‹ Les carnets du comte Joseph de maistreChapitre 112 sur 131 · Dép. de ^L C. G. — 24. Départ de mon frère pour · texte numérisé non relu

Dép. de ^L C. G. — 24. Départ de mon frère pour

Iglesias. — Retour le 2-^. Mon fils a fait sa F'^ Communion. Il part pour Sc-

norbi. retour le Avril Mercredi 27,. — Départ pour Sassari avec L.L. A. A.

R.R. Mess'' le Duc de Genevois et le C' de Mau-

nenne; parti à 2 h. 3/4 après diné. couché à Villasos.

23, dijié à Gomius, joli village, couché Guspi}ii —

Voyage-Cagliari. 1801 Mai-Octobre.

24 cii}iâ à Marnibin, couche à Oristau - — 25 Séjour. 26. diuc à Milis. couché à la Tanque Royale. 27. diiié au }nèinc eiidroif. couché à Bortigali. 2S. diiié à la Tanque de Paddu-Maunu (partie de chasse avant diné). couché à Bonoria. 29. diné à Boiianara. couché à Carreges. 30. diné à Sassari. — Séjour —

Mai

13. Après diné, départ couché à Ploague 14. arrivé à Otzieri. Séjour. 16. diné à Mores, couché à Padria. 17. diné à Siudia, couché à Cuillcri. 18. diné à S"^ Catherine de Piti Xurri. Je me suis baigné et j'ai nagé dans ce joli golfe avant diné. couché à Oristan. 19 et 20 séjour — 21. diné à Ouras, couché à Mogoro. 22, diné et couché à S. Luri. 23. diné à S. Spcrato. couché à Cagliari.

Juin.

19 J'apprends hi mort de mon cher et aimable cousin h- jeune comte de ki Chavannc, arrivée à Turin le ij avril; mort amère. pour moi, pour ma famille. Elle contribue infiniment à me détacher de ma patrie.

Août 24

J'ai lu pour la première fois un morceau sur la J\iccine : c'est le mémoire de M. Odier médecin de Genève, du mois de 7^''' 1800

Ad }ios zix tennis famœ perlabitur aura.

Aujourd'hui, Samedi 16 <?'""^ nous avojis reçu la nouvelle de la paix signée à Londres entre l'Angleterre et la France le 26 7^'"*^.

Le Manifeste du Roi d'Etrurie que nous avons reçu, imprimé à Florence, est daté du 11 de ce mois. C'est une belle célérité.

On ne sait point les conditions, mais, en mettant les choses au pire, j'ai beaucoup gagné.

31. Xou.s avons reçu les préliminaires de la paix, en ij articles, signés à Londres le 26 f''''. C'est un crys-

Cagliari. 1801 Décembre.

tal à travers lequel on z'oit beaucoup de choses, entrautres la possibilité (peut-être hélas! la probabilité) d'une nouvelle guerre.

Le 24 X^^^ J'ai reçu dans une lettre de ma sœur Eulalie, datée de Turin le ç c?*''^ la première notice de la mort de mon malheureux frère Jlctor, arrivée à Venise, Si la nouvelle est vraie, le dernier de dix frères aura payé le premier l'inévitable tribut. Nous az'ons été dix pendant 26 ans; c'est un beau phénomène ; mais qu'importe quand il est passé!

Le 28. Lettres de Savoie qui nous apprennent le rétablissement du culte catholique en France, la radiation (f^une infinité de dames de la liste des émigrés, entre* autres celle de ma femme, et T heureux accouchement de la jeune comtesse de la Chavanne qui a fait un fils.

Le 10 Février, j'ai déposé chez J/. le Chevalier Vialc .

40 Billets de 5 écus 800 ^ 0. 0

1^2 Pistoles de Savoie, de 24^ ^168

75 Portugaises — 37* 8^ f,6i

16 3/8 Quadruples neuves. 6ç.2.6. 11 31 18 4

I 1/2 vieille — idem — 6ç.i6. . . 104 14

16 Sequijis de Rome p' ij ijiô

5 Louis id. de Florence ç.18.8 . . . 4c 13 4

5 Louis — ç.ii.ô çy 1/ 6

ôoôp * 5' 2^ De laquelle somme il a bien voulu se charger pour en tirer parti à mon profit.

Il faut y ajouter celle de 1040

qui me reste en caisse, et celle de joo ' joo remise à mon frère pour le voyage de

ma fille.

Total j6oç ^

Cagliari. 1802 Février-Mars.

