‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 54 sur 101 · A MÉRY · texte numérisé non relu

A MÉRY

I^LUS vite que les autans , Saqui , l'immortelle , au temps De sa royauté naissante , Tourbillonnait d'un' pied sûr, A raille pieds en Tair, sur Une corde frémissante.

Et l'on craignait que d'un bond Parfois son vol vagabond Décrochât , par aventure , Parmi les cieux étoiles, Les astres échevelés Fouettés par sa chevelure.

En haut vers elle parfois, Comme de tremblantes voix.

Montaient les cris de la foule Qu'elle' voyait du cielclair Confuse comme une mer Où passe l'ardente houle.

Et , soit qu'en faisant un pas Elle regardât en bas

9M LIVRE GINQUlàMe

Ou vers les célestes cimes, Alix deux que cherchait son vol , Comme à ses piods sur le sol , Elle voyait deux abtmes.

Dans les nuages vermeils , Au beau milieu des soleils Qu'elle touchait de ta tête .

Et parmi Téther bravé, Elle songeait au pavé.

Tel est le sort du poète.

11 trône dans la vapeur.

Beau métier, s*il n'avait peur De tomber sur quelque dalle Parmi les badauts sereins , Et de s'y casser les reins Comme le fils de Dédale.

Dans Tazur aérien Qui le sollicite, ou bien Sur la terre nue et froide Qu'il aperçoit par lambeau , Il voit partout son tombeau Du haut de la corde roide ,

Et , sylphe au ventre changeant , Couvert d'écaillés d'argent , Il se penche vers la place Du haut des cieux irisés. Pour envoyer dès baisers A la vile populace.

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