‹ Les carnets du comte Joseph de maistreChapitre 115 sur 131 · remarquable · texte numérisé non relu

remarquable

Le g et le 11 (20 et 22) j'ai assisté à deux examens desélèves du Collège des Jésuites. Je ne me rappelle pas avoir vu dans ma vie rien de plus misérable. Je n'y ai plus retrouvé le talent inné de cet Ordre pour l'éducation de la jeunesse. Il s'agirait de savoir si les Jésuites manquent ici aux talents ou si les talents manquent aux Jésuites; pour moi, je n'estime, sur ce que j'ai vu, ni l'Argile ni le Potier.

Le 25 8**''^ (6 9^'"^) Nous commençons à recevoir lesmauvaises nouvelles d'Allemagne. Les Automates Autrichiens se laissent prendre comme des troupeaux de dindons. A JVersingen entre Ulm et Augsbourg une division considérable d'infanterie et quatre escadrons de cuirassiers se rendent sans coup férir. Il faut s'écrier comme Antoine (( ô dix-mille! (8 8^'"^)

9 S^^^. Combat de Giinsbourg. Buonapartc à Augsbourg le 10. — Bernadotte à Munich le 12.

25 S^'*". L'Empereur de Russie à Berlin; il repart le 3 9'"■^

Le il voit l'Empereur des Romains à Olmût::;

I^e même jour, Mack capitule à Ulm, N^elson combat les flottes combinées vers le Cap de Trafalgar il est

tué. — combat de Lembach sur le Danube —

Çbie

4, combat sur l'Ems à 12. combat à

S' Pétersbourg. 1805 X^'"^.

Crcinps. 15. Combat du Prince Bagratlon.

Xbre

6/18. Xous recei'Oiis les uouz-elles d'Allemagne décisives contre Xous — Suis- je Russe F

1806 Janvier.

Cette année commence pour moi sous les plus funestes auspices.

Le Ministre Prince Czartorisky m'a déclaré, dans une triste audience du 10 (29 X^''"^ v. s.), que S. M. I. n'était plus à même de donner aucune protection efficace aux Princes dont elle avait, jusqu'ici, défendu les intérêts : Que Buonaparte avait dit pour qu'on le répétât : (( Je sais que l'Empereur de Russie prend beaucoup d'intérêt au Roi de Sardaigne ; mais il m'est aussi impossible de le rétablir que de rétablir la liaison de Bourbon. » Le Prince m'a ajouté que Buonaparte consentirait difficilement à un établissement en Italie; il m'a parlé de Chypre, même de l'Afrique. Jamais je n'ai vu plus d'abattement, plus de foiblesse, januiis je n'ai vu plus complètement désespérer de la République; me voilà donc, de nouveau, retombé au fond de l'abymc. je suis ce que j'étais à J^enise, en 1799 — non, il y avait alors des possibilités de retour qui n'existent pas dans ce moment. Peut-être il s'ouvrira une nouvelle porte de salut. Je le souhaite pour mes enfans et pour ma femme; quant à moi. vixi. Une aimable femme de Genève m'écrivait il y a trois ans «. votre rôle n'est pas fini. Je crois qu'elle s'est trompée.

Vendredi 5 (17). J'ai assisté à un examen de jeunes gens dans la pension de l'abbé Maquart (ci-devant de l'abbé Nicole j — pas mieux que chez les Jésuites, p. ^8. Seulement, plus de charlatanisme parce que le maître

S' Pétersbourg. iSo6 Janvier-Mars.

est français. Des pJirascs, du pathos, mais rien de solide et tout par cœur. Cest là le viee général. Il s'est passé quelque ehose d'exeessiimieut plaisant, mais dont personne, exeepté moi, si je ne me trompe, ne s est aperçu : l'esame}! roulait sur la logique, le jeune homme qui répondait (Le jeune Prince Lahanoff, si je ne me trompe encore) s'est interrompu pour dire à Fabbé Macquart (( inais me permettrie::-vous M. l'abbé de l'ous faire une objection » ? ah î ah ! reprend l'abbé, comme //;/ homme surpris, z'ous voulez donc argumenter contre moi! eh! bien, voyons. Le jeune homme a commencé l'objection — mais, hélas, il l'avait oubliée, et l'abbé a du la souffler au perroquet. Partout ailleurs, il se serait élevé un fou-rire inextinguible: ici, on n'y a seulement pas fait attention.

Ensuite, on a pressente je ne sais quelle dissertation sur la philosophie; chaque élève était censé avoir fait la sienne, et cliacune était signée d'un nom particulier, c'était absolument le même thème fait en plusieurs façojrs: et il fallait n'avoir absolument point d'oreille pour y méconnaître le inème style. Chaqv,e parent présent n'a pas moins reçu son exemplaire avec délices, se croyant réellement ayeul de la dissertation, laquelle au reste, ne contenait que du jargon, des Ueux-conimuns, et quelques assertions, très fausses, sur Socrate.

