Cf. ci-dessus, p f
c’est à vous à y donner suite s’il y a lieu. Il s’agit pour l’Espagne d’accéderàlaTriple Entente. J’ai répondu il y a environ trois semaines que nous avions reçu la communication espagnole avec satisfaction, et vous l’avions transmise.
Comtesse Kleinmichel. i or décembre 1912.
Un jour où Savinsky se trouvait au théâtre, l’Empereur dit tout haut en parlant de lui : « Montrez-moi donc la comtesse Larnsdorff. »
Savinsky a réussi partout au moyen d’un procédé unique. Il a fait croire à toutes les femmes dont il avait besoin pour réussir qu’il se mourait d’amour pour elles : d’abord à la grande-duchesse Maria Pavlowna, puis à Madame Isvolsky, enfin à la fille du grand-duc Paul, duchesse de Sudermanie.
En arrivant au Ministère, Isvolsky avait dit que son premier acte serait de mettre dehors Savinsky ; mais celui-ci fit les yeux doux à Madame Isvolsky et resta.
Les deux Empereurs. — Àccordingto her, own est intelligent (it concur), mais n’est pas sûr, ni franc.
L’autre est très doué ; il a tous les talents, mais il n’est pas très intelligent, et il n’a pas la connaissance des hommes. Je le connais bien.
11 n’a pas de j ugement. Il est très bien renseigné, il a tous les moyens de l’être (notamment sur la
Russie ; il m’a lu un jour un rapport d’un de ses consuls, qui était vraiment très bien) ; et avec tout cela il voit mal. Il ne plaît pas à son peuple, il l’inquiète. On l’apprécie davantage chez vous, et d’ailleurs toutce qui est français lui plaît : votre art, votre théâtre, etc. Il ferait beaucoup pour s’entendre avec nous.
G. Louis et Isvolsky. — G. Louis a remporté une victoire complète ? — Oui, je crois, autant qu’on peut voir clair.
— Je n’ai pas été à [illisible] , mais Isvolsky, étant venu à Francfort, m’a rendu visite à Wiesbaden. Je l’ai trouvé bien abattu. — Nerveux, surtout.
— Croyez-vous qu’il reste ? — Je crois que nos destinées sont liées.
— Avez-vous pu tirer les origines plus complètement au clair ? — Le [illisible] me paraît encore le principal artisan. — Il a certainement agi pour Breteuil, puis pour Deschanel... — ... qu’on voulait écarter de la présidence de la Chambre. — Toute une intrigue. Mais Sazonoff avait aussi mis Isvolsky en mouvement. Il avait dit que G. Louis avait mal rendu sa pensée, et en outre était trop fermé. — Peut-être, mais Isvolsky en a dit plus qu’il n’y était invité. — Oui. Radicelle (P) aussi a joué un rôle là-dedans. — Vous croyez P
[Cela, c’est le fait nouveau, et alors voici la filière : Radicelle (?) v/ Pastèque (?) ; vengeance Radicelle (P) v/ G. Louis. Et alors the letter story in Temps s’explique L]
i. Entre crochets carrés dans le texte.
Evidemment la comtesse Kleinmichel a été renseignée depuis l’été dernier par Isvolsky et Sazonoff.
Le grand-duc Michel (né en 1878). — Il a épousé à Vienne il y a huit jours la femme divorcée avec laquelle il vit depuis [an blanc] ans. En apprenant ce mariage, l’Empereur est entré en fureur. Il dit qu’il lui enlèvera ses titres, ses grades, ses apanages, tout, et qu’il l’exilera à jamais de Russie.
On raconte que le grand-duc Michel a déjà envoyé sa renonciation à ses droits au Trône.
Il n’avait obtenu la permission de sortir du territoire de l’Empire qu’à la condition qu’il ne se marierait pas, et il l’avaitpromis à l’Empereur, au baron Freedericksz. L’Impératrice mère est tellement affligée de ce mariage qu’elle dit que, s’il est maintenu, elle ne rentrera jamais en Russie.
Grand-duc Cyrille. — Si le grand-duc Michel perd ses droits au trône, ils passeront au grandduc Cyrille. Et cette éventualité est grave, puisqu’il est probable que le grand-duc héritier ne vivra pas : il restera en tous cas exposé à finir brusquement. Le chirurgien Feodoroff a dit à l’Empereur que, même si l’enfant se rétablissait, il ne fallait pas penser qu’il pût jamais monter à cheval. Imagine-t-on un empereur de Russie ne pouvant monter à cheval ?
On le dit autoritaire, mal élevé. — Pas élevé du tout. C’est ainsi à la Cour. Un jour Monte-
SSB
bello, déjeunant à Gatchina avec la Famille impériale, était assis à côté de la grande-duchesse Olga : « Vous serez contente de rentrer à Péters- « bourg P — Oh non, j’aime bien mieux être à <( Gatchina. — Mais vous devez vous y ennuyer ! a Qu’y pouvez-vous faire pour vous occuu per P — Je me roule dans la neige avec les « soldats. » Gela rappelle l’éducation des filles de Louis XV.
Le grand-duc Alexis disparu et le grand-duc Michel ayant renoncé au trône, c’est le grandduc Cyrille qui deviendrait empereur.
— Vous ne paraissez pas très préoccupée de la santé du grand-duc héritier, disait le mois dernier la comtesse de Chevigné à la grandeduchesse Wladimir, à Paris. — Que vouiezvous ! répondit la grande-duchesse ; je ne puis pas m’enpêcher de penser plus à mes enfants.
Le grand-duc Cyrille, continue la comtesse Kleinmichel, n’a pas été malade il y a trois mois, comme on l’a raconté. Il a été dans un sanatorium pendant une quinzaine de jours, mais c’était pour masquer le vrai motif de son départ. Il a dit qu’il était malade afin de pouvoir quitter son bateau, mais la vérité est qu’il est parti parce qu’il a craint une émeute à son bord comme sur les bateaux de la MerNoire, et il a fui pour n’être pas jeté à l’eau. Cette poltronnerie lui fait beaucoup de tort,
[Mais, ajoute la comtesse Kleinmichel, on se demande si son mariage ne lui a pas fait perdre tous ses droits au trône. Cousine germaine ? —