‹ Les Catacombes de Rome et la doctrine catholiqueChapitre 12 sur 14 · TIBI. PATENT. BIBES. IN. PAGE · texte numérisé non relu

TIBI. PATENT. BIBES. IN. PAGE

Enfin : « Alexandre n'est pas mort ; mais il vit par delà les astres ; après une très-courte vie, il brille au ciel. IN GQELO GORVSGAT. »

Ainsi ceux qui se sont endormis dans la paix de Dieu, les justes rapatriés vivent éternellement. Ils sont admis dans la plénitude de la lumière de Dieu, dans la maison du Seigneur, dans la gloire du Ghrist. Ils sont nés pour Téternité ; les cieux se sont ouverts devant eux; ils y brillent d'un éclat semblable à celui des astres. VoiIàf*la mélodie à la fois douce et forte qui s'échappe, avec un parfait accord, du milieu des tombeaux souterrains, et qui apporte la consolation dans les cœurs de ceux qui attendent encore la fin de leur exil. Quelle solennelle protestation n'y a-t-il pas dans cette joyeuse et triomphale harmonie, dans cette sainte confiance de l'Église apostolique, contre ces iDpinions désolantes et soi-disant primitives du seizième siècle, qui ne veulent rie» savoir de l Église

triomphante^ qui n'admettent l'entrée au ciel que pour J.-G. seul, et qui déclarent qu'il est téméraire d'examiner si les âmes des justes sont dans la félicité; qui condamnent même les trépassés à une espèce d'assoupissement invincible de l'intelligence et de la volonté, à un exil de plusieurs milliers d'années dans le w$tibule du del^ où ils attendent jusqu'aujugement dernier le bonheur promis I

ronddsitrre Jart reprtamltiil la »iiiu Tmgt

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da» la abtaip, dtui lolaaH t;iiil»l» it U lai ttinn*.

La foi catholique ne se borne pas à celte consolante doctrine qui ouvre le ciel aux âmes des justes. Elle admet aussi entre ce bas monde et l'autre monde, entre l'Église militante et l'Église triomphaate, un échange iereituioiu. Tous les hommes rachetés sont meinèrei d'un seul corps en Jésus-Christ,

forment une société, une immense famille, unie par le lien de la charité. Cette union spirituelle a lieu par le moyen de la prière. Les bienheureux nous prêtent le secours de leur intercession et de leur assistance; de notre côté, nous leur demandons ce secours dans la vénération et l'affection.

Telle est la doctrine de la Communion des saints. Examinons si elle se révèle dans les Catacombes. Ici le regard rencontre, surtout au-dessus des arcosolia, un grand nombre d'images de martyrs ou de fidèles décédés. Elles sont le plus souvent entourées de symboles du paradis, de fleurs, d'oiseaux, de palmes, et toujours dans F attitude de la prière. Ces bras élevés, ce maintien plein de ferveur dit assez que, là-haut, les élus ne sont pas de simples spectateurs qui se contentent de jouir, mais des associés fidèles de leurs frères encore en lutte sur la terre.

Et cette foi, quelle expression puissante ne trouve-t-elle pas dans les inscriptions!

« SutiuSf prie pour nouSj afin que nous soyons sauvés, PETE PRO NOS (sic) VT SALVI

ET LA DOCTRINfi CATHOLIQUE 33

SIMVS. » — ' « Âugenday vis dans le Seigneur et intercède pour nous, epqta. » — « Ànat(H linSi prie pour nous. Erxor. » — «Fils, que ton esprit repose en Dieu ; prie pour ta sœur. PETAS. » — « Matronata Matrona^ prie pour tes parents. Elle vécut un an, cinquante deux jours. PETE. » — « Àtlieus^ ton esprit vit dans le Bien : implore pour tes parents. » — « Jovien^ vis en Dieu et sois notre intercesseur. » — « SabatiiiSy doux cœur, prie et implore pour tes frères et tes compagnons.