J'en rez'ieiis toujours à dire que je n'ai pas vu dans ce pays l'ombre d'un irritable talent: la science est un fruit étranger à ce climat. On peut à force de soins et de dépenses le faire croître en serre chaude: Juais on n'obtiendra jamais que des formes extérieures sans suc et satis goût.

Le 28 (i 2 mars) j'ai assisté, au couvent de la Tauride, à l'examen des jeunes demoiselles; c'est tout comme dans celui des jeunes gens. Manie de tout apprendre et de ne rien approfo)idir. Au moment où je suis entré

s* Pétersbourg, 1806 ;Mars- Juillet.

//;/ joli bras étendu sur la planclic noire expliquait — et quoi doncf — le Quarré de rhypothénuse î et l'on l'eiiait d'expliquer l'hydrogetie et l' oxygène! singuliers objets pour de jeunes persoiuies et pour une éducation générale. Au reste, il n'y a pas une de ces devio'isclles qui se rappelle à huit jours de là le nom seul de ces connaissances. Deux éléz^es Jious ont fait entendre deux ariettes tolérables, ensuite la danse, théâtrale et par conséquent niauz'aise. Les traductiojis du Russe en François et du François en Russe étaient de petits morceaux, préparés d'az'ance, et appris par cœur : rien d'original, rien de z'éritablement louable; rien qui puisse faire honneur aux maîtres ou aux élèves.

dimanche 4 (16). J'ai fait une tentative essentielle.

S (14). Mon fils a pris sa première leçoti de Russe.

Avril I (13). Tentative encore plus difficile.

Mai

12 (24). 0)1 s'est chauffé avec grand plaisir — dans la nuit du 12 au 13 // est tombé un peu de neige — dans la nuit du 15 (7// 16 (27-28) // y a eu degrés de froid, il a neigé et la terre est demeurée blanche.

dans la nuit du 21 au 22 {2-2, juin), le froid aux jambes m'a tenu éveillé, inie partie de la nuit.

I^e 22, mai (4 juin), j'ai été voir Paulosky et Czarscocelo, en revenant. — Ce dernier lieu est plus mag)iifique; le goût d'architecture ressemble à celui du Palais d'hyver à Pétersbourg : c'est une corruption du vrai goût par une légère teinture de grec moderne, le tout est cependant magnifique.

2.2 Juillet, fcte de Peterhoff. j'ai été, avec mon fils, un valet de chambre et deux laquais — six ehevaux. Parti vers les ç h. du matin, arrivé ci midi. — o)i a diné ci J h. 1/2 — Tout le corps diplomatique était invité, ^'ontre la coutume ordinaire — petit uniforme, épéc

S' Pétersbourg- 1806 Juillet-Septembre.

ail côté pour le diné — dinc ridicule qui ne valait pas celui d'une maison bourgeoise — oii a pris le domino pour aller au bal à S h. — Xous n'avons pas soupe, m mon fils }ii moi — Sortis à 10 h. pour aller tenir compagnie à la duchesse de Serra-Capriola qui s'était retirée —

Le soupe, à ce qu'on m'a dit, a pleinement ressemblé au diné diplomatique — partis à i h. 1/4 arrivés à S. Pé~ tersbourg à 4 h. 1/4.

Jeudi 23 (4 7^''^). J'ai fait une partie à Gatschina avec le Comte de Xoronâ Ministre d'Espagne, M. et M""^ de Laval, le Comte et la Comtesse de Modene, mon filset moi — partis dans nne ligue à huit places et huit chevaux et une calèche, à ç h. du matin, arrivé à Csarco-célo à 11 h. j'ai vu de nouveau le Palais et lesjardins, nous avons déjeuné et nous sommes partis pour Gatschina à 2 h. après midi; nous avons fait la route en une heure 28 min. C'était la demeure favorite de Paul L et sa création — une inscription, mise sur le portail, porte que la première pierre fut posée le j?o mai ij66 et que le Palais fut aclievé en ij8i. cela doit-il s'entendre aussi des jardins^ on y trouve au reste de toute part le génie de Paul L c'est-à-dire un fond de véritable grandeur gâté par la bizarrerie et la Caporakrie. L'idée d'environner de canons une maison de plaisance, et celle de mettre dans un bassin creusé presque sous ses fenêtres deux vaisseaux de guerre, de 18 ou 20 canons, lui appartiennent entièrement — il y a dans les jardins plusieurs imitations de ce qu'il avait vu dans les pays étrangers, entre autres de Chantilly; les Bosquets de Silvie qui viennent de là^ dit-on, sont fort médiocres. Il y a une île de l'amoiir qui en vient aussi, à ce qu'on m'a dit. Sur la porte du Pavillon, on lit isle de l'Amour — Pavillon de Venus. (en Russe Pavillon vénérien) ce qui nous fit beaucoup'

s* Pétersbourg. 1806 Septembre-Xovembre.

rire: il y a dans ce pavillon quatre fontaines eji bois émineninient ridicules — ce sont des jets-d'eaux à mourir de rire. Parmi les livres de Paul, j'ai remarqué les œuvres de Fcnélon — le Palais est une fabrique immeîîse qui. par je ne sais quel miracle, renferme très peu de logement — L'architecture est d'ordre de Paul.

