‹ Les carnets du comte Joseph de maistreChapitre 114 sur 131 · J'ai été présente au Pape · texte numérisé non relu

J'ai été présente au Pape

14 J'ai assisté à la chapelle du Pape tenue pour l'anniversaire de son couronnement.

Jl faut faire un livre sur Rome ou n'en pas parler. J'en

suis parti le mardi 22. Je suis arrivé à Florence le 26.

Journées — ci 5

Séjour 27 . 28 . 29 . 30 . ci -/

J^arti le 30 à midi, i^"" avril, j'ai passé à Bologne et à

Modène. Couché à Car pi journées 2

Passe le 2 à Mantoue, couché à Castelnuovo i

Le ^, passé à J^éroune et à licence, couché à Pa-

doue.

Le 4. couché à J\viise, par Mestre 2

Le 6, parti de î^eiiise, couché à Trevise par Mestre. 2

Le 7, de Trevise à Ospitaletto.

Le 8, au matin, je suis parti et venu sans m' arrêter

à Clagenfnrt. arrivé le 9 à ////(//

Le 10. Jour de Pâques. Séjour J[

Le 12. à Pruch 6 postes

Le 13, à Xeukirchen 6 Postes

Le 14. à Vienne 4 postes 6

\^enise Vienne i

Séjour à J^ienne jusqu'au 20 6

journées ci . . . ?0 de Jlenne à Briinn ç postes en 25 heures; de Briinn

à Cracovie, où je suis arrivé le 2^ 5

de Cracovie d'où je suis parti le même jour 25,

jusqu'à Lnhlin, sans me coucher, ij postes 1/2;

arrivé à Lublin le 2j au soir 5

Séjour pour réparer ma voiture.

28, départ de Lublin, à l'entrée de la nuit, arrivé à

Brzesc le 29 au soir. Je repars le 30, après diné, *

17 avril ]\ S.

de Bresesc à JJ^ihm 40/ ^^'crstes ou ^S miles d'Alle-

Voyage-S' Pétersbourg 1803 Avril-Mai-Juin.

]Jiag}ie. Je les parcours sajis in'arrctcr et j'arrive

3 mai

à JJ'ihia le rj zrrs les g h. du matin ?

2 2 avril ^

Je séjourne le 3, pour me procurer des roubles et

réparer ma Toiture.

Je pars le 4 au matin.

Je passe à Coren le 6 et j'arrive à Mittau le y ^

Je passe à Riga le même jour, à Dorpat le 11 à

Xarz-a le 12.

J'arrive à Pétersbourg le — mai 6

vers les ç h. du matin! (la 50™^ année de mon âge)

j/13 Je n'ai pas voulu tarder plus longtems de voir la statue de Pierre le Grand — pour mon compte, je la préfère beaucoup à celle de Marc-Aurèle (je parle -surtout du cheval). On dit qu'un artiste après avoir considéré quelque tems en silence la première, s'écria <( Marche »! pour moi, je dis volontiers à l'autre (( Saute » ! Jionneur à Fantique; niais sans fanatisme et sans injustice.

^lai. Juin.

I^e mardi 5, j'ai eu ma prenf'' audience de M. le Comte de Woronzoïi', chancelier de l'Empire.

J^e samedi 9 — de M. le Prince Adam Czartorinski adjoint au chancelier.

Le 14, j'ai été présenté à L.L. M. M. ï Empereur et l'Impératrice — Le ly à S. M. l'Impératrice mère et aux deux archiduchesses.

Lu moins de trois in ois j'ai été présenté au Pape à l'Empereur d'Allemagne et à l'Empereur de Russie. C'est beaucoup pour un Allobroge qui devait mourir, attaché à son rocher, comme une huître.

Juin.

-20. Garnerin et sa femme se sont élevés dans leur ballo)i en présence de la famille impériale et d'une foule de

S' Pétersbourg. 1803 Tuin-Xovembre.

