‹ Les cas de fièvre de MalteChapitre 26 sur 32 · NP PERTE UNE · texte numérisé non relu

NP PERTE UNE

(Note de MM. Jules Auclair et Paul Braun (1).)

[Communicat. à l'Acad. des Sciences, 27 déc. 1909. ]

Deux cas de fièvre de Malte

oraisembläblement contractés à Paris.

Clément M... dix-neuf ans, entre au Bastion le 3 mai 1909. Garçon boucher aux abattoirs de la Villette, dans un pavillon de moutons, la partie essentielle de sa tâche consiste à dépouiller ces animaux. Sa profession ne l’a ja nais mis en contact avec des bœufs, des porcs ou des chèvres. Son père est mort, il y a treize ans, d’une affection pulmonaire chro- ne Ne.

nique, sa mère et son unique sœur sont bien portantes. Lui-.

même a eu la varicelle à huit ans, une pneumonie à dix ans. LAN À douze ans il fut soigné à l’hôpital CIl.-Bernard pour une | a affection aiguë d’une durée de deux mois, caractérisée par une fièvre élevée et des troubles gastro-intestinaux (co- : \ ï liques, diarrhée). A quatorze ans mastoïdite, opérée à Lariboisière et suivie de guérison complète, Depuis cet âge, à DRE part quelques rhumes légers et quelques épistaxis, le malade a joui d’une bonne santé.

Il habite Aubervilliers, travaille à Paris et n’en a jamais

quitté les environs immédiats.

Le début de la maladie remonte au 25 avril : il fut pris vers

1. Les détails de l'observation, inédits, nous ont été obligeamment communiqués par les auteurs.

ÉTRENSREE

le soir d’une légère céphalée et de lassitude générale. Le 26 et

le lendemain 27 M... se rend à son travail malgré la persis- ; tance de ces symptômes. Le 28 avril il reste couché pendant

vingl-quatre heures, essaie de reprendre son travail le 29

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et le 30, mais la faiblesse générale, la courbature, la céphalée et l’insommie deviennent telles que le jeune homme s'alite définitivement le re mai. Le 2, un médecin appelé cons-

tate une température de 39°8, ordonne des enveloppements

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humides et prescrit une purgation contre la constipation

qui durait depuis plusieurs jours.

Le lendemain il l'envoie à l'hôpital avec le diagnostic de fièvre typhoïde probable,

À son entrée le malade se plaint de céphalée légère, d’insomnie, de lassitude générale. Ni vertiges ni bourdonnements. Depuis la veille il existe une diarrhée jaune d'odeur infecte, mais l'appétit est conservé, la langue est bonne, humide. La température est à 4o degrés, le pouls est bien frappé, 8o pulsations à la minute, d'un dicrotisme typhique ; la rate est nettement appréciable à la percussion,

elle paraît cependant peu augmentée de volume et n'est pas

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douloureuse ; le foie dépasse sensiblement le rebord costal, l'abdomen est un peu ballonné ; on provoque du gargouillement par la palpation de la fosseiliaque droite. Il n'y a pas de taches rosées. L'examen du poumon est négatif, ni toux, ni dyspnée, ni signes physiques anormaux. Les urines sont claires,en quantité à peu près normale,ne contiennent ni albumine ni sucre. Le malade répond bien aux questions, l'intelligence est complète, pas de stupeur, pas de facies typhique Enfin le séro-diagnostic de Widal est négatif.

En attendant que l’évolution de la maladie permette de

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- préciser le diagnostic, M...est mis au régime habituel des

typhiques, lait, tisane et balnéation. Pendant les quinze jours suivants l'état ne se modifie guère, seule la température du matin a une notable tendance à se rapprocher progressivement de la normale qu’elle atteint le 15 mai. La température du soir reste sensiblement plus élevée, mais finit par osciller entre 37 degrés et 38 degrés. La diarrhée persiste | durant cette période, le dicrotisme du pouls est très accusé, le foie et la rate restent hypertrophiés. Toujours pas de taches rosées, pas de phénomènes pulmonaires, pas d’albumine, pas de stupeur, mais l’amaigrissement s'accuse tous les jours, la face est pâle, décolorée, elle se congestionne le soir au moment de l'acmé thermique. Le séro-diagnostic de Widal est toujours négatif.

L'ensemble des phénomènes morbides, les allures de la courbe thermique, l'aspect général du malade et surtout l’absence d’agglutination du bacille d’Eberth éloignent de plus en plus l'idée de fièvre typhoïde et le diagnostic reste en suspens pendant plus de deux mois, jusqu'au 20 juillet. Pendant toute cette période, le fait dominant est la fièvre, fièvre surtout vespérale diminuant le matin. Si l'on examine la feuille de température, on voit que dans son ensemble la fièvre présente des périodes d’oscillations ascendantes suivies de périodes d'oscillations descedantese tn enfin d'une période d'’oscillations légères stationnaires. Ainsi le 20 mai les oscillations thermiques s'élèvent et redescendent finalement vers le 5 ou 6 juin. À ce moment on pense que la fièvre va disparaître complètement, quand le 15 juin éclate une nouvelle poussée qui ne s'éteint que vers le 9 juillet pour

reprendre le 25 juillet.

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