‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 4 sur 101 · CONFESSION · texte numérisé non relu

CONFESSION

LES jours, ami , sont révolus.

Le soleil d'autrefois n'a plus Autant de flamme ; Même on a changé le décor.

Ecoute-moi , parlons encor De cette femme.

Au temps où , malade et rêvant , Tu me racontas si souvent

Tes catastrophes , (Ton pauvre cœur en étouffait l) Le croirais-tu bien , j*en ai fait,

Chez moi , des strophes !

C'est pourtant vrai, frère, je vends Tes pauvres oiseaux tout vivants ;

Il faut en rire.

Ton roman si vrai m'a séduit.

Voilà pourtant où nous conduit

Le goût d'écrire.

Comme si je t'eusse épié , Dans mon poème copié

Sur la nature , ( Ami ne me querelle point 1 ) Tu trouveras de point en point

Ton aventure»

Malgré notre diverse humeur, Comme moi , n'est-tu pas rimeur?

Donc, ami Charles, Pour nous il est bien entendu Que , dans cet ouvrage éperdu ,

C'est toi qui parles.

Que veux-tu ? J'ai suivi le flot.

Hélàs ! j'ai rimé ton sanglot,

(Qu'il eut de charmes I ) Tout comme un auteur de grand ton Qui rafraîchit son feuilleton

Avec ses larmes.

*^ LIVRE PREMIEB

J'ai cloué là ta passion.

De la sorte, Témotion

N'est pas petite.

De cette façon là du moins , En public et devant témoins La chair palpite.

J'ai lu mes vers dans un salon Avec la morgue d'Apollon

La plus exquise, Et comme un vrai carilfbnneur.

Au fait , je me suis fait honneur

De ta marquise.

Mais, toi qui connais bien mes lois, Tu sais le petit nez gaulois

Qu'enfin j'adore.

S'il lui faut ses quatre repas , Ces belles pèches ne sont pas

Pour Théodore.

Pour les cueillir en si hBut lieu , J'ai les façons d'un Richelieu

De l'amourette Qui ne sent pas assez l'amant, Et fume trop nonchalamment

Sa cigarette.

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