Spectateurs, chuis le jardin du Corps des Cadets. Le citoyen Garnerin. en partant, a dit à l'empereur avec beaucoup d'affabilité : Adieu, votre Majesté.

Le vendredi 26 juin (8 juillet X. S/) j'ai diné chez .V. le C" de Stedding, ambassadeur de Suède, avec qui j'ai eu. une conversation intéressante sur les affaires du Roi et sur ma propre position. Le lendemain 2y, j'ai vu le Prince Czartorinski.

Juillet V. S.

z'^ conférence avec J/. le Comte de Woronzon' sur /t\r affaires de S. M. — même jour avec ^L Bairal — 21. avec M. l' Ambassad' d'Angleterre.

13. J'ai vu J/"' Anne Loper de Trieste qui parle Italien^ François, Allemand et Russe.

^J'ai mené 3/. l'abbé de Pindilli et J/. de Buttet

8 août

chez M. l'abbé Fontaine dans la i}iaiso}i de ^L Gounoropolo, négociant grec, où led' abbé après avoir fait ses déz'Otions, a testé en ma faveur, et nous a remis so)i testament.

Mardi 4 (16), mon frère est parti pour Moscozc. Le même jour j'ai été appelé à raudience de S. E. M. le Prince Czartorinski, dans laquelle il m'a dit, pour la prenf^ fois, des choses très flatteuses sur le compte de S. ^L et sur le mien.

Samedi et dimanche, course à Robschaz avec M. et J/"® de Goltz et les trois Princesses Kourakin. J'ai vu la chambre où Pierre II fut tué.

^bre obre

Le i" 9^''*' (13) j'ai eu une audience de L.L. M. M. l'Empereur et l'Impératrice daiis laquelle je leur ai fait part de l'accouchement de S. M. la Reine de Sardaigne. qui est accouchée de deu.v princesses, à Rome le y^""^ dernier.

s' Pétersbourg. 1803 X^''*'.

Le — la A eva s est gelée. Deux jours uhrès ou la ira-

verse.

Le — j'ai pris pour la première fois uu baiu Russe.

Il ue nia nuUenieut fatigué et je lu'eii suis très bien trouvé. Ce que les )uitious fout est presque toujours bien fait.

X^'^ 6 (18). Cour et Gala. C'est pour la prenf fois depuis mon arrivée.

Le dimanche 10 {22), Cour. Ledit jour, je remets à M. le Comte de Golt::, envoyé de Prusse, uu mémoire sur le subside, refusé à S. M. S. par S. J/. P.. et que je voudrais remettre sur le tapis.

Mardi 15 {2'/). eonversation avee ^L l'ambassadeur d'Angleterre.

Jeudi 17 (29), az'ee ^L le C de Boutourliii.

1804 Janvier-Mai.

Janvier 1804

10 (22) Audience de S. E. M. le Prince Czartoriski.

12. je lui envoie la note, du même jour, relative au cliez'^ Porcile, et je lui parle de Corfou daiis une lettre d'accompagnement.

Février.

16 (28) mars. J'ai vu pour la première fois un éléphant vivant.

Le 24 avril (6 mai), jour de Pâques dans ce pays, j'ai eoinmunié à S^ Pétersbouro- de la main du Général des Jésuites. — Qui m'eût prédit cela il y a 20 ans m'aurait un peu surpris.

Le 30 (12 mai), j'ai vu pour la première fois un Panorama (Berlin).

C'est une belle invention.

S' Pétersbourg. 1804 ^lai-Juin.

12 mai (24). J'ai reçu la nouvelle, par une lettre de Rome du 22 arril, que S. M. m'avait accorde le grand ordre de S. Maurice.

