‹ Les carnets de Georges LouisChapitre 14 sur 35 · LES CA R NET S · texte numérisé non relu

LES CA R NET S

Klegzkowski. La conférence de V. Bérard. — 7 juin 1914.

Lasteyrie y assistait. On a pensé, m’a t-il dit, que c’était une indisposition diplomatique qui vous avait empêché de présider la conférence. Bérard a été très baillant, mais il a un peu trop critiqué notre corps diplomatique actuel, où, suivant lui, il y aurait plus d’hommes d’affaires que de diplomates. Il a conté beaucoup d’anecdotes amusantes qu’un président diplomate n’aurait peut-être pas pu laisser passer sans faire quelques réserves.

Düpeyrat. 8 juin 1914.

Il y assistait. Première partie bonne ; deuxième remplie d’attaques contre notre corps diplomatique, etc.

Klegzkowski.

Après votre départ, hier, d’Eichthal est venu chez Madame Ribot. Il a dit que la deuxième partie ne pourrait pas être publiée telle quelle ; qu’il y avait des jugements plus que contestables: la loi de trois ans est venue de Casablanca ; attendons-nous à voir sortir du Congo une loi de quatre ans ; etc.

X[P]. Le nouveau. Ministère. — io juin 1914.

D’après mes renseignements, la lutte va entrer dans une phase décisive. On est certain que, dans la séance d’après-demain, les 100 socialistes unifiés, les 180 radicaux unifiés et les 20 socialistes indépendants feront bloc contre le cabinet Ribot. Si tous ne votent pas contre, il est sûr en tout cas qu’aucun député du Bloc ne votera pour le cabinet : ceux qui ne voteront pas contre s’abstiendront. O11 peut donc dire avec certitude que, si le ministère n’est pas mis en minorité, il ne triomphera qu’avec le concours des droites. Or deux des nouveaux ministres [Dessoye. et Dariac P? d ] se sont engagés par écrit à démissionner si le ministère n’a pas une majorité composée uniquement de membres de la gauche.

C’est donc avec une quasi certitude une nouvelle crise dans deux ou trois jours. Et alors il faudra bien que Poincaré s’en aille. S’il s’y refuse, ce qui est probable, il n’aura d’autre ressource que de former un cabinet de droite, et de dissoudre la Chambre. — Mais il faudrait le consentement du Sénat. L’aurait-il P

Géo Gérald. 10 juin 1914.

Même exposé en ce qui concerne le vote qui aura lieu à la fin de la séance d’après-demain. Interrogé au sujet de l’éventualité d’une dissolu-

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