‹ Les carnets de Georges LouisChapitre 12 sur 35 · Entre crochets carrés dans le texte · texte numérisé non relu

Entre crochets carrés dans le texte

erreurs dans les questions financières, malgré mes incessantes recommandations. »

Judet, Las Cases inclinent à croire que le ministère durera peut-être jusqu'aux élections.

Neymàiik. La guerre.

La guerre de 1870 a coûté i 5 milliards, c’est-à dire l’équivalent d’une annuité de 45 o millions à 3 % que nous payons toujours.

Ribot. 26 janvier" 1914.

I heard through Paléologue et Paul Cambon that follows. Le roi des Belges ayant été récemment à Berlin (pour le mariage de ?), le Kaiser lui a dit : « Je désire que la paix puisse être maintenue, et je continuerai à y travailler ; mais c’est une tâche de plus en plus difficile. La situation est bien mauvaise. Causez-en avec mon chef d’étatmaj or. Il vous en dira davantage. » « Oui, a dit le chef d’état-major, la situation est mauvaise. La guerre de 1870 nous a valu quarante ans de paix. Mais ceque nous avons aujourd’hui, ce n’est pas la paix. L’incertitude est générale. C’est intolérable. On sent qu’une nouvelle guerre victorieuse est nécessaire pour nous assurer Ja sécurité et une vraie paix. Nous sommes prêts, et nous ferons la guerre plutôt que de supporte^ plus longtemps la situation qui nous est faite. »

Le roi Albert fît immédiatement rapporter ces conversations à notre ambassadeur à Berlin par le jeune Beyens.

Sans doute, remarque Ribof, toutes ces confidences n’ont été faites au roi des Belges que pour nous être rapportées. Mais il faut tout de même en tenir compte. Si l’Empereur ne veut pas la guerre, il n’en est pas moins vrai que l’opinion publique allemande est agitée, inquiète, qu’on l’a montéeimprudemment, etqu’elle s’habitue à l’idée d’une nouvelle guerre. Le parti militaire est très fort, et la faveur que le Kronprinz rencontre auprès de lui préoccupe l’Empereur. Chez nous l’Empereur ne voulait pas la guerre, et cependant il l’a faite en 1870, poussé lui aussi parle parti dynastique. Il ne faut donc pas être trop optimiste.

Et nous avons bien des motifs de préoccupations! Il semble bien que notre ministère de la Guerre n’est pas prêt. Étienne s’est montré très inférieur à sa tâche. C’est un homme usé.

— Comment le Président a-t-il eu la faiblesse de lui confier le ministère de la Guerre P — Étienne a été un de ses électeurs au Congrès de Versailles. Ce titre là suffisait.

— Do you believe that Poincaré will remain in office? — Pendant la dernière crise ministérielle, he said to me that (que) whatever might happen he would not play the Casimir Périer ; et trois jours après he said on the contrary that he would retire si on l’empêchait de remplir ses fonctions. Il n’est pas assez courageux pour se mettre franchement en opposition vis-à-vis du parti radical

unifié. Le parti radical unifié, qui a pour chef CailLaux, gagne des voix. Briand en perd. Quant au troisième parti qui se forme actuellement, il est beaucoup moins nombreux que les deux autres ; c’est Thomson qui le mène.

La presse, les journalistes ; Calmette, Hébrard, Stéphane Lauzanne, Hédeman.

Commenta-t-il pu discipliner ainsi la presse et la maintenir unanime sous sa direction ? — Par les remises des grands établissements financiers sur les émissions. — Et Isvolsky? N’aurait-il pas consenti à laisser à Poincaré la distribution des fonds spéciaux que son gouvernement lui a alloués, fin 1912 ?

Son élection à Boulogne, puis scrutin de liste, puis S-Omer.

La question des crédits (pour la création des nouveaux ministères) soulevée par lui ébranla Gambetta. Il avait avec lui de très bons rapports, la connaissait depuis 1869. cette époque Gambetta disait : « Je ne voudrais pas diminuer d’un sous-ofïicier la force de l’armée française. » 11 savait combien l’armée allemande était forte.

Jacques Bardouxü! a dit à Ribot qu’il avait été prié par MilleranxL de venir chaque matin lui donner une leçon de politique étrangère !

Ribot a dit à Poincaré : « Si j’acceptais de former un cabinet, je ne pourrais donner la Guerre à Millerand. La Cham'bre lui est trop hostile. » Trois jours après Millerand venait lui faire visite

et lui disait : « J’ai vu avant-hier le Président... 1 )>

20 février 1914 2 .

Millerand ne s’est pas contenté de cette démarche. Madame Ribot me raconte qu’à la suite de ses discours contre Caillaux son mari a reçu une lettre de Millerand. Et quelle lettre ! [Elle dit ces mots du ton dont elle dirait : Et dans cette lettre que de compliments! que de flatteries 3 !] Et en outre j’ai reçu ces jours derniers la visite de Madame Doumer !

Évidemment, l’Élysée fait faire par ses amis le siège de Ribot. [Je suis d’accord avec Millerand, me disait Doumer il y a trois mois 4 .]

Boni [de Castellane]. 3 février 1914.

J’ai dit ce soir à Margerie qu’il devrait se défier de Berthelot. Celui-ci au fond lui est hostile, et le mine sous main, d’accord avec Clémenceau.

Mais Margerie ne veut pas le croire.

Croiriez-vous que Dumaine, depuis deux ans qu’il est à Vienne, n’a vu l’Archiduc héritier que tout récemment ? Et, s’il l’a enfin vu, j’y suis pour quelque chose.

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