Le 25 (6 avril). J'ai vu au cabinet de S. M. I. les tablettes de Catherine II. Il parait qu'elle s'en servait peu, car elles sont extrêmement fripées à l'extérieur, et ne contiennent (quoique très volumineuses) qu'un fort petit nombre de pages écrites. J'ai lu ces mots à la tête, et c'est la seule chose écrite en français : Personne n'aime la vérité plus que moi. Si je ne la vois pas, c'est la faute de la vérité : pourquoi se cache-t-elle ?

C'est la phrase éternelle. Néron même n'a jamais dit (( Je n'aime pas la vérité ». Ne dites donc pas que vous l'aimez, car tout le monde le dit; mais recevez-la comme elle le mérite, et vous la verrez, bientôt, venir chez vous.

Le 7 (19) juin, j'ai vu l'académie des sciences qui renferme de très belles curiosités. Plusieurs préparations anatomiques de Ruisch de la plus grande beauté. Têtes d'enfans dans l'esprit de vin.

JJune représente la tranquillité paisible du sommeil. IJautre a l'air de se plaindre, en pleurant. Les caractères sont parfaitement exprimés et conservés. Un œil est fermé et l'autre à demi ouvert, on aperçoit le globe nullement flétri, ces différents morceaux feraient honneur aux cabinets de Boulogne et de Florence; ceux-ci sont cependant bien plus riches.

Plusieurs monstres — Enfans — animaux à deux têtes etc. . .

Crand éléphant, fort bien empaillé, avec son cornac sur le cou — i-is-à-z'is son squelette.

Un hypopotamc, un grand tygre royal, un zèbre etc.

Le cheval que Pierre-le-Grand montait à la bataille de Pultava. La selle, la bride, la housse de la plus grande

s* Pétersbourg. 1804 Juin.

simplicité — oti se sépare difficileiiieut de ce cheval. La figure même de ce grand homme de grandeur naturel, assise daiis so}i fauteuil de cérémonie sous un dais

— so)i habit, son ordre, ses bas, ses souliers, et jusqu'à ses boucles (qui ne sont pas à la d'Artois) sa figure est en cire, prise sur le cadavre, à ce qu'on m'a assuré, d'abord après la mort. Il était extrêmement haut en couleur et ce teint est soigneusement imité; à côté on voit, dans une armoire, ses habits ordinaires d'uniforme son épée et son chapeau très petit.

Une masse de fer inassif, pesant environ 1500 /. p. de marc, trouvée par M. P allas en Sibérie, enfouie à une très petite profondeur — cette pièce est unique -^ 'M. Chubert astronome de l'Académie qui me montrait ces curiosités, me dit quelle était tombée des nues; ce qui ne me fit point tomber des nues parce que je sais que c'est une idée à la }nodc, ad hue modicuni et nous dirons tout aussi familièrement que Titc-Livc — kipidibus pluit.

Des manuscrits Chinois et Tartarcs infiniment curieux

— une collection de médaillons européens dessinés au Japon avec des explications Japonaises.

Des indécences dans le goût de l'Aretin dessinées à la Chine par une main chinoise.

— beaucoup de libertinage et peu deJalent. — une suite de médailles Européennes dessinées au Japon, par une main Japonaise — très curieuse — c'est une espèce de manière noire, assez semblable à de vieilles gravures en bois.

16 {2^) Juin. J'ai visité le Palais S" Michel que Paul P avait bâti pour sa sûreté et qu'il a habité 40 jours. — la chambre où il a été tué; la place de son lit; la cheminée auprès de laquelle il se réfugia derrière un paravent, et où il fut découvert par Beninson qui dit : le voilà. La porte que Paul avait barricadée, contre sa

S' Pétersbourg. 1804 Tiiin-X^^"^.

femme, et qu'il ne put ouvrir pour se sauver, eelle par où entrèrent les conjurés etc. .

Un domestique, aux livrées de l'Empereur, explique tout cela.

8 (20) Conversation avec M. le P. Czartoriski sur les intérêts de S. M.

Le Mardi 19 (31), par une chaleur de 22° je me suis baigné et j'ai nagé dans la Xez'a avec beaucoup de plaisir.

