Voir ci-dessus, p
d’honneur faite au Ministre, proposition qui ; pourra être réalisée quand toute cette affaire des Quais sera close.
Une fiche de proposition sera faite pour chacun des deux, frères, et sera soumise au Ministre.
L’affaire de la vente des Quais à la Banque Ottomane a été conclue en 1907 par la Direction commerciale (directeur Henry). La Banque Ottomane a consenti, sur l'insistance des Affaires étrangères représentées par moi (c’était avec M. Yernes que je traitais), à acheter 5oo francs, c’est à-dire au pair, les actions qui alors ne rapportaient qu’un pour cent.
Paléologue. —Il est exact qu’il a tenu au sujet de la loi de trois ans le langage que Paris-Midi a rapporté. Il l’a tenu d’abord à Sabatier, qui avait été au-devant de lui à la gare ; plus tard, n’ayant pu être reçu par Viviani auprès de qui il s’était rendu vers sept heures, il a été voir Briand, et lui a parlé dans le même sens. Il a été voir aussi Pichon, mais le lendemain, et la note avait déjà été donnée à Paris-Midi.
Il a essayé aussi de voir Poincaré ; mais celuici, « brave oui, mais pas téméraire », comme disait Gonstans, n’a pas voulu le recevoir. Il ne l’a vu qu’à la veille de son départ, quand l’incident se fut calmé. Et Paléologue partit, sans tambour cette fois.
Goût. Lyautey . — 16 juillet 19 14 -
C’est M. de Mun et M. d’Haussonville qui
ont eu l’idée de la candidature de Lyautey à l’Académie, et qui de là l’ont poussé à la Résidence générale du Maroc.
Paléologue avait essayé de faire accepter d’Amadeà la place de Lyautey par les académiciens. lia réuni dans ce but d’Amade, de Mun, d’Haussonville et [an blanc ] à un dîner chez lui ; mais de Mun a tenu bon pour Lyautey.
Comtesse J. de Montebello et iier brotiier.
A propos de l'impôt sur le revenu. — Juillet 1914.
Sprach Jacques de Broglie : « Toute ma fortune est en biens dotaux, et, d’après une clause de mon contrat, je n’ai pas le droit de l’enlever delà Banque de France Alors (!) je serai ruiné (!), sans pouvoir rien faire pour échappera la ruine. » Madame J. de Montebello. 0 On nous forcera à aller à l’étranger. On nous fait une existence si peu agréable qu’il ne faudrait pas beaucoup nous pousser pour nous décider à partir. Où P Rome par exemple. »
Boni de Castellane. Conflit austro-serbe. — 24 juillet 1914.
Que savez-vous de l’état actuel de la question ? J’étais informé, il y a quelque temps déjà, qu’elle grossissait, et j’avais averti le Président de la République. Et quelques jours après il m’a fait rappeler. Je lui ai dit ce que jo savais, et j’ai noté
ces conversations. Je me couvre ainsi pour l’avenir. C’est en apprenant la mort subite d’Hartwigque le Président m’a fait rappeler. Il m’a dit : « Qu’est-ce que cela signifie ? — Cela prouve, lui ai-je dit, que mes informations étaient exactes. Hartwig est le véritable auteur de la conspiration qui a abouti au meurtre de l’Arcliiduc héritier. Il a appris qu’il était découvert en allant voir son collègue d’Autriche le jour du retour de celui-ci, et il s’est tué. »
Je doute, ai-je répondu. Il se peut que Hartwig soit mort subitement d’une mort naturelle. — Il n’était pas très âgé. — Mais les morts subites se produisent le plus souvent au passage de l’âge mûr à la vieillesse. En tout cas, s’il y a eu conspiration et que Hartwig y ait pris part, on peut être sûr que l’Empereur et son gouvernement n’y sont pour rien. —C’est à l’instigation du parti panslaviste qu’Hartwig a agi. — D’un très petit nombre de personnalités remuantes et dangereuses, comme Isvolsky, peut-être. Tout cela est très problématique. —Mais nos dirigeants doivent être très inquiets. Vous avez vu que Viviani va sans doute revenir directement. Il simule une maladie. — Est-ce bien sûr P N’a-t-il
Madame de Montebello et Boni de CastellaneT
La situation extérieure. — 3 o juillet 1914.
Boni sprach : «Je tiens de t ambassadeur d? Autriche qu’il a essayé hier d’avoir, dès le retour de
Viviani, un entretien ave<> lui. Savez-vous ce que le Président du Conseil lui a fait répondre P Qu’il était trop occupé pour le recevoir ce jour-là. Et les journaux ont annoncé qu’il avait reçu Schoen hier. Il aurait dû faire tout le contraire : recevoir Sceczen, et ajourner Schoén. »
a Le Gouvernement est un peu affolé par la gravité des événements, dit Madame de Montebello. Vous ne devineriez jamais qui il songe à envoyer à l’empereur d’Allemagne ! Ne cherchez pas : la comtesse Greffulhe et Jules Roche (Jules Roche parce que c’est lui qui a organisé les croi 7 sières dans lesquelles la comtesse Greffulhe a rencontré l’Empereur). Comme on voyait que ce double choix m’étonnait, la comtesse Greffulhe !, on m’a dit : « Mais qui donc, suivant vous, devrions-nous envoyer P » J’ai cherché une minute, et j’ai dit : « Reverseaux. »
Comtesse de Montebello. L'Italie. — 3 o juillet 1914.
