‹ Les Cardiopathies au cours de la Chorée de SydenhamChapitre 14 sur 20 · NEUTRE · texte numérisé non relu

NEUTRE

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Puis apparaît une péricardite avec épanchement et une pleurésie séro-fibrineuse gauche, puis droite.

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L'état s'améliore cependant. Six semaines après, / ne subsiste

plus que des signes d'insuffisance mitrale.

L'anatomie pathologique des endocardites simples de la chorée n'offre aucune particularité due à la présence de la maladie de Sydenham. Les aulopsies sont d'ailleurs rares, car il est exceptionnel qu’elles soient mortelles à brève échéance. On trouve, dans les quelques cas où ces autopsies ont pu être pratiquées, des lésions qui ne diffèrent en rien de celles que produit l’endocardite rhumatismale. Là encore, il s’agit d'une vive inflammation des valvules, l'endocarde pariétal étant la plupart du temps intéressé pour son propre compte. Suivant l'intensité du processus infectieux, les altérations anatomiques sont de degrés divers. S'il s’agit d'une endocardite très légère, on peut trouver simplement des lésions exsudatives. Des formes plus sévères donnent des lésions à a fois exsudatives et prolifératives. Les bords libres des valvules sont tuméfiés, épaissis et parcourus par de nombreux capillaires de néoformation, atteints d’endartérite. Notons en passant qu'à l’état normal, ces capillaires sont extrêmement rares. Les cellules plates, qui forment la première couche de l’endocarde, ont proliféré et créé en s’agglomérant de nombreuses granulations, transparentes au début, plus opaques ensuite, et qui donnent à l’endocarde un aspect dépoli et chagriné. Ces granulations sont formées

de tissu embryonnaire recouvert d’une couche mince de

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fibrine. Elles se localisent près du bord libre des valvules. Certaines peuvent atteindre le volume d’une lentille. Elles recouvrent parfois d'assez grandes surfaces de l’endocarde pariétal. Si, dans un stade plus avancé, elles subissent la dégénérescence granulo-grais- seuse, elles peuvent disparaître et ce sera la guérison, Si au contraire elles s'organisent, si le tissu fibreux les envahit, elles serviront de point de départ aux insuffi-

sances et aux rétrécissements.

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Les formes que nous venons de décrire sont celles de l’endocardite choréique proprement dites, celles dans lesquelles la cardiopathie reconnaît bien pour cause première la chorée, seule ou associée. Mais il en est une autre, infiniment plus grave, plus redoutable, forme maligne qui se termine généralement par la mort. Elle survient presque toujours dans des chorées intenses ; c'est une endocardite ulcéreuse et végétante. On a voulu lui donner le nom d’endocardite tardive, nombre d'observations montrent cependant qu'elle peut apparaître dès les premiers jours de la maladie. Il serait plus exact de lui donner le nom d’endocardite secondaire. Elle survient au cours d’une chorée, mais son origine véritable est liée à une infection secondaire surajoutée, infection dans laquelle le processus choréique n'est qu'une cause occasionnelle. Et cette infection secondaire peut naître de points de départ divers :

excorialions cutanées (fréquentes chez les choréiques)

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phlegmons, amygdalite, complications pulmonaires (pneumonie ou broncho-pneumonie). Orzechowski (1) cite à ce sujet l'observation d’une fillette de 6 ans, entrée à l'hôpital pour chorée intense ; une amygdalite survient, compliquée d’adénopathie cervicale. Le malade. meurt au 8° jour et on trouve à l’autopsie la valvule mitrale couverte de grosses végétations dans lesquelles l'examen bactériologique montre la présence du streptocoque. Rachmaninow insistait alors sur ce fait que les nombreuses autopsies de sujets morts de chorée intense révèlent presque toujours une endocerdite ulcéreuse et végétante (Fuller, 1862 ; Ogle, 1868 ; Kelly, 1872 ; Thompson, 1873) ; alors mème que l’auscultation n'aurait rien montré pendant la vie. Basset (2) rappelle à ce sujet les expériences anciennes de Potain sur la production des souffles cardiaques. Il est établi que la principale condition à la naissance de ces souffles est le plus ou moins de consistance apporté par l'obstacle pathologique à la circulation du sang au travers des orifices du cœur. Or, les grosses végétations infectieuses sont souvent mollassés, quelquefois relativement flottantes et réalisent les conditions les plus défectueuses pour la création des souffles. Enfin, rappelons qu'il est des cas où ces végétations molles siègent surtout sur l’'endocarde pariétal, et où les valvules elles-mêmes sont assez peu endommagées,

À. Orzechowski. Archives de med. des enf., janvier 1909. 9, J. Basset. Contribution à l'étude clinique des endocardites latentes (Th, Paris, 1921).

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M. Comby, sur 560 cas de chorée, a vu 6 fois une mort presque subite, et a trouvé chaque fois des lésions d'endocardite ulcéreuse et végétante (1,07°/,), C'est qu'en effet le propre de ces endocardites est de créer des embo- Jies. « Le plus souvent, l’'endocardite passe inaperçue, et c'est une complication qui la révèle : hémorragie cérébrale, ou ramollissement cérébral par embolie (Nobécourt) ». Il en était ainsi, dans l'observation publiée en 1879 par Buchanan-Baxter : une petite fille de 8 ans, au cours d’une seconde atteinte de chorée peu intense, -tombe subitement dans le coma, avec rigidité des membres droits en extension, vingt-quatre heures après, elle meurt. L'aulopsie montre une endocardite ulcéreuse et végétante de la mitrale, et une hémorragie cérébrale abondante de l'hémisphère gauche. #

« Ces endocardites infectieuses, dit M. Hutinel, sont caractérisées anatomiquement par la production de végélations volumineuses qui, en s’effritant deviennent l’origine d’embolies diverses, et d’uleérations pouvant désinsérer un fragment de valvule, perforer la cloison interventriculaire, ou produire un anévrisme aigu du cœur — cliniquement, par la variabilité des symptômes, la gravité des phénomènes généraux : fièvre élevée, abattement ou délire, hépato et spléno-mégalie, inten-

sité de la chorée, terminaison fatale fréquente. »

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