H2 0 + C—H + CO
L'ensemble gazeux recueilli est désigné sous le nom de « gaz pauvre ». L’élément combustible essentiel en est l’oxyde de carbone. Il s’y ajoute des hydrocarbures, tels que le méthane, et de l’hydrogène. Si la formation du gaz est imparfaite, le mélange renferme encore de l’oxygène et du CO?. Enfin, l’azote de l’air se retrouve intégralement dans le produit de la gazéification.
En moyenne, les gaz utiles ne dépassent par 35 % en volume, et le pouvoir calorifique supérieur (eau condensée) est de l’ordre de 1.200 à 1.400 calories, contre 4.300 à 4.500 pour le gaz de ville.
Techniquement, l'emploi du gaz de gazogène pour la
MG
traction des véhicules pose plusieurs problèmes importants. «
On peut distinguer entre : a) la gazéification du combustible; b) l’élimination des cendres; c) l’épuration du gaz. Et ces opérations s’opèrent elles-mêmes différemment selon que le gazogène est vertical, renversé ou muni d’une tuyère centrale.
a) Gazéification.
1° Dans les gazogènes dit à combustion verticale directe l’air entre sous la grille et traverse le charbon de bas en haut.
2° Au contraire, dans les gazogènes dit à combustion renversée l’air entre en haut du creuset et traverse le charbon à gazéifier de haut en bas.
Le gazogène à combustion verticale directe a l’inconvénient de mêler au gaz de l’humidité et des poussières de charbon qui forment des vapeurs goudronneuses, dangereuses pour l’alimentation du moteur.
Son usage n’est donc concevable qu'avec des combustibles absolument purs.
Dans le gazogène à combustion inversée, au contraire, les vapeurs sont astreintes à traverser le foyer, elles y sont éliminées par dissociation. Le gaz est purifié et enrichi.
"Dans les gazogènes classiques à combustion directe, ou
renversée, une zone massive d’ignition et de réduction englobe toute la section du creuset. Et elle contraint à l'emploi d’une garniture réfractaire, sans laquelle la paroi portée au rouge serait en quelques heures inutilisable.
Dans les gazogènes à tuyère (principe Gohin-Poulenc) l’air arrive au foyer par une tuyère centrale, verticale ou horizontale (horizontale dans le dispositif Gohin-Poulenc et similaires) au lieu d’arriver sous une vitesse réduite par toute la périphérie et de provoquer l’ignition et la réduction du charbon sur toute la section du creuset.
Dans ce dispositif à tuyère, les zones d’ignition et de
Hs hr
réduction forment alors une sorte d’ellipsoïde de gazéification localisé au sein de la masse de charbon.
Le matelas isolant entre la partie chaude et la tôle du creuset est formé par le charbon lui-même, et la suppression d’une paroi réfractaire assure un gain en poids de 30 à 90 kilos suivant les gazogènes.
C’est la tuyère qui a permis la réalisation des gazogènes légers pour voitures de tourisme et l’allégement des gazogènes sur les camions poids lourds.
La gazéification des carburants solides comporte à la fois des déchets cendreux et des impuretés gazeuses. Aussi une installation de gazogène a-t-elle en annexe une évacuation des mâchefers et une épuration des gaz.
b) Elimination des cendres.
Dans tous les gazogènes, des cendres et des mâchefers s’accumulent entre l’entrée d’air et l’orifice de sortie où ils finissent par gêner la formation du gaz.
Pour les éliminer il a fallu dans les gazogènes classiques créer des grilles compliquées avec dispositifs de secousses ou de bascule.
On a réalisé d’excellents mécanismes de ce genre, mais ceux-ci augmentent évidemment le prix du gazogène.
Dans les gazogènes à tuyère du type G.P., le mâchefer descend peu à peu au fond du creuset. Quelquefois il forme une masse accrochée à l’extrémité de la tuyère qu’il faut alors détacher avec un pique-feu. C’est un moyen un peu rudimentaire qui demanderait à être remplacé par un système de décrassage plus perfectionné et à peu près automatique.
c) Epuration.
Le gaz pauvre entraîne avec lui des poussières et dans les gazogènes à bois il se charge de vapeurs goudronneuses, lorsque le combustible est trop humide ou que la réduction ne se fait pas complètement (au départ et à régime bas).
LA Re A A
Il faut donc après sa sortie du gazogène et avant de l’introduire dans le moteur le dépoussiérer, l’épurer... le filtrer le plus parfaitement possible, et autant qu’il se peut le refroidir.
Une petite usine d’épuration du gaz est ainsi placée -sur le véhicule à gazogène. Pour ceux à charbon il suffit d’un appareillage très simple. Pour ceux à bois, il est plus compliqué, car il faut condenser une masse importante de goudrons et d’eau.
d) Carbonisation du bots.
La technique des gazogènes comporte en annexe celle de la carbonisation du bois. Le bon fonctionnement du gazogène, comme son bon marché, dépendent, à l’heure actuelle, de la qualité et du prix du charbon de bois. Or cette qualité, comme ce prix de charbon de bois, varient avec les différents modes de fabrication. La meule doit aussi bien ses avantages que ses défauts à sa technique rudimentaire. Elle n’exige que l’emploi d’une brouette et d’un crible et elle évite l’immobilisation de capitaux importants. Mais elle laisse aussi de trop nombreuses impuretés. La présence de terre cuite et de pierres noircies suffit dans le gazogène à en gêner le fonctionnement. Au contraire, le carbone qui est produit par la distillation du bois assure au gaz une pureté de 100 p. 100. Son criblage régulier assure dans le foyer du gazogène un passage facile de l’air et une descente régulière du combustible. Les avantages d’un tel charbon donnent ainsi un surcroît d'importance aux usines qui s'étaient développées pour produire d’autres matières premières que le carbone entrant dans la composition du bois, le goudron, l’alcool méthylique, l’acide acétique. A l’heure actuelle, la France distille 160.000 tonnes de bois. Ce bois, une fois séché, est placé dans des fours ou dans des cornues dont on élève graduellement la température et les produits volatils sont recueillis séparément. Le résidu de cette décomposition chimique est le carbone. Mais l’importance de ces usines