‹ Les cas de fièvre de MalteChapitre 27 sur 32 · AS DO · texte numérisé non relu

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Les phénomènes fébriles contrastent d'ailleurs avec l’état

général du malade. Dès la fin de mai en effet on avait repris progressivement l'alimentation avec d'autant plus de facilité que l'appétit était conservé.

La diarrhée tenace pendant | plusieurs semaines avait diminué sous l'influence du benzo-naphtol, du charbon, de

l’'opium et disparu dans les premiers jours de juin, L’amai-

grissement un instant très accusé, puisque le malade avait g

perdu plus de 10 kilogrammes, s’atténuait progressivement. Des vergetures siégeant immédiatement au-dessus des

genoux attestaient une poussée de croissance rapide.

: Pendant l'amélioration de l’état général apparaissent ou

pour mieux s’accentuent quelques symptômes importants :

- des douleurs articulaires et des sueurs abondantes. Les

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douleurs articulaires, très légères au début, avaient été à

peine remarquées. Le 20 mai le malade s’était plaint de douleurs vagues dans la région scapulo-humérale. Le 25 mai il se produisit des douleurs légères et fugaces au niveau des doigts.

6 juin. — Une douleur violente envahit brusquement l'épaule gauche, immobilisant complètement le membre supé-

rieur. Les tissus péri-articulaires étaient gonflés et la palpa-

tion provoquait une douleur particulièrement intense à l'extrémité de l’acromion. La douleur fut tenace et persista avec quelques variations du 10 juin au 8 juillet:il se produisit même un certain degré d'atrophie musculaire portant de.

sur le grand pectoral et le sus-épineux. Le 95 juillet les dou-

leurs se localisent sur les deux genoux augmentés de volumes, douloureux pendant les mouvements et la palpa-

tion, avec téguments péri-articulaires rouges et enflammés.

DR ETR TE 0

À gauche les phénomènes sont plus accusés et on y trouve un épanchement appréciable. Ces arthrites disparaissent en quatre ou cinq jours. Enfin, fin juillet, quelques douleurs passagères apparaissent dans la région de la hanche sans signe physique appréciable,

Nile salicylate de soude, ni le salicylate de méthyle, ni l’aspirine, le pyramidon, la phénacétine n’eurent d'influence sur les manifestations articulaires.

Les sueurs peu marquées au début de la maladie deviennent profuses pendant les grandes périodes fébriles, s’accusant surtout au moment de l’acmé journalière, obligeant le malade à changer de linge, s’atténuant ou disparaissant pendant les périodes d’accalmie.

Ainsi, le malade était soigné depuis plus de deux mois dans nos salles, et nous n'avions pas encore de diagnostic. Toutes les hypothèses généralement émises dans les cas analogues durent être abandonnées successivement devant un examen approfondi.

On avait d’abord songé à la fièvre typhoïde, mais l'allure générale de la maladie, sa durée, la courbe thermique, la présence ou l'absence d'un certain nombre de symptômes et surtout l'absence d'agglutination des bacilles d’Eberth écartaient ce diagnostic.

L'hémoculture pratiquée dès le début de juin nous permit de déceler en culture pure un petit coccus se développant lentement. Bien que frappé par sa petite taille nous le primes pour un staphylocoque et considérâmes l'examen du sang comme négatif. Ce n’est que plus tard qu’un échantillon de ce microbe isolé, conservé au laboratoire, put être identifié avec

le microbe de Bruce.

LP 43e D'autre part l’agglutination faite avec les bacilles paratyphiques fut également négative.

L’amaigrissementrapideetconsidérable,les sueurs profuses, quelques signes douteux pulmonaires, les antécédents avaient fait soulever le diagnostic de tuberculose aiguë qui fut abandonné rapidement. On écarta de même le diagnostic de rhumatisme articulaire aigu. d'endocardite infectieuse, de collection suppurée profonde du foie, du poumon, de paludisme.

Cependant, dès les derniers jours de mai, un deuxième malade exerçant la même profession que le premier, dans un pavillon voisin, était entré à l'hôpital et présentait les mêmes

symptômes que lui, mais un peu atténués, et le diagnostic de

son affection restait également incertain.

: Nous cherchâmes alors dans les circonstances étiologiques, dans les conditions professionnelles la solution du problème, mais aucune maladie du mouton transmissible à l’homme et produisant la symptomatologie décrite ne nous était connue.

La lecture des observations de fièvre de Malte étudiée en Seine-et-Oise nous fit penser à cette maladie. La courbe thermique, les sueurs abondantes, les arthralgies autorisaient ce diagnostic que vinrent confirmer d'une façon indiscutable les recherches de laboratoire :

Une culture de micrococcus melitensis nous fut obligeamment remise par le regretté Binot, de l'Institut Pasteur ; l'étude de ce microbe nous permit de l'identifier avec le micro-organisme retiré du sang de notre malade, qu’une erreur d'interprétation nous avait fait prendre pour un

staphylocoque. Un nouvel ensemencement du sang sur bouil-

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