‹ Les Cardiopathies au cours de la Chorée de SydenhamChapitre 9 sur 20 · MOD A · texte numérisé non relu

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Quand apparaissent les cardiopathies, à quel moment de la chorée surviennent-elles ? Ollivier pensait qu’elles peuvent se développer chronologiquement de trois manières différentes : tantôt la maladie du cœur précède la chorée ; tantôt elle se déclare dans le cours de celle-ci ; queiques fois enfin, les phénomènes cardiaques apparaissent après la chorée. Henri Roger, étudiant spécialement 58 observations de chorée rhumatismale compliquée d’endocardite avait trouvé les groupements les plus divers. Il résumait ainsi les combinaisons renconirées :

Rhumatisme, cœur, chorée;

Rhumatisme, chorée, cœur ;

Chorée, rhumatisme, cœur ;

Chorée, rhumatisme, chorée-cœur.

Pour monirer à quel point la succession des phénomènes pathologiques peut être compliquée, citons une observation rapportée par Cadet de Gassicourt dans son Traité clinique des maladies de l'Enfance (T. II, 1882, p- 230-231) : un enfant de 11 ans entre une première fois dans son service en novembre 1877 pour chorée datant de six mois, intense et généralisée. A l'entrée, on trouve un souffle systolique de la pointe propagé vers l'aisselle. Il reste neuf mois à l'hôpital et sort guéri, sans hypertrophie notable du cœur, mais porteur d’une lésion mitrale. Trois ans après il revient pour rhumatisme articulaire aigu ; on ne trouve aucune modification du côté du cœur. En neuf jours, le rhumatisme disparait. L'enfant sort. Dix jours après, la chorée fait sa réapparition. En trente-six heures, elle cède la place

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à une douleur articulaire du poignet gauche avec rougeur et gonflement. Celle-ci, à son tour, s’atténue. Mais alors, quatre jours plus tard, la chorée se montre de nouveau. Enfin chorée et rhumatisme guérissent. Le cœur a par bonheur échappé à toute nouvelle atteinte. De tels exemples montrent combien il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’assigner aux accidents choréiques une chronologie exacte. M. Hutinel dit simplement: « Elles (les cardiopathies) peuvent précéder la chorée, Mais le plus souvent elles ne surviennent que lorsque celle-ci évolue depuis un certain temps déjà. » M. Nobécourt ajoute : « Néanmoins il est fréquent de les voir apparaître d’une facon précoce, dès les premiers

jours de la maladie. »

Les accidents cardiaques que l’on peut observer au cours de la chorée sont de deux ordres, et relèvent, soit de troubles fonctionnels, soit de lésions organiques. Ces dernières sont de beaucoup les plus fréquentes puisque, comme nous l'avons vu tout à l’heure, elles surviennent dans près de la moitié des cas. M. Hutinel les repartit d’après le tableau que voici :

Insuffisance mitrale seule, . + + . . 8 sur 40 cas de chorée 8oit 20 7 Insuffisance et rétrécissement mitral. . 4 — 10°/, Insuffisance mitrale + insuffisance aorti-

CR EC CR: Go — — 5 °/0 Insuffisance mitrale + péricardite, . . 2 — — 5/0

Insuffisance aortique seule , 4 . , , 1 — 2,5 ©.

Notre statistique personnelle nous a donné les chiffres suivants (1) : Endocardite mitrale seule. , . . . 23 sur 55 cas de chorée, soit 41,8 GE Endocardite mitrale + endocardite

aortique , VU eo Rite res 7e 3 ps Cl 5,4 °J Endocardite mitrale + péricardite , 1 — — 1,8 °/a

Si nous rapportons ces chiffres au nombre total des cardiopathies, qui était de 27, nous obtiendrons les

pourcentages suivants :

Endocardite mitrale seule. , , ,. . 23 sur 27 cardiopathies, soit 85,1 0}, Endocardite mitrale + endocardite |

ACTE ER EN RE ue 41,1 °J6 Endocardite mitrale + péricardite , 1 3,17 ls

Quant aux troubles fonctionnels, ils se présentent sous la forme de souffles anorganiques et d’arythmies d’ordres divers, *

Nous étudierons donc successivement :

1° Les troubles fonctionnels ;

2° Les lésions organiques.

4, Nous n'avons rencontré isolémenfé ni l’endocardite aortique, ni la

péricardite, et nous n’avons pas trouvé de rétrécissement mitral.

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