‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 50 sur 101 · A SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

A SAINTE-BEUVE

4 la port« d'un beau château ilLsâti pendant la Renaissance , Une dame au. riche manteau, Les cheveux baignés d'une essenc4^ Divine , rit au vert coteau. -

Elle a Toeil superbe et moqueur ; Ses sourcils noirs aux courbes jointes Enivrent comme une liqueur, Et des rayons baisent les pointes l'^olâtres de sa bouche en cœur.

I^lle montre l'un de ses seins Nu. Plus souple qu'une liane, .

-Cette nymphe , heureuse aux larcins , A pris les armes de Diane Qui lui servent pour ses desseins.

Son arc est d'un boiâ lisse et dur, Et ses flèches bien aiguisées.

Cachant leurs pointes d'acier pur Sous la dorure déguisées , Sonnent dans le carquois d'azur.

Quand sa tresse inonde son cou , (Bien que cette amante farouche Vous plante là pour un bijou,) Pour les morsures de sa bouche On se résigne à mourir fou.

tlO LIVRE €IFIQUliME

Cette chasseresse d'Amours

Dont il faut , même au prix d'un crime ,

Idolâtrer les fiers atours

Et les belles mains , c'est la Rime ,

Délice et tourment de nos jours.

Quel bonheur d'orner ses appas De joyaux ! Au bois qu'Avril dore , Quel bonheur de baiser ses pasl Quand on Ta connue , on l'adore Pour jamais , et jusqu'au trépas.

Oh ! pour moi , rien n'éclipsera Sa lèvre indignée et rieuse !

Sa voix seule me bercera Et mon sang tout entier sera Bu par cçtte victorieuse.

Car s'il faut la fuir, quel tourment !

Loin de son regard comme on jeûne 1 Ce qviè vaut ce clair diamant Tu le sais bien , toi qui, tout jeune, As été son plus cher amant!

Page 1