‹ Les cas de fièvre de MalteChapitre 7 sur 32 · ACT · texte numérisé non relu

ACT

On a encore décrit d’autres symptômes, mais qui n'ont plus qu’une valeur accessoire : certains auteurs insistent pourtant sur la pâleur de la face et la décoloration des téguments.

Le pouls suit, en général, la température, mais dans l’observation IV le pouls était comparable à

celui que l’on observe dans la fièvre typhoïde clas-

sique.

MM. J. Auclair et P. Braun ont été particulièrement frappés par le pouls de ce malade, qui présentait un dicrotisme typique. Ce point, croyons-nous, mérite de retenir l'attention, car ce symptôme venant s'ajouter encore à la fièvre peut, notamment au début, augmenter les difficultés de diagnostic avec la typhoïde.

Les troubles de l’appareil digestif sont variables : tantôt c’est la constipation, habituelle d’ailleurs chez nos malades ; tantôt c’est la diarrhée, quelquefois même extrêmement intense ; tantôt enfin, ce sont des hémorragies intestinales.

Notons, en passant, l’augmentation du foie et de la rate; quelquefois très marquée, d’autres fois à peine appréciable, comme par exemple dans nos observations IIL et IV.

Du côté du poumon, on peut voir de la congestion, parfois une hémoptysie. On a décrit des formes de fièvre méditerranéenne tuberculeuse à évolution bénigne.

D’ordinaire, les urines restent à peu près normales comme quantité.Bensis note la présence d’une

Taphanel #

grande quantité d’urobiline et l’abaissement sensible du taux de l’urée, même chez les individus richement alimentés. Pour certains auteurs, l’albumine est constante ; pour d’autres, elle n'existe presque jamais (Bensis).

Il y aurait, dans certains cas, un rapport constant

entre la quantité des urines et la diaphorèse,de sorte :

que les urines seraient peu abondantes, hautes en couleur et riches en sels. |

Schoul aurait signalé un cas d’urémie aiguë. La diazo-réaction, parfois positive, est sans grand intérêt.

D’après Bensis, la courbe hématologique serait intéressante à suivre. Dans la période fébrile, on constaterait une poussée d’hyperleucocytose qui, à elle seule,- suffirait pour différencier, à sa période d’acmé tout au moins,la fièvre ondulante de la fièvre typhoïde. Cette byperleucocytose est constante,mais elle n’est jamais intense ; le taux leucocytaire monte souvent à 12.000, mais ne dépasse jamais le chiffre de 15.000.

Chez tous les malades, le chiffre leucocytaire a oscillé entre 10.000 et 15.000 pendant toute la période d'état, avec maximum pendant toute la période fébrile. La faiblesse de cette leucocytose a fait croire à plusieurs auteurs que, dans la fièvre de Malte, il y avait leucopénie.

Nos observations ne contiennent à ce point de vue que peu de renseignements (1). Cependant, dans

1. Voir pour le détail au point de vue hématologique W. Bensis, Soc. méd. des Hôp., séance du 8 octobre 1906.

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l'observation IV, MM. J. Auclair et P. Braun ont trouvé au cours de l’évolution de la maladie 12.000 globules blanes.

Les éruptions, érythèmes polymorphes ou urticaires sont relativement rares, Signalons cependant que M. Gouget put découvrir chez son malade deux

taches rosées typiques ; ce symptôme n’est pas pour

faciliter le diagnostic avec la fièvre typhoïde. Quelquefois des vergetures apparaissent immédiatement au-dessus des genoux. |

Signalons aussi qu’au cours de la fièvre de Malte, il existe 4 à 5 o/o de cas d’orchite, généralement unilatérale, très douloureuse, mais guérissant sans laisser de traces. Cela constitue encore une des caractéristiques de la maladie ; un seul de nos malades (obs. de Danlos) était dans ce cas. :

Ajoutons un symptôme sans importance, mais cependant curieux ; l’augmentation de la taille (obs. IV). D’autres fois, on signale la chute des cheveux, les ongles striés longitudinalemen:.

Ordinairement, l’état général s’altère à mesure que la fièvre se prolonge ; on note de l’amaigrissement. Pourtant, dans les observations JIL et IV où l’on a pu suivre les malades pendant longtemps, malgré l’amaigrissement, l’état général paraissait relativement bon et les malades engraissèrent rapidement dès qu’on les mit à une alimentation abondante. En tous cas, ces malades ne présentèrent à aucun moment l’amaigrissement de la dothiénentérie ; leur intelligence resta parfaitement intacte et jamais ils ne se trouvèrent dans cet élat de stupeur. spécial à la fièvre typhoïde.

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