Nous sommes revemis diner à Czasck-celo, à huit heures du soir, et à minuit nous étions à Pétersboiirg.

28 (9 7^'"^) j'ai assisté au mariage de M. le C** de Galaté avec M""^ Anne Jeanne Chiarniaiva, fait dans la chapelle catholique de l'archevêque catholique.

J'ai signé l'acte comme témoin avec M. le chezf Davico de Final, capit""^ de Cavallerie an service de S. M. I.

2g 7^''^ (11. 8^'"^). première neige le matin. Je commence à faire du feu dans l'un de mes poêles. — la ]ieige ne tient pas.

Le 4 (16) 8^''^, J/. le C de Galaté m'a remis son testament que j'ai signé azrc m. fils, et M .M. les Gt /'//"" Zundeler et Davico; l'acte est fait à double : une copie est demeurée entre mes mains, l'autre a été remise à la femme de M. de Galaté.

8 (20) 2^^ neige qui vient.

16 (28) Xous recevons la nouvelle de la défaite des Prussiens par les François à la bataille d'Auerstett Jena le 14 (26) 8'"''

25 (6 ç^""^). Les canaux commençait à geler et je prends la pelisse. 28 (9 9^^"^), on commence à traverser les canaux sur la glace.

Le 30 (11 9^''^). La Xeva part en partie; plusieurs personnes qui passaient, sur des planches, sont emportées. Aucune n'a péri.

Dans la nuit du 2 au 3. 14 au 15 .V. S. à 5 //. du mat.

l'impératrice acoiiche d'une Princesse.

Le reste de Novembre, et dans le commencement de

s* Pétersbourg. 1806 X'"''.

X^'''' la température est très douée: il y a souvent deu.r ou trois degrés de chaleur.

X""'^ Nom'. Style

2T,. Visite à M. le Général de Budberg ministre des affaires étrajigéres, pour faire placer mon fils au service Russe; [en suis fort bien reçu. Suizvnt notre accord, je lui envoie, le 2"^, les deux pièces, saz'oir la lettre elle mémoire que je conserve dans mes papiers sous leslettres A et B.

Jeudi I"' janvier. M. de Budberg me dit que l'Empereur lavait cJiargé de me dire qu'il agréait mon fils, non seulement sans difficulté, mais avec un grand plaisir, qu'il le faisait officier d'emblée dans le corps des Chevaliers-gardes, qu'il )ie pouvait lui donner un grade supérieur à celui de cornette, puisqu'il ne traitait pas autrement ses propres chambellans, mais que je ne devais pas être en peine d'un jeune homme qui avait Alexandre I pour protecteur; // m'a ajouté que si le Roi avait donné quelque grade à mon fils l'Empereur y aurait eu égard.

Le 20, sa promotion a été mise dans le Prikase (ordonnance du jour) Le 22, il a mis le petit uniforme. Le 24, il a été présenté au général Ouii'aroff. le lendemain, à S. M. L et le soir il a été à ïhermitage.

27, // monte sa f^ garde.

Février

2 (14). Xous recevons, après-midi, la nouvelle de la grande bataille gagnée par les Russes sur les Français^ commandés par Buonaparte, les 26 et 2j janvier (j et 8 février) à Preussich-Eylau.

Bataille de Pultusk. Beningson 26 X^''' X. S. Buonaparte, Davoust, Lannes. 60000 François.

S' Pétersbourg-. 1807 Janvier-Mai.

Siipplcnicnt à la garde de Péfersboiirg iS Janvier 10.000 tués ou blessés, joo Pris.

2 ou ^.000 h. du eôfé des Russes.

22 du- même mois, eombaf d'Ezenioff, sous les ordres du C Osferman du côté des Russes — d'Azvusf suivant le rapport des prisonniers.

on dit que Buonaparte y était. — 6.000 morts; du eôté des Russes 300. eredat Judœus Apella.

25 et 26 à Holomin. Prinee Galitzin. Murât 40.OGO h. de ç II. du matin à ~ h. du soir. — Les Russes 80 morts. 77? blessés. 20^ égarés. L'ennemi, i.^oo h. tués ou blessés.

Mêmes jours 2^ et 26. dans les enz'irons de Lopaezin, eomm. le C'^ de Pahlen — point de détails sur les morts.

Février 7 et 8. Bataille de Pressiseh Eylau. Bejiingson. de 6 à 8.000 m. d'u)i eôté, de 12 à 1^.000 de l'autre, (on peut à peu prés doubler).

Le 13 (25) Mon fils est parti pour l'armée à 6 h. i '2 dit nmtin — Quelle séparation! — nuiis s'il revient quels transports! — // était né pour être Sénateur au Sénat de Savoie —

9(21) Conversation avee J/..1/. les Ambassadeurs d'Autriche et d'Angleterre sur les intérêts de S. ^L

Du 14 au 15 (26-27). Les z'oitures ont cessé de passer sur la Xez'a.

