CONCLUSION
« En temps de guerre le pétrole étranger peut tuer la France, en temps de paix il la ruine ».
Aux termes de cette étude, il semble que l’on soit arrivé à ces deux conclusions : d’une part, le bon marché de plusieurs carburants dont le coût est sensiblement aussi bas que le prix international de l’essence; d’autre part l’abondance dans la France coloniale et métropolitaine, de richesses naturelles qui permettent d’envisager une disparition presque complète des importations d’essence. Ainsi, la considération des richesses nationales et l’appréciation des prix de revient militent également pour le développement rapide des carburants de remplacement. Des mesures tendant à éliminer l’essence ont donc une justification économique; il importe qu’elles possèdent l'efficacité politique. La question change de domaine, et d’économique elle devient politique. Une conception des interventions officielles dans le domaine des carburants doit être entièrement dominée par la considération du bon marché de plusieurs ersatz. Ce n’est pas une dépense durable d’armements, c’est une aide aux industries naissantes; c’est une compensation offerte par l'Etat à des amortissements exceptionnels, à des investissements onéreux, à des frais de recherches supplémentaires, à une production en petite série. Dans des conditions analogues à celles dont bénéficie l’industrie automobile, les fabriques de gazogène livreraient leurs installations aux environs de 3.000 francs; le gaz d'éclairage ne coûterait guère plus que le prix international d’un litre d'essence; et lessence synthétique vaudrait moins de 1-fr. 20 le litre.
Lo. ONE E
L'Etat se doit d’établir dans la concurrence qui oppose l’essence à d’autres carburants, une juste égalité. Limitée en durée, du fait de l’aptitude des ersatz à se développer d'eux-mêmes, l’intervention des Pouvoirs Publics doit être d'autant plus forte en intensité. I1 s’agit de provoquer le démarrage d’une industrie nouvelle, il s’agit d’éveiller des iniliatives privées à de nouvelles activités. (Ce principe, d’une intervention officielle dans les cadres du libéralisme doit déterminer toute la politique de l'Etat.
Il se nuance en deux règles : pour le fond, choisir entre les carburants de remplacement les plus aptes à un développement spontané et durable, pour la forme, distinguer entre les mesures possibles les mieux susceptibles d’exercer sur les initiatives privées une influence décisive et générale.