A UN CISELEUR
rpu me demandais en un beau distique X Comment je comprends le divin sonnet.
Hélas I aujourd'hui, qui de nous connaît Ce lys entr*ouvert, cette fleur mystique ? '
Cest plus qu'un doux chant : c'est une musique. C'est un rayon rose, un parfum qui naît, Un autel à qui Pétrarque donnait L'ambre italien et le marbre attique.
C'est le reflet d'or dans la goutte d'eau, Le trait que jadis l'enfant Cupido Tirait du carquois jeté sur ses ailes.
Cest le ford léger des belles de cour, Et c'est l'or aussi, lorsque tu cisèles Un portrait chéri dans un nœud d'amour.
A NIOBÉ N
jeune Florentine à la prunelle ardente, Qui, sœur de Béatrix, n'avez pas même un Dante , Vous sur qui notre maître eût jeté plus de iys Que sur sa Galatée ou son Amaryllis,
Vous qui d un blond sourire éclairez loutes choses
Et dont les pieds polis sont pleins de reflets roses,
Hier vous étiez belle, en quittant votre bain,
A tenter les pinceaux de Raphaël d'Urbin.
colombe des soirs! moi qui vous trouve telle
Que je voudrais vous foire une forme immortelle,
Si j'étais Raphaël ou Dante Alighieri
Je mettrais Tauréole à votre front chéri ,
Et ces blonds chéntbins que leur main seule donne
Deviendraient votre cour, ô ma blanche madone !
Si Virgile, ô divaî m'instruisait à ses jeux, Je vous emporterais sur l'Olympe neigeux Afin d'y voir danser, aux rayons de la lune.
Près de la Vénus blonde une autre Vénus brune. Et d'encadrer ainsi dans le même tableau 1^ forme et la couleur, Apelle et Murillo !
Hélas! pour les trésors dont vous me rendez ivre. Je ne puis vous donner qu'un feuillet de ce livre.