19 (i mai), j'ai assisté à une profession religieuse au couvent et dans la grande église de Xezesky. C'était un diacre de ?o ans environ qui ayant perdu sa femme devait se faire moine. — comme appartenant déjà à l'ordre ecclésiastique, on ne le coucha point sous le drap mortuaire. Il arriva, seulement, de la chambre de réflexion, à travers l'église, en chemise et sans souliers sous une espèce de voile noir que souteiuiient deux autres moines. Il était debout, devant u'ne espèce

S' Pétersbourg. 1807 Mai- Juin.

de pupitre^ sur lequel reposait le livre des Evangiles, grand in-folio, magnifiquement relié, avec des plaques d'or couvertes, d'un côté, de pierres précieuses; là, le récipiendiaire fut habillé. L'Evêqiie officiant était visà-vis de là, de l'autre côté du pupitre. Il l'interrogea, à plusieurs reprises, sur la liberté absolue de la démarche qu'il faisait. Il y avait une paire de ciseaux posés sur le livre de l'Evangile. Sur la première demande si c'était bien librement etc.. le candidat prit les ciseaux et les remit à l'Evêque. Celui-ci les remit sur le livre et répéta la question, qui eut lieu trois fois, avec la même cérémonie. A la f, ïEvèque se servit des ciseaux pour couper les cheveux du moine. Je remarquai avec M. Alexandre Louis Narischkin, grandchambellan, combien cette cérémonie ressemble à une réception de Maitre Franc-maçon.

128 (10 mai), Xous voyons un grand phénomène : la rivière a tenu jusqu'à ce jour. Depuis la fondation de Pétersbourg, c'est-à-dire depuis un siècle, il ne lui était arrivé que deux fois en i/'S9 ^^ ^74- > ^^ tenir jusqu'au 2j. Aujourd'hui, elle commence seulement à s'ébranler.

3g. à 10 h. du matin environ, elle part; entre i h. et 2 h. de l'après-midi, le Gouverneur passe. Le même jour dans la soirée, orage avec grêle et tonnerre. Combien peu d'hommes reverront cela!

Dajis la nuit du 9 au 10 mai (22-22) // a neigé; le matin, le terrain était absolument blanc; mais la neige n'a pas tenu un instant.

dimanche, 26 mai (7 juin), à midi précis, je suis parti pour Schlusselbourg avec le C et la Comtesse Grégoire Orloff, le Comte Soltykoff, frère de la Comtesse. M^^^\ Marie et Frédérique de Bode, le Comte de Modcinc et M. Gorieff fils du ministre. Chambellans de S. M. I.

Schlusselboiirg. 1807 - Juin.

Nous sommes arriz'cs à 6 h. i 2, et dans la soirée même, vu la longueur des jours, nous avons pu nous rendre à la Citadelle, bâtie sur un petit îlot de roeher, où l'on se rend en 15 ou 20 minutes de navigation. Cette forteresse fut bâtie en 132^^ par le gra)id due de Moseovie Gcorge-Danilowitz III qui l'appelait sa noisette. En /J-/7 elle fut prise par le Roi de Suède, Magnus, sous l'empire de Simofi Izeaiwz^'iteh. En I^j2 les Xovo gordiens s'en emparèrent et la fortifièrent de Bastions et de Tours: mais le C::ar Miehel-Fédérowitch Romanoff la eéda, depuis, aux Suédois avec tous ses environs et ses des. Enfin, le 11 8^''^ 1702, Pierre I la reprit sur les Suédois, et maintenant e'est une prison d'Etat. Cet aperçu historique est tiré d'une ijiscriptioji Russe, écrite sur une plancJie de cuivre, qui est chez le gouverneur, nmis nullement attachée. Ce gouverneur, qui s'appelle Plutaskoff, est un vieux bonhomme, d'une extrême simplicité, à-peu-près aussi prisonnier que ceux qu'il tient sous clé. Il a 2.800 roubles d'appointement avec le grade de Général-Major. La place de Gouverneur de Schlusselbourg ne peut être que celle d'un pauvre officier de fortune. M. Plutaskoff nous attendait, dans la ville, et, tout de suite, nous nous embarquâmes, avec lui, dans une grande chaloupe. En arrivant chez lui, il entendit nommer le Comte Soltykoff, et lui demanda, avec empressement, des nouvelles du maréchal, son père, qui est mort depuis deux ans. On peut se figurer ce que c'est qu'un officier qui peut ignorer, pendant deux ans, à j8 zcerstes de la capitale, la mort d'un Maréchal de l'Empire; nmis il y a quelque chose qui vaut bien mieux que la gloire et l'élégance, c'est un excellent homme, fait exprès pour sa place, parcequil est plein d'humunité. La bonté de son naturel Perce à travers toutes ses formes simples, et personne n'en peut douter, dès qu'on

Schliisselbourg. 1807 Juin.

