‹ Les Cardiopathies au cours de la Chorée de SydenhamChapitre 12 sur 20 · ER · texte numérisé non relu

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tatée chez tous. Elle s'exagère dans certains états pathologiques et particulièrement dans Ia chorée où les troubles du rythme respiratoire lui-même sont habituels. M. Vaquez pense que le ralentissement des battements du cœur dans l'inspiration (par quoi elle se caractérise) provient d'une excitation réflexe du pneumogastrique provoquée par une contraction des muscles inspirateurs du thorax. |

Mais on a parlé de troubles graves du rythme, de « chorée du cœur ».

: C’est Henri Roger qui a créé cette expression. IL décrivait sous ce nom toules les altérations pathologiques de cet organe qu'il rencontrait au cours de la chorée. Reeves, le premier, proposa de réserver ce terme pour désigner les irrégularités qu'on observe en dehors des affections chroniques. Ollivier, enfin, en limita l'usage davantage encore et donna cette appellation à la participation effective du musele cardiaque aux mouvements choréiques.

L'existence de ces arythmies considérables fit l’objet de nombreux débats. Romberg affirma n’en avoir jamais observé. Hasse dit en avoir vu deux cas bien nets. «Ces arythmies, dit-il, s’observent surtout dans des chorées intenses et au moment des exacerbations dans les symptômes ; elles sont perceptibles à la vue et au toucher, » Ollivier les croit fréquentes. « Vous vous souvenez, dit-il aux auditeurs de ses leçons cliniques, vous vous souvenez que je vous ai fait constater plusieurs Jois ce curieux phénomène chez nos petits malades ? Seulement ils n’accusaient pas, comme les adultes at-

teints d’arythmie de cause organique (lésions valvulaires anciennes, dégénérescence graisseuse, eic.), Ce Sentiment d'angoisse et ces tressaillements qui obligent les malades à se dresser brusquement sur leur lit. »

« La vérité, dit Cadet de Gassicourt, est que je n'ai jamais observé les convulsions du cœur. »

Sturges affirma avoir renconiré ces phénomènes 42 fois sur 132 choréiques. Osler, 23 fois sur 110. MM. Hutinel et Babonneix, plus mesurés, dirent l'avoir vu 4 fois sur 40 chorées, soit 2,5 °/..

Tedeschi, et plus tard Tretti, en firent des descriptions détaillées. Pour eux, cette chorée du cœur aurait pour symptôme principal une anomalie de la contraction du ventricule gauche. A certaines systoles, une zone située en haut et à droite de la paroi antérieure de ce ventricule serait le siège d'une contraction telle que le choe précordial cesserait d’avoir lieu à la pointe, et serait perceptible dans cette région.

Pour MM. Hutinel et Babonneix, le diagnostic de la chorée du cœur serait fixé par la soudaineté d’apparition de l’arythmie (avec ou sans souffle), sa variabilité, sa courte durée et sa disparition relativement facile sous l'influence d’une médication anti-spasmodique.

Quant au pronostic, Ollivier le croit assez bon, sauf possibilité si cette chorée du cœur se prolongeait et prenait une intensité particulière, de syncopes et même de mort subite.

En 1913, MM. Aubertin et Parvu en publiaient une

observation. Ils commençaient par reconnaître l'extrême

rareté de cette complication, spéciale aux formes sévères de la éhorée, et remarquaient que la plupart des observations que compte sur ce sujet la littérature médicale sont entachées d'erreurs; les unes, parce que l’arythmie y coïncide avec des lésions valvulaires d’endocardite aiguë, ce qui est banal; les autres (Ollivier) parce qu'elles ne rapportent que des exemples d'arythmies accompagnées de souffles divers et qu'on a alors le droit de supposer l'existence d’une atteinte plus ou

moins légère de l’endocarde.

Il ne reste plus alors qu’un petit groupe d'observations

-d’arythmie sans souffle (Th. de Davilé, 1889 et de Moity', 1892). De ce nombre est le cas dont ils rapportent l'histoire, cas vu et suivi dans le service de M. Vaquez. « C’est une arythmie-pure, sans souffles, non accompagnée de sensations subjectives, non compliquée d’insuffisance cardiaque » ; un examen très complet du cœur montre que dans le cas particulier, cette arythmie se

traduisait par : :

4° Des extra-systoles auriculo-ventriculaires, supranodales ;

2 Des contractions auriculaires isolées ; - 8° Des ondulations atypiques visibles seulement à l’électro-cardiogramme et rappelant la fibrillation auriculaire de l’arythmie perpétuelle.

Enfin, malgré l'intensité de l’arythmie, il n'y avait pas trace de paralysie auriculaire.

La malade guérit fort bien. Les mouvements choréi-

ques cessèrent les premiers. L’arythmie leur survécut

= Àf = néanmoins quelques semaines et finit par disparaitre sans laisser de traces.

IL s’agit done là d’une arythmie extra-systolique. Toute la question est de savoir si, même en présence d’un cas en apparence aussi pur que celui-ci, il est possible de parler de « chorée du cœur », de participation effective du cœur, en tant que muscle, aux mouvements désordonnés des autres muscles striés ; ou, en d’autres termes, si cette arÿthmie reconnaît comme cause unique

la chorée.

Wenckeback, étudiant les arythmies avec extra-sys-

toles, les divise en 4 groupes, justiciables de 4 causes : 4° augmentationde l’excitabilité cardiaque ; 2° influences toxiques et réflexes ; 3° troubles de cireulation ; 4° cardiopathies. Le professeur Nobécourt, dans ses leçons sur les Cardiopathies de l'enfance, dit que l'excitabilité naturelle du système nerveux des enfants explique pourquoi les extra-sysioles du premier groupe sont chez eux les plus habituelles. e

Ce sont des arythmies passagères et facilement provoquées par les causes les plus futiles : émotion, surprise, rêve, réveil brusque. Certains prédisposés ont des crises d’extra-systoles à l’occasion du'travail intellectuel (Hoffmann), et ces crises durent quelquefois assez longtemps. Il eût été intéressant de savoir si la malade dont parlent MM. Aubertin et Parvu appartenail à cette catégorie de prédisposés, auquel cas la chorée n'aurait plus que la valeur d’une cause occasionnelle,

Quant aux trois autres catégories dont parle Wenckeback, il nous semble difficile d'y classer ce cas parti

culier. Le 4° groupe comprend les cardiopathies, il n’en peut donc être question. Les 2° et 3° invoquent comme causes des influences toxiques et réflexes ou des troubles de circulation, Nous ne comprenons pas comment il se fait que les extra-systoles aient persisté pendant plusieurs semaines seules, après la guérison de la chorée. A moins d'admettre, ce qui est un peu spécieux, que l'influence toxique ou réflexe, ou le trouble de circulation aient continué leur action exclüsivement, et pendant aussi longtemps dans le domaine de l’innervation du cœur. ;

Quoi qu'il en soit, de tels cas constituent une véritable rarcté. Nous ne croyons pas qu'il ait été publié d’autres observations semblables depuis cette époque. Ceci explique pourquoi nombre de médecins d'enfants, et non des moindres, affirment n’en avoir jamais renconiré.

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