‹ Les Cardiopathies au cours de la Chorée de SydenhamChapitre 15 sur 20 · TE · texte numérisé non relu

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Péricardites et He tous

La péricardite isolée, au cours de la chorée, est peu fréquente ; dans Ia plupart des cas, lorsque le péricarde est intéressé, c’est au cours d’une endocardite évoluant déjà depuis un certain temps. Cependant il n’est pas tout à fait exceptionnel de voir la péricardite apparaître d'abord, bientôt suivie d’ endocardite. Cette endo- -péricardite elle-même n'est point habituelle. Roger dit l'avoir rencontrée dans 33 -/, des cardiopathies. Ollivier abaisse ce chiffre à 8 °/,. Sur 27 cardiopathies choréiques nous ne l'avons trouvée qu'une fois, soit 3,70 °/,. Ajoutons que. nous n'avons pas rencontré la péricardite seule.

Dans la ehorée, l'atteinte du péricarde est généralemeni légère, bénigne. Il s’agit d’une péricardite sèche, de forme occulte bien souvent. L'enfant accuse rarement une douleur spontanée dans la région précordiale, D'autres fois il est possible de provoquer l'apparition de cette douleur en exerçant une pression plus ou moins profonde sur le trajet du nerf phrénique gauche, aux points où il est possible de l’atteindre : au-dessus de la clavicule entre les deux chefs du sterna-cléido-mastoïdien, dans les espaces intercostaux le long du bord gauche du sternum, dans l'angle costo-xyphoïdien. Une percussion fréquente montre une légère tendance à l'augmentation de la matité précordiale. L'auscultation révèle quelques frottements discrets au niveau de la base du cœur, frottements doux comparables au froiss

Vidal ÿ

= Cê sement d'une feuille de papier. Il n’y a ni signes subjectifs, ni troubles fonctionnels nouveaux. Cette péricardite légère est extrémément passagère et disparait assez

rapidement. L'observation suivante en est un exemple :

Oss. X. (Nosécourr) (résumée). — Garçon de 7 ans, entré à l'hôpital le 7 mai 1909 pour chorée datant de 3 mois.

A l'entrée, l’auscultation montre un souffle systolique d’in+ suffisance mitrale. On note en même temps quelques frottements péricardiques à la base. | a

Le 19 mai, c'est-à-dire douze jours après, les frottements ont

disparu. Le souffle mitral persiste.

Mais il est néanmoins des cas où l'atteinte du péricarde est plus sérieuse, il ne s’agit plus alors de péricardite sèche ; les frottements constatés au début s’atténuent, puis disparaissent car un épanchement liquide esi venu séparer les deux feuillets du péricarde. Le diagnostic de cet épanchement liquide est souvent très délicat. S'il n’est pas très abondant, les symptômes fonctionnels sont nuls, et seuls les grands épanchements donnent de la dyspnée {allant parfois jusqu’à l'orthopnée), de l’œdème ou de la cyanose du visage, de la voussure de la région précordiale, un abaissement du diaphragme, Mais un signe physique constant est important, c'est l'augmentation de l'aire de matité du cœur, êt les caractères spéciaux qu’elle présente : « Elle se fait dañs tous les sens à la fois, dans le sens transversal et dans le sens vertical : (Nobécourt) ». Le dia- . gnostic différentiel d'avec les grandes hypertrophies du cœur ést facilité par les symptômes suivañts, particu< |

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liers aux épanchements du péricarde : affaiblissement et déplacement du choc précordial vers le 3° espace — affaiblissement des bruits du .cœur — situation anormale de la pointe, qui bat au-dessus et en dedans de l’angle gauche de la matité, et où on trouve le maximum du premier bruit. Enfin, il est indiqué de rechercher le réflexe d’Abrahms : après excitation de la paroi au devant du cœur, la contraction réflexe de celui-ci diminue l'aire de matité s’il n’y à pas d'épanchement cette aire de matité reste fixe au cas contraire.

Oss. XI (Caner de Gassicourr) (résumée). — Garçon de 11 ans, entré à l'hôpital pour une seconde attaque de chorée.

À 9 ans, première attaque ayant duré six mois.

Cette seconde altaque, deux ans plus tard, est intense.

A l'entrée, l’auscultation montre un enrouement du premier bruit à la pointe. Quinze jours plus tard, au milieu de phénomènes choréïques intenses, apparition d’une péricardite avec épanchement. Celui-ci se résorbe, des frottements lui succèdent, L'épanchement réapparaît. La péricardite dure une vingtaine de

Jours. Pendant lesquels se sont installés un souffle d’insuffisance

mitrale, et aussitôt après celui-ci, un souffle d'insuffisance aor-

tique. En même temps une pleurésie séro-fibrineuse gauche est encore venu compliquer le fableau, ainsi qu'il est fréquent dans les péricardites avec épanchement,.

Vers le 54° jour, la chorée disparaît. L'enfant conserve une

double insuffisance mitrale et aortique,

C'est ën effet cette association de l’endocardite et de la péricardite qui créé les formes sévères de la cardiopathie choréique. 1l arrivé même que ces formes soient

encore plus complexes, et que la totalité du cœur soit atteinte. Ce sont alors de véritables pancardites : des endo-myo-péricardites. Elles aboutissent à des cardiopathies subaiguës d’un pronostic navrant.

Signalons enfin que la péricardite choréique a pu quelquefois, à titre tout à fait exceptionnel, prendre le type de la péricardite hémoïragique.

Oss. XII (Durré et Ganus) (résumée). — Garçon de 18 ans, entré à l’hôpitalen 1904 pour des accidents de nature imprécise: A l'entrée: céphalée, stupeur, douleurs articulaires vagues, fièvre légère. Cinq jours après, chute de la température, amélioration des douleurs et de l'état général. État mental singulier : indifférence, inattention, incohérence dans les propos. Deux jours plus tard : apparition des signes physiques et fonctionnels d'une péricardite sèche. Accentuation des signes psychiques et appañit'on à la face de mouvements choréiques. | Les jours suivants, extension de la chorée aux membres. — Chorée intense. Signes persistants de péricardite sèche. — Mort cinq jours après le début de la chorée, quinze jours après l’en-. trée à l'hôpital. ere Autopsie, — Péricardite adhésive et hémorragique avec faus-

s2s membranes épaisses. Endocardite mitrale et aortique.

Sans doute doit-on conclure de cette observation que: dans ce cas particulier la péricardite tirait très probablement son origine du rhumatisme. Celui-ci partage en: e:fet avec la tuberculose, la pneumonie, la scarlatine etc. le triste privilège de produire ces épanchements hémorragiques du péricarde. Nous ne Croÿons pas que la chorée seule en ait jamais été trouvée responsäble.

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