Va entendu une demi-heure; il nous a excessivement <imusés en nous parlant de la bonne et nombreuse compagnie que Paul F lui envoyait, et des choses quil faisait pour adoucir le sort de tant de malheureux : un jour ce tyran, en délire, lui envoya deux époux sexagénaîres, avec ordre de les séparer; il prit sur lui de les réunir : une autre fois, Paul avait assigné cinq kopecks par jour pour V entretien de certains prisonniers; le gouverneur les nourrit fort bien et à ses frais, L'Empereur le sut et lui en fit des reproches — Sire, lui répondit Vhonnète Plutaskoff, jamais V. M. ne m'a domié l'ordre de faire mourir personne de faim. L'édifice est un grand rectangle, flanqué de quatre grandes tours rondes, aux quatre coiiis. Le tout est environné d'une autre enceinte, formée par quatre bastions réunis par autant de courtines; la porte est dans le petit côté qui regarde le Sud. Cette enceinte m'a semblé, évidemment, plus moderne que la forteresse proprement dite. Celle-ci est bâtie de pierres longues et plates d'un grain extrêmement dur : elles m'ont paru prises dans le même banc. Les murailles, du moins celles des tours, sont extrêmement épaisses : on en juge par les embrasures extérieures. Le long des murs d'enceinte, des deux grands côtés, il règne un portique sous lequel se trouvent les portes des cachots. A la droite de celui qui entre, et vers le milieu, on vo'it le cachot du malheureux Prince Iii'an, où il fut tué par l'intrépide lorsque les conjurés eurent pointé

le canon sur la porte du cachot. On y descend, d'abord, par un escalier de trois ou quatre marches; ensuite on tourne à gauche et une seconde porte vous mène dans la triste demeure; ce n'est certainement pas celle d'un Prince, mais si on la considère comme un cachot, elle n'a rien d'inhumain. Elle ]n'a paru saine, et reçoit le jour par une grande foictrc qui donne immédiatement

Schlusselboiirg. 1807 Juin.

sur le portique. La pièce est fort éclairée dans son genre, et pourrait se nouimer, à ce qui me seuible, la belle chambre d'un paysan.

£n continuant à marcher, du même côté, ayant ce cachot à sa gauche, on trouve dans le coin, des appartements où Von entre par un pont jeté sur un fossé d'eau. La porte qui est au bout du pont est longue et étroite, d'une forme gothique et ridiculement barriolée de noir et de blanc à la manière de Paul L Là, personne n'entre, que les officiers de la forteresse que leur service y ■appelle. Cette partie du logement fut bâtie ou arrangée par l'Empereur Pierre III, pour y loger, plus décemment, le Prince Izvan, à ce que disaient les partisans de l'Empereur; et, suivant ses ennemis, pour y renfermer sa femme qui le prévint comme on sait.

JLu milieu de la vaste cour il y a une petite chapelle délabrée oii je ne suis point entré; mais du côté du cachot d'Izvan, il y en a une, intérieure, qui est très propre et fort bien décorée. Le Gouverneur m'a montré une chambre, par derrière, d'où les prisonniers, qui ne doivent avoir aucune communication avec le dehors, peuvent entendre la messe sans être vus. En voyant cette chambre qui n'est nullement obscure, j'ai bien compris qu'il y a des communications intérieures entre toutes les parties de ces appartements, même avec celui du coin; mais on ne les voit pas. On m'a cependant offert de faire le tour de la galerie supérieure qui règne tout le long des grandes murailles d'enceinte. Il me parait probable que le logement bâti par Pierre III, et qui £st adossé à la tour, du côté gauche, au nord, communique avec cette tour et qu'elle peut être habitée par des prisonniers, mais je n'en suis Pas sur. Ce qu'on m'a assuré, c'est qu'il n'y a de prisonniers que dans cette partie.

Dons ce moment, on n'entend parler que d'un seul pri-

Schlusselbourg. 1807 Juin..

somiicr. C'est le jeune Comte R. qui n'a eneore tué que deux houunes. Lliwnanité d'Alexandre I n'a laissa d'autres eaptifs à Schlusselbourg.

J'ai vu une singulière ehose dans la ehapelle, c'est un tahleau d'argent à la manière grecque, qui représente la mort de la S'*" Vierge — Elle est couchée tout de son long dans un lit, environnée d'une foule de personnages qui représentent, je crois, les apôtres. Les figures, en général, sont rehaussées et gravées et les têtes sont peintes. C'est le nec-plus-nltrà du mauvais goût; mais ce qui in' intrigua beaucoup, ce fut de voir à côté du lit de la S'"" Vierge Jésus-Christ tenant entre ses bras cette même S'" Jlerge plus petite cependant que celle qui est couchée. Je demandai à l'un des assistants, ce que c'était donc que cette seconde figure de la Vierge Marie! il me répondit : c'est son ame. ce qui ne parut très bien iriventé.

En tournant sur le bastion, qui fait front à l'une des tours, j'ai vu un soupirail qui peut se fermer avec une porte de fer; bientôt, j'en ai découvert un second de la même espèce. Ees deux petites portes étaient ouvertes, à fleur de terre. J'ai regardé par ces soupiraux qui plongent dans la terre, assez profondément, et qui n'ont guère, à l'extérieur, plus de 8 ou 10 pouces d'ouverture en quarré; mais ils vont un peu en s'agrandissant et forment, à l'extrémité intérieure, une petite fenêtre oblongue fermée d'une épaisse grille en fer. Les cachots, éclairés seulement par ces ouvertures, doivent être, autant que j'en ai pu juger, plus bas que le niveau de la mer. Ce sont de terribles habitations^ mais vacantes dans ce moment.

