‹ Les carnets de Georges LouisChapitre 18 sur 35 · Entre crochets carrés dans le texte · texte numérisé non relu

Entre crochets carrés dans le texte

Général de Trentinian, qui commande une division de notre armée de Belgique, lui a écrit ces jours-ci : « Ces dernières journées sont les plus belles de ma carrière. La victoire est certaine. »

La sécurité assurée à nos côtes nous permet de faire envoyer dans nos forts de l’Est quelquesunes des pièces de 3o5 de notre artillerie de côtes.

Poincaré. — Il a d’abord refusé, le i cr août, de signer l’ordre de mobilisation que Joffre lui demandait. Le généralissime insista, et alla jusqu’à dire qu’il donnerait sa démission si l’ordre n’était pas signé. L’intervention énergique d’Àugagneur amena Poincaré à céder. Le manifeste rédigé par Poincaré à l’appui de l’ordre de mobilisation porte les traces de ses tergiversations. 11 n’a pas l’air d’avoir été fait pour une décision aussi grave, et l’on s’explique ainsi les critiques si vives et si unanimes que le manifeste présidentiel a soulevées (émotion injustifiée !).

D’autre part, il s’oppose toujours au Conseil aux velléités qu’auraient les ministres de diriger les opérations militaires. Il dit : « Cela regarde les militaires. Laissez-les faire. »

Lalande. 27 septembre 1914.

Les responsabilités. — Le toast de Poincaré à Tsarskoë Selo « ... nos forces réunies ». Le parti

militaire a dit à Guillaume : C’est un défi, vous ne pouvez pas ne pas le relever.

Clemenceau connaît très bien les origines de la guerre ; il les connaît surtout par les Anglais.

Sir E. Grey a prié P. Cambon d’aller dire à Paris : Prenez garde.

Caillaux aussi connaît les origines à fond ; il a un dossier très complet.

I saw, added Lalande, Deschanel a few daws a fier war was declared : il avait le visage défait et croyait tout perdu. Freycinet, Pallain, Franck- Chauveau (i saw ail of them) étaient très sombres aussi dans leurs pronostics. Fallières a gardé une grande influence.

Freycinet était en Suisse au moment des événements. À peine rentré, il alla voir le Président pour lui parler de ce qu’il y avait à faire pour l’organisation de la Défense nationale. Mais dès les premiers mots Poincaré l’arrêta, ajoutant : « Je ne suis pas au courant. Voyez le ministre de la Guerre. » Messimy, prévenu du désir de Freycinet, lui écrivit : « Ne prenez pas la peine de venir au Ministère ; j’irai chez vous. » Et il n’y alla jamais. Si bien que ni le président de la République ni le ministre de la Guerre ne donnèrent cinq minutes à l’organisateur de la Défense de 1870 .

Les créatures de Poincaré : Paléologue et Margerie. Ce sont eux qui sont, avec lui les auteurs de la situation actuelle.

Maintenant Poincaré n’a plus ses grands airs : il a la figure défaite.

Dans le pays, la popularité de Poincaré subsiste.

Margerie et Gavarry semblent être en bons termes : mais en réalité ils sont opposés l’an à l’autre, tous deux voulant une ambassade.

Paléologue à Lalande, qui demandait une légation : « Je suis toutàfait hostile à l’entrée des consuls généraux dans la carrière diplomatique. » — Lalande : « Je vous ai connu moins absolu. » (Ils s’étaient connus à Yokohama).

Crédit Français. — Les journaux cherchent actuellement des appuis financiers. Ils tirent à un grand nombre d’exemplaires et se vendent, mais ils ne gagnent pas d’argent, les annonces leur faisant complètement défaut. Le moment est donc favorable pour s’assurer leurs services. Il y a en ce moment des pourpalers engagés entre la Liberté et le Crédit Français, cette banque désirant avoir comme ses rivales, petites et grandes, un organe qui la défende. Ce serait l’organe de la banque régionaliste par rapport à la grande banque internationale française. Berthoulat et Gandolphe y resteraient.

D’autre part, le Crédit Français a besoin d’un nouveau président, Doumer se retirant. Doumer a dit : « Ne prenez pas un homme politique pour me remplacer. » Il s’est démis de ses principales fonctions dans: les affaires industrielles et financières, parce qu’il était convaincu qu’il allait jouer un grand rôle, qu’on l’appellerait au ministère de la Guerre ; mais on l’a joué. Il s’est consolé en acceptant de son ami Galliéni, dans le « cabinet politique anonyme » de celui-ci, une place à côté de Litchtenberger et de Reinach.

Le Crédit Français s’annexera, outre la Liberté , une agence d’information, l’Agence Fournier, dans le conseil de laquelle entreront Mabilleau, Lalande, etc. Lalande est de plus membre du conseil de la Bancâria, banque secondaire italienne, qui est à la Banca Commerziale Italiana ce que le Crédit Français est aux grands établissements financiers. On lui avait dit que ça valait 12.000 : mais ça né vaut pas la moitié, ni même le quart.