Le jeudi V (13) 7''''^, je suis venu coucher dans mon nouvel appartement, chez M"^^ la Générale de Wolkoff, sur le canal de Catherine, entre l'Eglise de Casan et le Pont de Pierre ;z° ^2 — Je paye i^oo Roubles de loyer.

En suite de la rupture entre la Russie et la France. M . de Rayneval chargé d'affaire de France est parti de Pétersbourg dans la nuit du 8 au 9 (20-21)

12 au 13 (24-25) 8^''^ prem''^ neige pendant la nuit.

15 au 16, prenf^ gelée sensible.

22 (3 9^""*^). prem'^ neige stationnaire. 24, les Canaux commencent à geler.

16 {2^) Audience de S. E. M. le Prince Czartoriski. Je lui communique un extrait de la lettre de S. M. du 20 8^''''' écrite de Gaette.

X^'"^ 2y (H janvier 1805. ^^on.)

Le Mardi 20 X^""*^ 1804 (i Janvier 1805)

Epoque remarquable de ma vie.

Jeudi 23 (3 Janv) J'ai assisté au service divin des Tartares dans une grande salle du Palais de S' Michel. Je n'ai pu deviner s'ils sont Mahométans ou Lamdites.

Jeudi 29 (11 Janvier 1805), mon mémoire politique sur l'Italie, la Maison d'Autriche celle de Savoie etc. . a

"S' Pétersbourg. 1805 Janvier- Septembre.

cfc conunuuiqiic par loïc ///a/;; (7///k;, Jwrs de la z'oic officielle.

'Cette pièce anonyme est du iiwis de Janvier 1804.

JSi. B. Cette conuniinication retardée par quelques considérations, n'a eu lieu réellenient que le 9 (21) Janvier.

Mon frère arrivé ici le 13 (2^) de Moscou en est reparti le 29 (10 janvier) pour la niénic ville. J'ai l'espoir de le revoir bientôt.

Mars 15 (2/) J/^ l'Amiral de TcJutchagoff )ne donne, ce soir, l'assurance que mon frère entre au serz'ice de l'Empereur, en qualité de directeur de tous les établissements scientifiques dépendant de la nouvelle organisation de l'Amirauté. Cette nouvelle me pénètre de joie.

Avril 9 (21) // arrive de Moscou vers mi)iuit.

Avril 24 (6 mai ) Lr plus nmlheureux jour de ma vie.

Avril 2

T4 (26 ^lai) où est-il^

19 (31) Lettre de ma femme, écrite à Turin le ^0 Jui)i, qui m'apprend le départ de mon fils (le 22) et la maladie dangereuse de la mère — Terrible année!

J^a fête de PeterJwff. le 22 (3 août), a été beaucoup moins nombreuse et moins brillante que l'année dernière — à la table des inijiistres 12 personiies seulement. Les Ambassadeurs d'Angleterre et d'Autriche; les Ejii'oyés de Prusse, d'Espagne, de Danemark et de Sardaigne; les autres, des Gentilshommes attachés et M. Alopeus min. de Russie à Stockolm — nulle dame.

13 (25). Arrivée de mon fils, qui z-icnt de Turin où il a laissé sa mère et ses sœurs.

Le 25 (6 f) Je le présente à S. E. M. le Prince Czarforisky.

Ee même jour, départ de J/""^ la Comtesse de Monaco-

s* Pétersbourg. 1805 Septembre-Novembre^

Quenni, qui retourne à Venise, sa patrie, et de là à SpiUenberg, sa demeure. U esprit, la honte et l' habileté extraordinaire de cette dame, avec qui je me suis lie d'amitié, influeront peut être sur mon existence et sur celle de ma famille.

Septembre 9 (21) départ de S. M. I. pour ce voyage qui. suivant les apparences les plus fondées, retentira dansr la postérité.

gbr

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