Xous sommes revenus à Schlusselbourg où nous avons soupe et couché. Le lendemain d'assez bonne heure, nous avons visité la fabrique d'indienne, ou plutôt l'atelier de teinturerie, car l'on n'y fabrique point les

Schliisselbourg. 1807 Juin- Juillet.

toiles. Toute la zwitc se fait dans Vintérieur, vu que les prix sont trop hauts pour supporter la eoueurrence étrangère. — Xous az'ons vu les écluses qui ont donné le nom à Schlusselhourg et remhouchure du fameux canal ouvert en lyiç par Pierre I, et terminé seulement en //j. . . . pour joindre la Neva au JVolkoff en côtoyant le lac. A midi, nous sommes retournés dans la forteresse où nous avons diné (ou déjeuné) chez le Gouverneur. De retour, avant j h., jîous sommes partis en poste, comme nous étions venus, à j h. 1/2, et à 8 h. 1/2 nous étions rendus à S' Pétersbourg.

Le soir du dimanche 9 (21) juin, j'ai lu sur tous les visages au jardin Strogonoff, l'échec souffert par les Russes à Friedland — le 2 (14), et dont la nouvelle était arrivée, la veille, à V impératrice, au moment on elle se rendait à F église pour assister au Te Deum chanté dans l'église de la cour pour la victoire dîù .2Ç (10 juin); j'ai cru lire, de plus, sur ces mêmes z'isages décomposés, quelque chose qui m'était particulier.

Res est solliciti plena timoris amor

jE» repassant tous ces signes, dans ma tête, j'en suis venu à penser qu'ils signifiaient la mort de mon fils. Bientôt je m'en suis convaincu comme d'une proposition mathématique. Je ne crois pas qu'il m'arrive jamais de passer une nuit aussi terrible que celle du dimanche au lundi ç-io.

Le lendemain matin mon frère m'a appris que le régiment des chevaliers-gardes n'avait pas donné.

9 (21) Juin Dimanche +

.3 (15) J^^illet, actions de grâces à l'Eglise de Casan pour la paix conclue avec la France le 2y juin (ç juillet), paix par laquelle les frontières de la Russie ont été assurées par une augmentation de territoire.

S' Pétersbourg. 1807 Juillet-Août.

L^ 5 (17) Te Deimi dans la même Eglise pour le retour de S. M. r Empereur, heureusement arrivé la veille^ vers les 10 h. du soir.

]\Iathieu Garo s'en fut à la maison

En louant Dieu de tout.

Fête de Peterhoff 22 Juillet (3 août)

Je suis parti à p h. du matin avec mon valet de chambre^ mes quatre chevaux et les deux de mon frère — je me suis arrêté un quart d'heure environ chez M^ la Comtesse Golozvin et je suis arrive à 11 h. 3/4 — diné à 4 h. 14 personnes, il/"^ de B renier seule femme. Au bal entre y et 8. Le soupe à 10 h. et demi, ensuite nousavons suivi la cour en ligues. N'ous étions de retour à minuit 1/2 — je suis reparti à i h. arrivé à S^ Pétersbourg à s /i- 1/2 — Tout le corps diplomatique sans distinction a été invité comme l'année dernière. La partie m'a coûté 28 R. 50 K

Le 6 (18) entre p et 10 h. du soir, on m'apporte le traite de Tilsit le 25 juin (j juillet) .

N. B. on avait dit d'abord le 2y (ç) ; il s'agissait de la ratification.

Le 10 {22) J'ai revu mon fils, bien portant, à Morsinka chez le duc de Serra-Capriola oïl il avait précédé soii régiment, il était parti le Jj (2^) février.

Le g (21) Audience de M. le Général de Budberg ministre des affaires étrangères, dans laquelle il me signifie tristement que le Roi de Sardaigne avait été abandonné dans le traité de Tilsit, et que l'Empereur, ayant commencé la guerre pour le salut de l'Europe, avait été obligé de la finir pour le sien.

27 (8 9^'"'') M. le général de Budberg s' étant retiré, M. le Comte Alexandre de Soltykoff, ministre-adjoint^ prend le porte-feuille par intérim; le 2y j'ai eu, de lui, une audience dans laquelle j'ai commencé à marcher

S' Pétersbourg. 1807 Septembre-Octobre.

absolument seul pour teufer d'être utile à la maison de Savoie, de quelque manière extraordinaire. Septembre

8 (20) audience de M. le Comte de Roman zoff — Je lui découvre le projet que j'ai formé d'aller, de mon chef, parler à Buonaparte en faveur du Roi de Sardaigne; et à mon grand étonnement, le projet, au premier coup d'œil, ne lui déplait point.

