‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 23 sur 101 · A VÉNUS DE MILO · texte numérisé non relu

A VÉNUS DE MILO

Vénus de Milo, vieux bloc au flanc nerveux, Vous dont le front correct sous vos rudes cheveux Louche ses grands yeux grecs sans tourner la paupière, Rêve aux plis arrêtés, grand poème de pierre.

Lyrisme de débauche avec art compensé, Vous qui depuis mille ans avez toujours pensé, Je brûle sagement pour la longue harmonie De vos seins contournés en rhythme d'Ionie.

Et vous savez si bien ces amours éperdus Que si vous retrouviez un jour vos bras perdus Et qu'à vos pieds brisés tombât vôtre tunique, Nos froideurs pâmeraient dans un combat unique, Et vous m'étaleriez votre ventre indompté Pour y dormir un soir comme un amant sculpté !

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