Ces jours derniers, Visconti Venosta, secrétaire de l’ambassade d’Italie, fils de l’ancien ministre des Affaires étrangères, est venu la voir tous les jours. Il a changé de couleur quand elle lui a dit qu’elle savait de source sûre que l’Angleterre se rangerait aux côtés de la Russie. Et, lorsque la comtesse a laissé tomber que l’Autriche allait entrer dans le Sandjak, et qu’elle n’en sortirais plus une fois qu’elle y serait, il a déclaré que, d’après l’arrangement de 1909, l’Italie
n’avait pas à craindre d’être jouée, car toute annexion faite par l’Autriche mettait l’Italie en droit d’exiger une compensation. Il a ajouté : « Notre situation est bien nette. L’Autriche ne peut rien prendre sans nous assurer une compensation territoriale ; et, d’autre part, si la guerre éclate dans les conditions que l’on prévoit, nous ne sommes pas tenus de marcher. » Gela veut dire sans doute que l’Italie s’est réservé le droit de rester neutre si l’Angleterre prend part à la guerre.
Boni de Castillane. L ' Autriche . — 3 o juillet 191 4 •
Ma belle-sœur, la comtesse Jean, revient de Garlsbad. Elle a été très frappée de l’union étroite qui s’est établie dans les derniers temps entre les représentants des différentes races de l'Empire. C’est l’attachement et le respect que l’on a pour l’Empereur qui ont cimenté cette union.
Si l’on avait attendu pour faire la guerre la mort du vieil Empereur, l’Autriche aurait été moins unie, et par suite beaucoup moins forte. Le jeune archiduc qui lui succédera ne peut pas inspirer les mêmes sentiments.
Comtesse de Montebello. Belgique. — i 5 août 1914.
La comtesse (de Caraman) Chimay (sœur de la comtesse Greffulhe), dame d’honneur delà
reine des Belges, toujours appelée auprès de la reine quand des souverains étrangers sont les hôtes de la Cour, parfaitement renseignée, a écrit à la comtesse de Montebello : « Vous ne pouvez imaginer combien d’Allemands il a fallu fusiller [notamment, ainsi appris ensuite, le duc (Prosper P). d’Arenberg, sujet prussien, qui vient d’être fusillé à Bruxelles pour flagrant délit d’espionnage ; c’est lui qui, dans un procès retentissant, fut accusé de nombreux faits de cruauté commis contre les indigènes dans une colonie (allemande P 1 ]. On a été forcé de se rendre à l’évidence : des centaines d’Allemands, qui avaient reçu dans le monde l’accueil le plus confiant, ou qui avaient trouvé des emplois dans des maisons de commerce, étaient des espions qui ne cessaient de nous trahir. » La comtesse de Chimay dit, dans la même lettre (arrivée par la valise belge), que le roi Albert a reçu de l’empereur Guillaume une dépêche « si insultante qu’en la lisant il a senti que son sang ne faisait qu’un tour ». Madamede Montebello ajoute que, la comtesse de Chimay ne lui ayant pas cité les termes de cette dépêche « si insultante », elle l’a priée de lui en envoyer le texte, si possible. Quelqu’un a dit à M rao de Montebello que, d’après ce qu’on raconte à^Paris, la dépêche en question était un télégramme de l’Empereur ainsi conçu : a Je vous châtierai si vous ne me laissez pas passer. »
. Entre crochets carrés dans le texte.
Kleczkowski. 17 août 1914.
La Guerre. —Pour évaluer ce qu’il y aurait de déchet à la mobilisation quand la guerre éclaterait, notre État-Major a pris comme base les appels de réservistes au moment des grandes manœuvres. On avait constaté que pour les grandes manœuvres il y avait i4 % de manquants, et on avait conclu que la mobilisation donnerait à peu près la même proportion de manquants. Mais la mobilisation qui vient d’avoir lieu a donné des résultats fort différents : il n’y a eu que 3 °/ n de manquants.
Infériorité de l’artillerie allemande : mauvais pointage, mauvais projectiles.
Scepticisme du général Brun, « à qui on élève un monument à Mirande »! ! [Delcassé raconte qu’il disait à ses subordonnés : « Vous croyez encore à la guerre, vous ? Vous êtes très jeunes ! Il y a beau temps que je n’y crois plus » 4 ]. Lorsque Kleczkowski lui a raconté la lutte engagée à Buenos-Aires entre le Creusot et Krupp, Brun s’est borné à dire, de son ton sceptique et indifférent à tout : « Le canon allemand est un bon canon. » C’est la seule réflexion qu’il fit.
Et le canon allemand n’est pas si bon que le disait Brun. Il donne de mauvais résultats dans la guerre actuelle. Le frein automatique de la pièce allemande est très inférieur au nôtre.