26 (8 S^'"^) j'ai commencé à écrire les Etymologies sur mon exemplaire du dictionnaire de l'académie, Nimes 1/86. 2 vol. in-4''. J'ai commencé par le mot année. 29 (ti S*""^). Audience de M. le C'^ de Romanzoff, dans laquelle il me dit que S. M. I. approuve fort mon idée d'aller à Paris, et qu'elle lui a ordonné d'en parler, dans ce sens, à M. le Général Savari, en me recon.mandant fortement à lui.

En conséquence^ ne pouvant encore me rendre chez le Général, à cause de l'état de guerre qui subsiste en quelque manière entre la France et la Sardaigne, il est convenu, par le moyen d'un ami entremetteur, que nous nous verrons en maison tierce; le rendez-vous est fixé au mardi i'" S'"'' (13), à 7 h. du soir, chez M. de Laval chambellan de S. M. I.

Octobre

i^'" (13). Mémorable conversation avec le Général Savari. Elle a duré depuis 7 h. du soir jusqu'à tme h. après minuit; il a fini par se charger d'envoyer à Paris le mémoire par lequel je demande une audience à l'Empereur Napoléon.

9 (21), première neige qui marque.

16 (28). J'ai assisté avec M. le Comte Jean Potosky à une leçon de Médecine Clinique et Théorique, donnée par le célèbre docteur Frank, au Collège public de Médecine et de Chirurgie, édifice somptueux d'une

s* Pétersbourg. 1807 Octobre.

très belle arcliitecture dont la façade, surtout, est très remarquable.

Cet édifiée reii ferme un petit hôpital, qui m'a paru parfaitement propre et bien servi. J'ai observé, avec intérêt, qu'un petit O ni r guis de quatre ou cinq a}is, attaqué d'une atropine universelle qui l'a réduit à un état pitoyable, était pourvu de joujoux pour ïenipécher de s'ennuyer.

Lorsque nous sommes entrés, M. le Z)'" Frank, au milieu d'une foule de jeunes gens, cent pour le nioijis, à ce qu'il m'a paru, qui environnaient le lit d'un jeune homme attaqué de la teigne, expliquait la métJiode curative de cette maladie.

De là, nous sommes passés dans la nmgnifique salle voisine où il donne ses leçons théoriques. Il a parlé pendant une heure, au moins, sur ïhydrop'isie; comme il avait parlé précédemment des causes de la maladie, il a parlé, dans celle-ci, des plantes curatives, surtout de la squille marine et de la digitale: à propos de cette dernière plante, il a dit ces mots remarquables : « // (( faut bien se garder de mépriser les remèdes popu- (( laires. ils soiit soui'ent très précieux: ils sont fondés (( sur l'expérience et l'expérience appartient à tout le (( monde. Je n'ai pas plus de talent qu'un homme du (( peuple pour savoir si un verre d'eau froide guérit (( le colera-morbus. L'efficacité de la digitale, dans (( l'hydropisie, a été découverte, à Londres, vers l'an « JjSj, d'une manière fort curieuse. Une vieille (( femme avait un remède, qui produisait d'assez bons <( effets pour qu'un bon médecin, nommé IVedrink, (( crut devoir lui proposer de lui acheter son secret : (( mais la bo)ine femme fui inébranlable et ne voulut (( le lui céder pour aucun prix. Alors, il se borna

<( La vieille y consentit : mais elle hacha la plante, pas (( assez, cependant, pour que le médecin, qui était

s* Pétersbourg. 1807 Octobre.

(( excellent botaniste, ne la reconnut à son earaetère (( marque. Elle est articulée d'une manière qui lui a (( valu le nom quelle porte. Il essaya le remède et il (( eut beaucoup de succès. Une qualité merveilleuse (( de cette plante, est de ralentir le pouls. Les pulsa- (( tions ont été réduites quelquefois de /fi, par minute, (( à 4j. ))

Le docteur Frank parle latin avec une facilité merveil- IcHSC. Parmi les Russes qui Fentendent, et qui sortent des Séminaires, plusieurs m'ont paru assez forts dans la langue, car ils écrivaient à mesure que le docteur parlait, surtout les formules de remèdes. D'autres savent très malle latili, à ce que m'a dit M. Frank, mais il le leur apprend en conversation autour du lit des malades, et bientôt, m'a-t-il ajouté, ils m'entendront suffisamment.

Un compliment que je lui ai adressé, sur la facilité et r élégance de son élocution, iious a conduits à parler du latin et du grand tort que faisait aux sciences l'oubli de cette langue, dont il résultait que, bientôt, il faudrait commencer à charger sa mémoire de cinq ou six langues, avaiit de commencer à étudier.

M. Frank a fort approuvé ces idées : « je ne veux pas, » m'o-t-il dit ((, excuser tout-à-fait les Jésuites d'avoir (( un peu retardé renseignement, mais il est cepen- (( dant vrai, et je l'ai reconnu par une expérience (( constante, que tous les hommes élevés chez ces Pè- (( res, ont toujours été, toutes choses égales, supé- (( rieurs aux autres. »

JLe temps ne m'a pas permis de lui demander ce qu'il entendait par là, ni comment la première partie du discours s'accordait avec la seconde.

