LA POÉSIE
Oui, tous les arts humains, toutes les poésies
Qui savent nous charmer ,
En mêlant la sagesse aux vives fantaisies , Le peuvent réclamer.
Il sut épanouir les brillantes peintures
Filles d'un ciel serein, Et couler d'un seul jet d'immortelles figures
Dans un moule d'airain.
Sous les grands plafonds d'or il nous montre les rage»
Des amours mensongersi Et nous fait voir après dans de frais paysages
L'idylle des bergers.
Mes sœurs , puisqu'il connut toutes les douleurs sombres
Et tout l'espoir vermeil, Et que sur sa palette il eut toutes les ombres
Avec tout le soleil,
Ne nous disputons pas sur le masque et la lyre,
Et que toutes nos fleurs Parent son monument : il eut le don du rire
Avec le don des pleurs I
Mais, reines du théâtre, ô troupe familière,
Laissons parler celui En qui, fils adoré des veillés de IVlolière ,
Tout son génie a lui,
Alceste, ce sauvage à la fois rude et tendre,
Qui, les yeux, éblouis Des seules vérités , les a fait même entendre
Au siècle de Louis ! *
LfVltE SIXIÈME 395
Un jardin. — Les comédiens , sous les costumes des personnages des comédies de Molière, sont groupés autour de son buste. Un comédien, représentant Alceste, s'avance, et récite les strophes suivantes