CONFESSION
LES jours, ami , sont révolus.
Le soleil d'autrefois n'a plus Autant de flamme ; Même on a changé le décor.
Ecoute-moi , parlons encor De cette femme.
Au temps où , malade et rêvant , Tu me racontas si souvent
Tes catastrophes , (Ton pauvre cœur en étouffait l) Le croirais-tu bien , j*en ai fait,
Chez moi , des strophes !
C'est pourtant vrai, frère, je vends Tes pauvres oiseaux tout vivants ;
Il faut en rire.
Ton roman si vrai m'a séduit.
Voilà pourtant où nous conduit
Le goût d'écrire.
Comme si je t'eusse épié , Dans mon poème copié
Sur la nature , ( Ami ne me querelle point 1 ) Tu trouveras de point en point
Ton aventure»
Malgré notre diverse humeur, Comme moi , n'est-tu pas rimeur?
Donc, ami Charles, Pour nous il est bien entendu Que , dans cet ouvrage éperdu ,
C'est toi qui parles.
Que veux-tu ? J'ai suivi le flot.
Hélàs ! j'ai rimé ton sanglot,
(Qu'il eut de charmes I ) Tout comme un auteur de grand ton Qui rafraîchit son feuilleton
Avec ses larmes.
*^ LIVRE PREMIEB
J'ai cloué là ta passion.
De la sorte, Témotion
N'est pas petite.
De cette façon là du moins , En public et devant témoins La chair palpite.
J'ai lu mes vers dans un salon Avec la morgue d'Apollon
La plus exquise, Et comme un vrai carilfbnneur.
Au fait , je me suis fait honneur
De ta marquise.
Mais, toi qui connais bien mes lois, Tu sais le petit nez gaulois
Qu'enfin j'adore.
S'il lui faut ses quatre repas , Ces belles pèches ne sont pas
Pour Théodore.
Pour les cueillir en si hBut lieu , J'ai les façons d'un Richelieu
De l'amourette Qui ne sent pas assez l'amant, Et fume trop nonchalamment
Sa cigarette.
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