JSiOS derniers mots ont été sur Hyppocrate : (( Je l'ai tout lu, lui ai- je dit, combien je désirerais passer quelques jours avec vous, et vous entendre parler sur cet

S' Pétersbourg. 1807 Novembre-X^^'^.

lioniinc! » — oh Hyppocrate, m'a-t-il répondu; je l'admirais déjà beaucoup dans ma jeunesse; mais à mesure que je vieillis je l'admire davantage.

Je me suis retiré uti conviva satur, extrêmement satisfait de ma matinée.

22 (3 9^''^). Audience chez le C de Soltykoff. Avant cette audience, j'ai appris que l'Empereur et le ministre ont parlé avantageusement de moi au général Savari, de manière que me voilà encore dans une dessituations les plus chanceuses où jamais je me suis trouvé. Si Napoléon me refuse, tout est dit : Je suis gros Jean comme devant; mais s'il me reçoit, qui sait 7

Aujourd'hui même, le général Savari envoie à Paris Ir mémoire autographe du 8 (20 y^''^), qui doit être mis sous les yeux de Buonaparte; — j'ai appris, depuis, qu'il n'était parti que le 2j.

Dans la nuit du 19 au 20 9^''^ seulement, les canaux commencent à geler. — La Neva charrie des glaçons et ne se prend que dans la nuit du 27^ au 24 (5. 6. X^") Jamais il n'y a plus de 10'^ de froid, et souvent il y en a 2 ou ^ de chaleur. — La rivière recommence à couler.

I (13) X^''^ on commence à passer la rivière à pié, mais les voitures ne passent que — elles ne passent point.

On nia assuré que le 20 (2 X^''^) le canal, entre Oranienhaum et Cronstadt, était déjà parfaitement gelé.

5 (17). Arrivée de Caulincourt, ambassadeur de France^

i'" Janvier (13) Gala, le nuitin, à l'heure ordinaire de- Midi; le soir Mascarade et soupe à l'hermitage. je ne suis arrivé qu'à 10 h. et faisant le tour par l'hermitage avec M. le duc de Serra-Capriola, et j'ai attendu le soupe dans les salies de cette partie du Palais saiis en-

S' Pétersbourg. 1808 Janvier-Avril

trcr dans le bal. Xous azviis z-u une grande nouveauté. M. Lesseps consul de France et M. Lerett Harris, Consul des Etats Unis, oit été invités au soupe de l'hermitage. Et les chargés d'affaires ne Vont pas été. L'Empereur a dit Stet pro ratione voluntas — Sic volo sic jubeo: mais, pourquoi diviser ces deu.v choses? — Le matin j'avais le grand uniforme : le soir j'ai pris le petit sans épanlettes avec le manteau vénitien. — d'abord, après le soupe qu'on a servi à 11 h. je me suis retiré, mais il a fallu traverser les salles du bal, non sans être foulé d'une étrange manière; mais^ je me flatte avoir fait autant de mal que j'en ai reçu. — à I h 1/2 j'étais au lit.

6 (18) Bénédiction des eaux. Le corps diplomatique, invité pour II h., devait arriver par la porte de l'hermitage je m'y suis rendu, entre 11 h. et midi, avec M. le duc de Serra-Capriola; à une heure les troupes ont commencé à défiler et n'oiit fini qu'à trois. — Xous avons attendu la cérémonie dans la lanterne qui donne sur la place du Palais et dans la chambre qui la précède; ensuite, nous nous soiiimes rendus dans la grande salle du Balcon-Terrasse, qui a vue sur la A'eva, où nous avons fait notre cour au.v Impératrices et aux Princesses, suivant l'usage. — // y avait 6 d. de froid seulement mais beaucoup de vent; la troupe a demeuré 8 h. sous les armes; plusieurs soldats, à ce que m'a dit un officier, sont tombés évanouis.

5 (17), avril +

Le 12> (-6). La Xeva part. Le lendemain vers les 11 h. le Gouverneur passe.

Le 18 (30). Audience chez J/. le C X'ic. de Romanzoff 1° J'expose la situation actuelle de S. M. 2\, la mienne propre. j° Je parle des violences commises par les Anglais et par les Russes sur les côtes de Sardaigne. Je communique la note verbale du même jour 18.

— ,ft

:S' Pétersbourg. 1808 Mai-Xovembre.

3 (15') M. le Baron de Meyrau a déposé chez moi 20 ducats, que j'ai ioi)ifs aux 180 qu'il ui'ai'ait déjà remis: j'ai fait du tout un seul paquet que j'ai cacJieté à sou adresse eu sa présence et je lui eti ai fait mon reçu.

Le 15 {2"/) Mon fils est parti, ai'cc M. le Marquis Paulucci, pour l'armée de Finlande, oit il est attaché à la division du général Barclet de Tolli, en qualité d'adjoint au yp^ Paulucci chef de l'état général de cette diz'ision.

Juillet.

5 (17). on se chauffe avec plaisir.

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