‹ Les carburants de remplacementChapitre 5 sur 56 · DORE 10 EL · texte numérisé non relu

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limite leur installation à des régions où les forêts sont denses et facilement exploitables. Elle l’interdit dans toutes les contrées où les bois sont dispersés géographiquement. Aussi entre la pratique rudimentaire des meules et les méthodes complètes des usines à distillation, entre les méthodes surannées des unes, la concentration et le modernisme des autres, on s’est efforcé d’innover des méthodes de carbonisation dont les qualités moyennes évitent les inconvénients des unes et des autres. Des fours métalliques ont été établis. Leur qualité essentielle tient à leur aptitude à être maniés par une main-d'œuvre non spécialisée, Le rapport entre la main-d'œuvre employée et les quantités produites, qui varie avec les régions et les essences de bois, est de 250 kgs par journée d’ouvrier, et les fours sont facilement transportables grâce à leur démontage en panneaux ou à leur sectionnement en anneaux. Les dispositifs varient selon les modèles du four; un des plus répandus est en forme de tronc de cône; un réglage de l’air y est assuré par des tuyères ou évents. Certains fours demi-fixes en forêts procèdent même à la récupération de sous-produits en forêt. La récupération n’est pas alors aussi complète qu’en usine, les sous-produits ne sont pas aussi différenciés, mais on y obtient des goudrons très utiles à la fabrication des agglomérés.

$ 2. Le gaz d'éclairage.

Le gaz des villes fournit aux moteurs 670 calories, tandis que le gaz d’air-essence en apporte 880. Aussi dans un moteur qui n’a reçu aucune modification, l’utilisation du gaz se manifeste par un affaiblissement de la puissance. On doit donc y remédier par une surcompression du mélange détonnant ou une augmentation de la cylindrée. En même temps, des modifications doivent être apportées pour l’utilisation du combustible gazeux. Le gaz transporté sous très forte pression (200 kgs env.) est détendu par un dispositif approprié et le mélange de l’air au gaz est réalisé dans un carburant spécial. L’adaptation du moteur Diesel au gaz d’éclairage peut aussi être pratiquée. Elle exige le remplacement de la culasse, les injecteurs sont remplacés par des bougies et la pompe à pétrole par le dispositif d’allumage électrique. Les organes du moteur supportent alors aisément la combustion du gaz d’éclairage.

Plus encore qu’aux moteurs, c’est aux réservoirs de carburants que l’usage du gaz des villes impose des particularités. Les récipients doivent être à la fois étanches pour éviter une fuite du gaz et résistants pour supporter une forte pression. Cette double exigence avait longtemps contraint à l'emploi de bouteilles trop lourdes ou trop volumineuses. Les récipients classiques pesaient 80 kgs pour 10 m.c. d’un gaz ordinaire à 4.500 calories. L’équivalent en gaz de 10 litres d’essence contraignait le véhicule à porter un poids de 150 kgs. A l’heure actuelle, le poids des bouteilles a été rabaissé de 80 à 50 kgs et l’on espère obtenir par l’usage d’aciers spéciaux et d’alliages légers un poids de 25 kgs. Aïnsi, le transport d’une quantité de gaz équivalente à 40 litres d’essence ne pèse actuellement que 350 kgs et dans l’hypothèse, que l’on envisage, elle n’en pèserait que 250. En même temps le pouvoir calorique du gaz pourrait être augmenté de façon qu’un même volume de combustible assure au véhicule un rayon d’action plus

PO à RE

vaste. Alors que le pouvoir calorifique du gaz est de 4.500 calories, il peut être porté à 5.500 calories; un camion de 15 tonnes muni de 12 bouteilles pesant au total 600 kgs parcourait de la sorte 150 km. Sans qu’il faille attendre ces améliorations, le rayon d’action des véhicules à gaz, quoique encore faible, serait suffisant si la compression du gaz était organisée en France dans de nombreux postes d’approvisionnement.

Jo on us $ 3. L’essence synthétique.

Le pétrole et la houille ont probablement une même origine géologique. Elles peuvent être considérées, au moins pour certains gisements, comme le produit de détritus amassés dans l'estuaire des grands fleuves préhistoriques. Mais tandis que la houille était produite par l'amas de grands végétaux, le pétrole était le résidu des graines et des animaux. Il a donc paru logique de reconstituer par une synthèse expérimentale l’œuvre des millénaires. Les chercheurs ont tenté de reconstituer l’essence soit à partir de graines, soit à partir de ses constituants chimiques, l’hydrogène et le carbone.

a) Dans la distillation de la houille par carbonisation à basse température, on extrait les hydrocarbures contenus dans la matière première sans pousser la température au delà de la valeur nécessaire à cette extraction, comme lorsqu'il s’agit de produire du gaz d’éclairage et du coke. A cet effet on procède par un chauffage progressif du vase clos, de façon à recueillir dans leur état primaire ces différents hydrocarbures que l’on sépare ensuite les uns des autres par une nouvelle distillation fractionnée. Pour une tonne de houille, on obtient ainsi 9 à 13 litres d’essence, 70 à 80 litres de goudron et un résidu solide qui est non plus un coke, mais un charbon deshydraté et deshydrocarburé que l’on appelle le semi-coke, par analogie avec la dénomination de co e, produit solide finial du traitement à haute température.

Le traitement des goudrons primaires par hydrogénation donne lui-même 50 à 60 litres d’essence. Ainsi la production totale d'essence ne peut guère se chiffrer à plus de 50 à 60 kgs par tonne de houille. Elle peut arriver à 70- 80 kgs pour certains lignites. L’opération peut être rentable lorsqu'on a pour résidu solide un bon semi-coke, comme c’est le cas avec certaines houïlles et avec quelques lignites.

b) La méthode Fischer repose sur le principe que la formation d’hydrocarbures supérieurs est réalisable par l'usage de catalyseurs. Au contact de corps chimiques, comme le cobalt, on observe la transformation en huile d’un gaz synthétique tiré de la houille. La méthode Fischer et Tropoch utilise un assemblage d’appareils connus. Le gaz à l’eau est produit par un gaæzogène fixe. Un obturateur le débarrasse des substances soufrées, hydrogène sulfurée comme soufre organique, enfin un appareil de catalyse le met au contact de cobalt et le transforme alors en hydrocarbure d’abord gazeux, ensuite liquéfié en huile de pétrole et en eau. Les huiles sont elles-mêmes rectifiées et les gaz sont transformés en essence par le procédé classique du cracking.

c) La synthèse directe de pétrole à partir de la houille consiste à en modifier la teneur en hydrogène en la faisant passer de 0,55 à 2 par rapport au carbone.

La houille est préparée à cette opération par son concassage et son mélange dans une huile qui permet sa circulation dans les tuyauteries. Au contact de l’hydrogène elle produit alors une huile de charbon. La réaction est rendue possible par une température de 450° et une pression de 25 atmosphères. Les essences sont ensuite séparées des huiles et les huiles sont transformées en essence par une nouvelle hydrogénation qui s'effectue elle aussi sous pression et en présence d’un catalyseur. Grâce à cette double hydrogénation, l’huile de charbon engendre 80 à 93 % d’essence. Ainsi deux tonnes de charbon transformé et cinq tonnes de charbon utilisé donnent une tonne d’essence. L’Allemagne a longtemps détenu les brevets qui lui assurait le monopole de cette fabrication, mais la France dispose désormais de deux procédés entre lesquels elle peut faire librement son choix.

Le procédé allemand de Bergius et de V’IJ. Farben place

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