‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 68 sur 101 · ERIS · texte numérisé non relu

ERIS

Ainsi que les magiciennes Composent d'amères liqueurs En poussant des clameurs obscènes, Ainsi j'ai des poisons vainqueurs Qui, sous cette main qui les mêle, Coulent de ma rude mamelle, Pleins de ma haine, ardents comme elle.

Âh ! je brftve les dieux moqueurs Quand je vois, malgré leurs outrages.

S'amasser de jalouses rages, . 'Et que j'ai longtemps dans les coeurs Epanché mon cœur plein d'orages !

LE CHOEUR

Muses, chantez en chœur les dieux et les héros 1 Le jeune Dionyse avec le jeune Eros

La joie avec l'amour s'allie, Thétis aux cheveux verts est épouse, et les dieux Ont quitté sans regrets l'Olympe radieux

Pour les grands monts de Thessalie 1

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Léâ trois déesses, précédées par' Mercure, traversent les airs dans des chars rayonnants.

LE CHOEUR, sur la terre.

Quelle clarté nouvelle illumine les cieux Et force les enfants à baisser la paupière? Des feux épanouis éblouissent nos yeux.

Jupiter est-il las de nos temples de pierre, Et fait-il pour ses fils un temple de soleil ? Les grands dieux ontrils vu briller à leur réveil Un astre né d'hier qui veut trouver sa rouie, Et qu'il faudra nommer de quelque nouveau nom Près des astres épars dans Tétemelle voûte ?

Est-ce un sanglant prodige ? ou la belle Junon A-t-elle fait encore, en secouant ses voiles, D'uiie goutte de lait un chœur dansant d'étoiles?

MERCURE

Déesses ! pressez vos coursiers !

U ne faut pas que vous laissiez .

La nuit arriver la première.

Laissez fuir vos chars de lumière !

Si le plaisir a peu d'instants, Les heures comptent les tristesses.

Pressez vos coursiers, ô déesses \ Les Heures ont courbé le Temps, lidissez fuir vos chars éclatants!

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