^^esf ce que je possède dans riniirers aujourd'hui onze février 1802. Je pense, pour me consoler, que la Révolution ni avait mis beaucoup plus bas. ^aujourd'hui. Samedi 20 Février, après dix-neuf mois de la société la plus douce, mon frère s'est embarqué sur le navire La Virgo potens capitaine Dordelli Génois, pour Gênes, — de là il se rend à Turin, puis à Chambéry qu'il n'a pas vu depuis 12 ans! — Que irouvera-t-ilf quand et où nous reverrons-nous? il va chercher une autre destinée; il va se marier. Bonne et vertueuse Marthe, je te recommande son bonheur qui est une grande partie du mien.

Reddas incolumen, precor;

et serves animœ dimidium nieœ.

-24. Exercice littéraire de mon fils sur une partie du ij^ livre des Métamorphoses d'Ovide. Cette bluette obtient un grajid succès. Un père serait tout de suite tenté d'écrire sous le portrait du petit-honune

Olim aliquod, si fata sinant, in nomen iturus (Rapin)

Mais hélas! qu'il est difficile de juger l'arbre dans le bouton.

^lars.

-I9. Une feloque couriere Jious apporte la nouvelle imprévue de la mort de S. M. la Reine Chlotilde de France, arrivée à X a pi es le J , vers les 4 h 1/2 du soir, après une maladie de six jours. Cette mort doit avoir pour nous des suites politiques.

:20, une lettre de ma sœur AP de Buttet écrite de Bonneville en Savoie le janvier m'apprend d'une manière certaine la mort de mon frère Victor arrivée à Padoue le 18 avril 180 1 dans l'hôpital militaire! Ainsi le cadet de tous a payé, le premier, l'inévitable tribut! ainsi il a payé chèrement l'obstination de se séparer de sa Jamille!

Cagliari. 1802 Mars-Septembre..

31 ]^Iars. départ de mon fils pour Iglesias où il z'a passer

quelque teins chea l'Ez'âque.

8. Xous avons reçu le traité d'Amiens du 2^ Mars. 14 avril. Ma fille Adèle se porte bien. 25 mai. Arriz'ée du négoeiant Xieolas Puddu, qui devait

ni amener ma fille Constance. La bonne ayeule jfa pas

eu la force de s'en séparer. Juin.

Le II, un z'aisseau arrivé de Xaples, répand le bruit de

l'abdication du Roi. On ne sait point de détails. X. B. Le 15, nous recevons la nouvelle officielle de l'abdication du Roi, faite à Rome, le 4 du c^ Août 8. Arrivée du décret des consuls du 10 messidor qui

réunit le Piémont à la France.

13, arrivée du Chez''' des Geneys qui vient loger che::

moi.

^bre

6. // part pour Vile de la Madelaine où il va rejoindre son frère — // est de retour le 16. Le /^'" de ce mois, J/. le Clf" Jlale me restitue la soin me prêtée le 10 février fsup. ijôj avec les iiitércts f^oo L.) La détermination que j'ai dû prendre de renvoyer ma femme et mes enfants en Saz'oie m'oblige de retirer cette somme.

Des circonstances impérieuses de famille m'obligent de me séparer de moi-même. Aujourd'hui 2^ 7*"'' à 5 h. du soir, ma femme et mes deux enfans me quittent pour rentrer en Savoie. Depuis le commencement de la Révolution, je ne me rappelle pas d'avoir éprouvé im moment si amer: — mes enfans, qui lire::; ceci quand je ne serai plus, vous saz'C::; bien que je n'exagère pas. ressouvenec-vous de cette cruelle séparation sur le mole, ressouvenez-z'ous des larmes de votre mère, des vôtres, des miennes, il me semblait que nous

Cagliari. 1802 Sepf""^-8'"'*^.

uoKS scpariojis pour jaiJiaîs. Je ne puis vaincre les noirs pressentiniois qui s'élèvent dans mon cœur. Devons-nous nous revoir tous les quatre? grand Dieu!

Le 27 au matin, les Z'oits contraires me renvoient ma famille. — ô qui complexus!

Le 28, je les accompagne à bord du -vaisseau à 2 milles en mer, et à 10 h. et un quart du matin, ils partent par un fort bon -vent.

Avant le départ de ma femme, nous avoiis testé l'un et l'autre de commun accord le 21,. et nous ai'ons remis nos Testa mens le 24 à la R^^ Audience.

glH-e

Samedi 2. après un travail long et pénible ma sœur JP de S^ Real accouche à j h d'une fille qu'on nomme Elisabeth.

