut s’évaluer à des centaines de millions de tonnes, ce qui permet de les considérer comme inépuisables.

Dès maintenant, la production annuelle a atteint, en 1937, 2 millions de tonnes. Et les aménagements réalisés permettraient de faire face à une production et à des expéditions beaucoup plus fortes qu'aujourd'hui.

La qualité de ces anthracites paraît équivalente à celle des charbons anglais que certains usagers des véhicules à gazogène emploient dès maintenant avec succès.

Leur prix de revient livré dans un port français est sensiblement comparable.

Les anthracites anglais, en grain de 16-25 mm., dont on fait usage dans les gazogènes, valent, livrés à Rouen : qualité extra, 505 fr.; 2 choix, 495 fr.

Les anthracites indochinoïs de Dong-Trieu, en grains aussi fins, valent, livrés à Rouen, 428 fr. la tonne, et à Marseille, 415 fr.

Ainsi les richesses houïllères dont dispose l’empire français permettent aux gazogènes de se développer sans que surviennent des insuffisances passagères de combustibles. Une fois qu’elles auront permis à un équilibre de se réaliser entre la mise en œuvre des gazogènes et la production du charbon de bois, les mines de charbon indochinois, aménagées g grâce à ces débouchés passagers, pourront enfin prendre sur le marché Ron la place à laquelle elles ont droit.

Enfin, la pauvreté du sous-sol français peut, par surcroît, être compensée dans une large mesure par la richesse de son sol. Aussi bien que dans les amas souter-

rains où il s’est accumulé pendant des millénaires, le carbone peut être recueilli sous forme de bois, de graines et de fruits.

L’abondance de graines que peuvent produire les colonies équatoriales permet d’envisager une production importante d’essence par une synthèse chimique qui recréerait l’œuvre des temps. L’A.O.F. est avec l’Inde l’un des deux principaux producteurs d’arachide. Elle produit 56 % du tonnage mondial. Le Sénégal fournit à lui seul 96 % de ce contingent et le Niger en exporte déjà 690 tonnes par an. L'huile de palme est aussi produite en quantité importante par l’A.O-F. et l’A.E.F. Dans l’ordre des quantités exportées par les différents pays, l’A.O.F. vient au 4° rang et l’A.E.F. au 6° rang.

Mais la production des huiles végétales est bien insuffisante pour participer dans une mesure importante à la fabrication des carburants.

D'autre part, les cours de ces huiles sont trop élevés et les déchets d’usinage trop nombreux pour que l’essence synthétique obtenue à partir de ces huiles ou directement des graines oléagineuses, parvienne sur les marchés européens à un prix intéressant. Irréalisable à l’heure actuelle, la substitution des graines oléagineuses au pétrole naturel reste possible dans l’avenir.

Dès maintenant, un nouveau four, actueilement en montage à l’usine de Segou, va augmenter le rendement des graines en essence et en gas oil et l’utilisation du gas oil végétal, qui manque actuellement de stabilité et s’acidifie très vite, sera rapidement mise au point.

Par ailleurs, l’extension des cultures, l’abaissement des prix de revient, l’amélioration de la qualité, pourraient tout ensemble être mis en œuvre par l’amélioration des procédés agricoles indigènes. Des engrais et des machines assureraient une réduction du personnel et une progression des rendements. Dès à présent, des stations comme celle de La Mé, à la Côte d’Ivoire, procède à une sélection des graines oléagineuses, et à la détermination des soins qu’il con-

vient de donner aux plantes; cette technique est ensuite répandue chez les indigènes, par des primes et un enseignement technique pratique.

| Enfin, les frais de transport des matières premières et des produits manufacturés qui sont à l’heure actuelle prohibitifs, seraient diminués par un développement général de la colonie.

L'usage des oléagineux, comme carburants, dépend ainsi du développement de l’économie coloniale. I] apparaît sous des perspectives d’avenir d’autant plus favorables, que l'Afrique, terre de production de carburants végétaux, peut aussi en devenir rapidement un lieu de consommation. La cherté et la difficulté du ravitaillement en essence y donnent aux carburants végétaux coloniaux un champ d’expérience qui sera peut-être pour ces différentes productions, le point de départ de leur extension.

Outre l’essence et l’huile lourde, les plantes équatoriales peuvent fournir de l’alcool et des combustibles pour les gazogènes. C’est même sur les territoires coloniaux que pourraient le mieux être produites les matières premières qui fourniraient l’alcool à bon marché. En Indochine, nous avons de grosses quantités d’alcool de riz, qui sont sans emploi. L’Indochine dirige chaque année sur la métropole près de 700.000 tonnes de brisures de riz qui viennent, à l'abri d’une solide protection, concurrencer les céréales secondaires, comme le font aussi les maïs coloniaux et les maniocs de Madagascar.

Par surcroît, à Madagascar, les mélasses sont jetées à la mer et il en est souvent de même à La Réunion et aux Antilles.

De plus, et principalement en Afrique, l’agave dont on extrait la fibre sisal, peut fournir des quantités importantes d’alcool. L’alcool de sisal se prête tout particulièrement aux mélanges avec l’essence de pétrole végétal. Il pourrait ainsi être créé un carburant spécifiquement africain composé de pétrole végétal et d’alcool végétal. Enfin

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les déchets peuvent être employés dans des chaudières à vapeur, grâce à des foyers spéciaux.

Le charbon de bois peut aussi être une source de carburants importante et à bon marché.

En effet, l’A.O.F. produit actuellement par an 600.000 tonnes d’arachides représentant 400.000 tonnes d’amandes et 200.000 tonnes de coques.

Actuellement les coques sont inutilisées, pourrissent ou sont brüûlées sur place. Or 300.000 tonnes de coques d’arachides représentent environ 100.000 tonnes de charbon végétal.

