CHOEUR DES FEMMES
Jadis, comme aujourd'hui, les cieux que nous voyons Scintillèrent, brillants de pourpre et de rayons, Et montrèrent aux yeux des splendeurs inconnues. Les hommes étonnés se demandaient entre eux
Si la foudre aux cent voix se forgeait dans les nues,
Ou si, débits après des combats désastreux,
D'autres Titans mouraient dans le3 flammes célestes.
Ce fut le jour, ô jour à jamais abhorré!
Où succombant, hélas ! à des conseils funestes,
La mère de Liber, sur son .lit vénéré
Duqyel, avant le jour, on avait vu descendre
Un dieu tout rayonnant, tomba réduite en cendre.
PALLAS
Volez, ô mes coursiers sans frein, Habitués au bruit des boucliers d'airain.
Vous qui, lorsque la Guerre éblouissait, confuse. Ecrasiez sous vos pieds les artisans de ruse !
Brillez comme autrefois, armes que je suspends
A mon égide, et toi. Méduse, Pour me faire plus belle emplis d'éclairs rampants
Tes cheveux qui sont des serpents !
LE CHOEUR
Phébus a-t-il encore à quelque téméraire Confié pour un jour son char d'or et d'onyx?
Ârtril promis d'avance et juré par le Styx ?
D'autres nymphes en pleurs par un chant funéraire Vont-elles consoler une a\itre ombre, et va-ton Voir tomber dans les flots un nouveau Phaëton ? ^Pour une autre rivale aimante et préférée, La déesse d'Argos, comme pour Sémélé, A-t-elle empli d)B haine une feinte dorée ; Et Jupiter, du haut, de son nuage ailé,
Vient-il chercher encor parmi nos jeunes femmes
Une amante au grand cœur qui mourra dans les flammes?
MERCURr.
Déesses , pressez vos coursiers !
Plus vite que les blancs ramiers Et que notre rose courrière, Laissez fuir vos chars de lumière I Ainsi que vos cœura palpitants Battent, redoublés de vitesses; Pressez vos coursiers, ô déesses !
Avec l'Eûrus et les autans Laissez fuir vos chars éclatants !