A'. B. 23. Je reçois pour la ï''^ fois des lettres de nui femme, de Gènes, en date du /?. et quelques heures après une lettre de Rome du 7 8^"-'^ m'apprend que le Roi m'a destiné à la ^Jission de Pétersbourg : grande et inattendue nouveauté, qui, suivant les apparences, ni'ôte pour toujours à la ^Jagistrature, et doit absolument changer mon sort. Si l'impitoyable loi Française contre les Piémontais n avait pas forcé le Comte de Vala'ise à quitter son poste, je n'aurais pas cette bonne fortune. C'est toujours ma devise :

inimicis juvantibus.

Voyage. 1803 Février.

Le J'endredi 11, je pars de Cagliari et je m'embarque sur le Pinque-Courier : la A'ierge du Carmel. Le vent ayant manqué, je re-viens coucher à terre che:; nui sœur M' de S' Real.

Le lendemain, samedi 12. départ à ç h. 1/2 du matin, peu de vent, nous jetons l'ancre le soir dans le port

Naples. 1803 Février,

Fusco. 13, à 10 h. du matin à la z'iic de Serrabus, nous nous éloignons de la ferre. 14 et 15. nazigafion lente en pleine nier; ce jour ij, à 5 h. 1/2 du soir nous voyons file de Ponza et Monte-Circello. Ce mot de^ Circello réveille niilie idées poétiques. Le soir, ouragan, pluye, coup de vent terrible, nuit profonde, tapage; les vagues passent et repassent, sur le pont,, pendant toute la nuit.

Je suis bercé comme il faut. Le 16, au matin, nous rasons rile d'Ischia. Sur ma gauche je voyois Procida,. et, plus loin, devant moi, le château de Baye qui brillait réellement dans le lointain.

(( Nidlus in urbe locus Baiis prœlucet amœnis )) ; à mar droite je voyois Caprée et Tibère.

Quid dicam vobis Patres conscripti. ant quomodo dicam etc . . .

Soit que sur un écrit arrivé de Caprée

il brisât de Séjan la statue adorée,

ou qu'il fit au Sénat courir des sénateurs

d'un Tyran soupçonneux pâles adidateurs etc...

à midi, nous jetons l'ancre devant la belle Parthénopc,. Quelques longueurs de bureau m'empêchent de débarquer avant le lendemain 17, sur le soir. — Je vois le théâtre de S. Carlo, superbe édifice quant à l'intérieur; mais il n'a point de façade.

19. J'ai z'u la Vénus et l'Adonis de Casenove, dans le jardin du Marquis Beria. Ce Casenove est ennemi de l'Antique — puisqu'il l'a vaincu; disons si l'on veut : combattu. Quel inimitable talent! quelle grâce! quelle vie! vivos ducit de marmore vultus.

Lr 20. j'ai vu la fameuse Grotte de Pausilippc. 1 inscriptioji qui est à l'entrée est trop ampoulée, horribile antrum 1 pourquoi horribile? Les modernes ont trop souvent le défaut d'exprimer les grandes choses par de grands mots, ce qui est une faute capitale contre le-

Kaples. 1803 Février.

goût. Uinscripiion avertit d'en lire une autre, placée au dessous, qui détaille les vertus des eaux de Baies, de Pouzzoles etc., et pour encourager le lecteur elle ajoute : Isetior abibis; la seconde inscription contient. à-peu-près, le nom de toutes les maladies coiuiues. C'est la Nosologie de Sauvage. Cette bouffissure moderne n'est pas bonne. J'aurais voulu exprimer à l'entrée de cet étonnant ouvrage cette pensée mise en beau latin.

Passant! qui que tu sois, arrête-toi pour admirer ici ce que rhomme peut pour le bonheur et la gloire de ses semblables, et puis, tu gémiras sur l'usage qu'il fait, ordinairement, de sa puissance.

La grotte a 8ço pas communs de longueur, huit à neuf de largeur et si je ne me trompe, de ço à 80 de hauteur. J'ignore le but des excavations latérales qu'on remarque avant l'une et l'autre entrée. Des silloîis profonds et parallèles régnent, en ligne droite, du haut en bas, et d'une extrémité à l'autre. C'est une trace des anciens travaux exécutés pour l'excavation; une multitude de trous quarrés sont aussi les restes de ces travaux. Je ne sais si nous les comprenons bien, et si nous pourrions en exécuter de semblables, sans notre poudre.

Le caractère particulier de la Taille Romaine c'est le poli; un rocher, coupé par eux, a l'air d'un corps mou. coupé avec un couteau. Notre taille au contraire, est pleine d'aspérités, suites inévitables, des moyens que nous employons. Le contraste est frappant au mont Jovet en Val-d'Aoste où les travaux de Charles-Emanuel servent de supplément à ceux des Romains et les touchent.

Le Jupiter-Terminus, sur la Place Royale, mal-à-propos appelé le Géant, est une belle chose. L'inscription est bonne.

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