‹ Les cas de fièvre de MalteChapitre 18 sur 32 · CREER AENNEPINET TS CS · texte numérisé non relu

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La tuberculose. — La tuberculose est un des diagnostics qui pourront venir facilement à l'esprit ; tout d'abord à cause des poussées fébriles, puis à cause des allures traînantes de la maladie, enfin à cause de l’amaigrissement et de la pâleur, surtout, si comme il est possible, on observe quelques phénomènes pulmonaires. C’est ce diagnostic qui vint à l'esprit dans l'observation IV ; mais il fut vite rejeté.

D’après Genon, Selle et Rist, la phtisie pulmonaire est parfois à ce point simulée par la fièvre ondulante que certains auteurs ont décrit une phitisie méditerranéenne remarquable par son heureuse évolution habituelle. Les signes broncho-pulmonaires, les sueurs nocturnes, la cachexie, la fièvre rémittente ou intermittente qui rappelle dé si près l'hecticité sont autant de causes d'erreur. Cependant l'absence de localisation au sommet du poumon, l’absence de bacilles tuberculeux dans les crachats permettront, en général, de faire un diagnostic exact.

Etant donné les accès fébriles et les accès de sueur, ka maladie peut être simulée par une suppuration profonde, telle qu’un abcès du foie ; c’est encore une des hypothèses qui furent envisagées dans l’observation IV.

D'autre part, les symplômes douloureux peuvent attirer spécialement Pattention, les névralgies, les arthralgies par exemple. C’est ainsi que M. Gouget eut l’attention attirée au début de laffection qu’il Taphanel \ ‘ 3

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relate par une douleur persistante dont le malade se plaignait à peu près exclusivement et qu il localisait nettement au niveau de l’épine iliaque postéroinférieure droite, et qu’il attribuait à deux traumatismes successifs ; de sorte qu'on songea tout

d'abord à un foyer d’ostéite consécutif aux trauma-.

tismes, mais un examen radioscopique ne révéla rien d’anormal. ; SE

Le rhumatisme articulaire aigu est encore une des affections avec lesquelles se pose le diagnostic de fièvre de Malte, à cause de l’état fébrile, des sueurs profuses, des douleurs articulaires et de l’anémie ; mais malgré les variations des localisations, les articulations atteintes sont en petit nombre. Le sali-

cylate de soude n'exerce aucune influence sur les |

douleurs.

Dans l'observation IV, où l’on pensa un instant à cette hypothèse, le diagnostic put être éliminé facilement.

La confusion peut être faite avec une arthrite tuberculeuse, et Rist (Soc. méd. des Hôp., séance du 4 décembre 1908) a rapporté l'observation d’un enfant qui avait été soigné pour coxalgie parce que les douleurs articulaires s'étaient localisées au niveau de la hanche gauche ; l’enfant avait été envoyé en France pour être soumis à la cure marine de Berck. En réalité, il n’y avait pas d'arthrite tuberculeuse de la hanche, comme l’a prouvé l’évolution de la maladie.

Le diagnostic, comme on le voit, est, en résumé, relativement facile, à condition toutefois de

penser à la possibilité de cas de fièvre de Malte.

Ce qui a fait jusqu'ici la difficulté du diagnostic dans nos régions, c’est la rareté même des cas observés. C’est &e qui explique que dans toutes les observations que nous avons en vue, les auteurs

aient hésité assez longtemps avant de porter un diagnostic. Comme le disent la ‘plupart des auteurs eux-mêmes, c’esi parce qu'ils n'étaient pas suffisamment familiarisés avec les maladies exotiques qu'ils éprouvaient ces difficultés,

Dans les observations de Seine-et-Oise, rapportées par M. Danlos, le diagnostic de fièvre de Malte ne fut posé que rétrospectivement, alors que les malades étaient guéris. C’est à l’occasion de la lecture de ces observations que M. J. Auclair pensa à la possibilité d’une fièvre de Malte chez les deux malades qui étaient dans son service depuis plusieurs semaines. Ce n’est également qu'après plu- - sieurs jours que M. Gouget pensa à la fièvre de Malte chez son malade. D'ailleurs le diagnostic devient relativement facile au cours de l’évolution de la maladie : il est évident qu’au début, le diagnostic est beaucoup plus difficile.

En outre, les formes atténuées présentent encore de plus grandes difficultés de diagnostic ; dans l'observation V, par exemple, la fièvre de Malte aurait échappé au diagnostic si Le hasard n'avait permis aux observateurs de l'examiner en même temps que le

malade de l'observation IV, dont le cas élait beaucoup plus typique.

Au surplus, il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que trois de nos malades exerçaient la même profession (garcon boucher chargé d'abattre les animaux) et que les deux autres étaient en contactavec des animaux d’origine exotique.

Les conditions étiologiques ont donc ici également une grande importance : avant même d’avoir fait le diagnostic de fièvre de Malte, M. Danlos avait déjà pensé à la transmission possible de la maladie par les chèvres importées ; chez les deux bouchers qu'ils eurent à soigner, MM. J. Auclair et P, Braun, avant d’avoir posé le diagnostic de fièvre de Malte, avaient déjà pensé, eux aussi, à la possibilité d’une maladie provenant de moutons exotiques.

Il n’est donc pas douteux que la profession des malades (boucher ou autres professions mettant les individus en contact avec des animaux) doit intervenir dans le diagnostic.

Il n'en reste pas moins vrai, cependant, que la fièvre de Malte nostras est, Jusqu'ici, une maladie

rare, el, comme le dit M. Wurtz, on y pensera plus Souvent pour l’éliminer.

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