‹ Les caressesChapitre 24 sur 85 · RONDEAUX MIGNONS · texte numérisé non relu

RONDEAUX MIGNONS

La rosée S'envole et remonte aux cieux Quand le soleil radieux

L'a baisée.

Ainsi des pleurs de mes yeux S'évapore, quand tu veux,

La rosée.

Rossignol, Ton doux chant sous la ramée Semble la voix enrhumée

De Guignol, Lorsque de ma bien aimée Chante la voix parfumée,

Rossignol.

L'hirondelle S'en revient quand le printemps A chassé les noirs autans

A coups d"aiie.

Ainsi les ris éclatants Ramènent de mes vingt ans

L'hirondelle.

Mes amours Sont comme un vin qui détone Et fait craquer de l'automne

Le velours.

Et je chante, et je festonne, Et je ris, lorsque j'entonne

Mes amours.

Pourquoi donc t'habiller si matin, ma chérie? Pourquoi me dérober si tôt la chair fleurie ? Non, ne mets pas encor tes seins au cachot noir De ton corsage; garde un peu ce long peignoir Qui moule ton beau corps tout nu sous la dentelle, Et dont la manche large a comme un frisson d'aile. Nous irons au jardin boire un coup de printemps, Mouiller dans les gazons ta traîne aux plis flottants, Voir les fruits que je mords elles fleurs que tu cueilles, Nous rafraîchir les yeux dans les yeux vert des feuilles,

Et respirer l'aurore ainsi que deux oiseaux. Viens, tes frisons de soie, en dépit des réseaux, S'envoleront au souffle amoureux de la brise; Tu verras au travers, dans l'aube qui s'irise, Blonds et fins, les crêpons d'un nuage vermeil. Et tes cheveux seront avec ceux du soleil.

LKS CARESSES

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