Dans l’Afrique noire française on défriche en outre à l'allure actuelle de 2.000 hectares par an.

Or, ces défrichements produisent une moyenne de 50 tonnes de boïs à l’hectare que l’on ne peut utiliser faute de pouvoir les transporter jusqu’au Niger navigable. On laisse donc accumuler et perdre chaque année près de 100.000 tonnes de bois.

Le charbon obtenu à partir de ces bois aurait un prix de revient singulièrement bas.

Selon les régions et selon l’importance des chantiers, le charbon de bois serait produit entre 100 francs et 300 francs la tonne, les briquettes de charbon domestique et industriel entre 150 et également 300 francs la tonne, des boulets et granulés pour gazogènes d’automobiles entre 200 et 450 francs la tonne.

L'ordre de grandeur des capitaux à engager est de 600.000 fr. à 1.000.000 de francs par centre de traitement pour une production de 3.000 à 5.000 tonnes par an.

On pourrait donc, avec une mise de fonds d’environ 10 millions de francs, créer dix centres de production et de traitement éloignés les uns des autres de 500 à 1.000 kilomètres et qui assureraient tous les besoins régionaux de la partie la plus active de l’Afrique Noire.

Il resterait évidemment à résoudre la question du transport de ce charbon jusqu'aux centres d'utilisation sur les rives du Niger (Service de la navigation, Chemin de fer à

Koluikoro, Ravitaillement de Mopti, Ségou, Bamako), mais là où il faut aujourd’hui transporter 5 tonnes de bois, il ne faudrait plus transporter qu’une tonne de charbon pour un même nombre de calories utiles.

À égalité de calories, les prix de revient probables assurent relativement aux combustibles et aux carburants actuellement employés un surcroît de bénéfice allant de 150 à 500 francs par tonne.

En définitive, c’est dans la partie chaude de son empire colonial que la France peut trouver grâce à la luxuriance de la végétation, et au bon marché de la main-d'œuvre, des carburants aux plus bas prix. Sur les territoires coloniaux, l'élimination de l’essence peut ainsi être envisagée, et elle pourrait alors améliorer la balance commerciale de l’empire français dans la mesure où les importations suivantes d’essence seraient supprimées.

DAV : Fuel Oil Brais |Ton. mét.

Pétrole Essence Huile et Gas Oill d'huile pr

Algérie ...... | 43.246t.1114.630t.| 9.091t.| 43.440t.) 35.259t.| 245.524 Tunisie .....1306.625h.|543%.497h.| 42.146q./228.283q.| 43.141q. 96.038 Maroc .......1 11.401t.| 88.423t.| 54Akt.| 14.929984. 228 t.| 123.491

ARE a AOL EE 038 À: At. 810 t. 4T à. 6.850 AOF AR 4,192 €t.| 21.243 t. — 45112 t. 40G6t.| 71.015 Togo-Camerou: 20.070q.| 37.990q.| 3.829q 5.976q. — 6.983 Madagascar ..| 2983t| 6.757t| 1.021t 841 €. — 41.602 Syrie-Liban ..1327.326q.|360.605q./254.795q.|236.407q. — 119.000 Indochine (a)! 36.292t.| 27.708t.| 4.859t| 15.302t.| 3.374t.| 88.808 769.308 Ce qui se résume ainsi:

Pétrole Essence Fuel Oil Gaz Oil 38.260 t. 29.360 t. 2.011 t. 14.800 t.

Représentant une somme globale de .... francs.

Et l’on peut même espérer que dans un délai, à vrai dire assez éloigné, la production des territoires d’outre-mer arrivera à participer, pour une part importante, à la consommation de la Métropole.

En attendant, les ressources de l’agriculture française pourraient parfaitement concourir au remplacement de l'essence par des carburants nationaux.

Notre pays est, à cet égard, moins bien placé que les Etats de l’Europe septentrionale qui disposent de réserves végétales suffisant à la totalité de leur consommation. Au contraire, on ne peut espérer, dans l’Europe tempérée et méridionale, qu’un concours plus restreint.

Les vestiges de la grande forêt hercyenne donnent à tous les pays nordiques, des ressources que l’on peut presque qualifier d’inépuisables. En Suède, les bois recouvrent 21 millions d’hectares; en Finlande, 12 millions 540.000; en Russie, 200 millions. Tandis que la portion du territoire occupée dans le monde par les forêts atteint 24 %; en France elle n’est que de 15 %, mais elle atteint en Suède 60 %.

Les nombreuses et les importantes papeteries des pays nordiques qui traitent ces importantes quantités de bois par le procédé au bisulfite de soude, tirent de l’alcool des lessives résiduaires.

Aussi c’est dans les pays nordiques que l’alcool a reçu les plus importantes applications comme carburants. En Lettonie, 20 % d’alcool sont mélangés à l’essence. En Esthonie, 25 %; en Pologne, 30 %. La Suède utilise dans une large mesure un carburant nommé le Lettbentyl, qui en contient 25 %.

Bien que moins favorisée, la France reste un des pays relativement riche en forêts. Les bois recouvrent 15 % de sa superficie, soit environ 10 millions 200 mille hectares, qui se répartissent ainsi : forêts d'Etat, 1.199.000 hectares; forêts communales, 1.948.000 hectares ; forêts privées, 6.470.000 hectares. Un développement du gazogène fournirait des débouchés aux 600.000 bûcherons qui vivent de la forêt et abaisseraiït le prix du bois d'œuvre en utilisant ses déchets. Mais l’essor du gazogène est limité en France par les propres ressources de la forêt française. Actuellement on produit par an environ 30 millions de stères, et la consommation peut être ainsi répartie :

Livré à la carbonisation et à la distillation, 4 millions de stères;

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