Delafaud, qui lui a cédé cette place, a obtenu en échange d’être chargé de travaux particuliers, et on l’a gratifié d’un tribunal de 8.000. Il ne doit pas beaucoup plaire aux puissants du jour, car, malgré ses instances, on a refusé de l’emmener à Bordeaux.

Bac. Hanolaax, Millerand, Poincaré. — Septembre 191/1.

Ilanotaux. Son action actuelle. On dit de lui qu’il fait la mouche du coche. Il est à Royat. A Paris, pendant le mois d’août, Millerand venait tgus les jours déjeuner chez lui. Un jour que Bac se trouvait aussi rue d’Aumale, Millerand a raconté que, le jour où il a accepté de reprendre le ministère de la Guerre, il a passé toute la nuit suivante à essayer de faire comprendre la situation à Poincaré, mais n’y a pas réussi. Le Président a commencé par lui faire un interminable discours d’avocat qui a duré jusqu’à une heure et demie après minuit. Millerand lui a

demandé : « Mais enfin, qu’est-ce que tu as dit aux Russes ?» — « Ge qu’il a dit? », ajouta Bac d’après Millerand : « Grisé parles revues militaires et les attentions, il a dit à l’Empereur que nous étions prêts. L’Empereur lui avait demandé :

((Nous sommes prêts ; mais vous, l’êtes-vous ? »

Politique personnelle d’isvolsky. — 5 octobre igi 4 -

Toute sa politique est dominée par sa rancune contre l’Autriche, dixi dès 1910 ; rursus en 1911 a propos de l’affaire du Maroc, et en 1912 et 1918. Il a voulu que la guerre éclatât à propos de la Serbie, puisque c’était à propos de la Serbie qu’il avait dû reculer devant l’Autriche en mars 1909. Il a donc raison de dire « ma guerre », lorsqu’il parle de la guerre qui couvre la France de sang et de ruines.

Isvolsky.

Intransigeant du lundi 7 septembre igi 4 , i oro page, 5 ° et avant-dernière colonne, in fine , un article intitulé La Vie à Bordeaux : « On voit à la poste, rue du Palais Galien, M. Isvolsky, veston, chapeau de feutre mou, très élégant.

L’ambassadeur dejtuijsie promène par les Quinconces un visage souriant et plein de confiance dans l’issue de cette guerre qu’il appelle « ma guerre », qu’il a voulue et réussie. »

Madame Le Queux l . Espagne. — 5 octobre 1914.

Les hautes classes sont plus favorables à l’Allemagne qu’à la France, et elles en veulent peutêtre encore plus à l’Angleterre qu’à la France, parce que, sans le concours de l’Angleterre, la France n’aurait pas pu prolonger la lutte. Rien de plus intéressé que cette mauvaise humeur. Les grands propriétaires espagnols ne peuvent écouler leurs produits en Espagne. Ceux qui, par exemple, sont producteurs d’huile ne trouvent de grands acheteurs qu’à l’étranger, et actuellement il est impossible de rien exporter, aucune compagnie d’assurances ne consentant à assurer contre les risques de guerre. Hijer garde son huile, et les grands propriétaires de mines ne sont pas plus heureux. Voilà pourquoi on souhaite en Espagne que les belligérants ne tardent pas à faire la paix, et l’on en veut à l’Angleterre de la retarder, comme nous-en veut à nous-mêmes de ne pas nous avouer vaincus par l’invasion.

Càzenave. j Poincaré. — 3 i octobre 191 4 -

Il faut entendre Margerie raconter les propos qu’il lui a tenus pendant le voyage à Pétersbourg.

Poincaré, de sa voix haineuse : « Dans tous les 1. Sœur de Madame Georges Louis.

pays nous avons deux ennemis, le souverain et 'notre ambassadeur. »

Ce qu’il a dit aux Russes à Pétersbourg ? A ce moment les choses étaient déjà si avancées qu’il n’y avait plus grand’chose à dire. [G. Q. F. D.*]

Mais, sur l’esprit de Viviani, ce qui s’est dit a beaucoup agi.

Et au retour quel désarroi I Les avocats s’effondraient. Heureusement Margerie et Berthelot ont remis les machines en marche. »

S-Simon entrant, Cazenave adds, as if talking about the governments departure for Bordeaux : (( Ah, le désarroi du i or septembre 1 rien n’en peut donner une idée. — J'ai vu cela, dit S'-Simon. Des Colonies on me renvoyait aux Finances, des Finances aux Colonies, et tout le monde ajoutait : « Débrouillez-vous ! » C’était un inextricable désarroi. Tout le monde pouvait entrer partout : un espion aurait pu fouiller à son aise dans les cartons jetés fébrilement sur la planche.

— Mais ce départ a été heureux. Les Prussiens, en se détournant alors de Paris, ont montré qu’en marchant sur la capitale ils cherchaient à prendre le gouvernement et les banques bien plus qu’ils ne tenaient à occuper la ville. [S’-Simon et Stern assent. 1 2 ]

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