PETE ET ROGA. » — « Ici repose Ancilladei.

Prie pour Tunique rejeton qui te survive, puisque ta demeure est dans la paix et dans la félicité éternelles. » — « A ma très-digne fille adoplive Félicité^ qui vécut trente-six ans. » (Ce qui suit est d'une autre main.) « Daigne prier pour ton époux Cekinien. o — tt Gentien^ le fidèle, en paix. 11 vécut 21 ans... Dans tes prières intercède pour nous, parce que nous savons que tu es en J.-C. » — Enfin, pour clore la série des exemples que nous citons : « A notre très-douce et très-labo-

3à LRS CATACOMBES DB ROMS, ETC.

rieuse mère Catianilla : qu'elle prie pour nous • EYXOITO. »

C'est ainsi que les yeux et le cœur des survivants traversent le sépulcre et pénètrent jusqu'au ciel. C'est ainsi que le regard et l'amour cherchent et trouvent les élus, les assiègent de prières ferventes, leur font part de leurs peines avec une confiance enfantine et leur font de pieuses recommandations. N'estce pas là le véritable esprit catholique dans la plénitude de la charité et l'infaillibité de la certitude?

C«Ue p«Mle éem mmMmim,

Mais, dira-t-oo, ces pieuses invocations, CCS prières adressées aux saints, ne sont peut-être que des hommages privés, qui ne supposent ni ne déterminent un culte public, officiel, liturgique? — A cela nous répondrons : Dès l'instant qu'il s'agit d'une pratique liturgique, concernant le culte des saints, il s'agit d'un principe catholique qui n'est point laissé à l'arbitraire individuel ; néanmoins il ne manque pas de monuments qui rendent témoignage des honneurs publics rendus par l'Église aux bienheureux.

Il y a dans les Catacombes deux sortes d'inscriptions qui ont trait au culte, toutes deux caractérisées liturgiquement par l'expression

encore en usage: Au nom de... IN NOMINE.

Elles comprennent : 1* des vœux déprécatoires au nom de DieUj du Christ ou de Dieu Christ. Par exemple : « Zozime, vis au nom du Christ. »

— « A Selia Victorina, qui repose en paix au nom du Christ. » — Dans ce cas Tinvocation s'adresse directement à Dieu, seul adorable, seul tout-puissant, seul dispensateur des grâces. Mais il y a en outre 2^ des invocations au nom d'un saint; et alors la prière s adresse indirectement à Dieu, directement à la puissance d'intercession du saint. Un tombeau, entre autres, parle de la sorte : « Rufa vivra dans la paix du Christ, au nom de saint Pierre^ » c'est-à-dire par le moyen de son intercession. Sur une coupe découverte dans les Catacombes, on lit cette inscription en lettres dorées : « Vito, vis au nom de Laurent; »

— sur une autre, dans le même sens, on lit : « Élien, vis en Jésus-Christ et saint Laurent^ » — c'est-à-dire, vis dans la grâce de Jésus-Christ, par l'intercession de saint Laurent. — Le culte public rendu aux saints est d'ailleurs bien prouvé par ce fait incontes-

table que Ton donnait aux martyrs les plus illustres, par une sorte de canonisation, des titres honorifiques en Usage dans lÉglisey par exemple : « Seigneur, Puissant intercesseur devant le Trône de Dieu, DOMINVS, DOM- NVS ou simplement D. » Déjà, à partir du troisième siècle, on remarque le titre de Saint (dominus), Sanctus. C'est ainsi que nous rencontrons des salutations dans le genre de celles-ci : « Seigneur Pierre, Paul, Etienne, Sixte, etc. ; Vame, domina Basilla, » etc.. Plus tard on lit : « Au saint martyr Maxime. » — w Au Père tout-puissant, à son Christ et aux saints martyrs Taurinus et Herculanus, perpétuelles actions de grâces de la part de Nevius, Diaristus et Constantin. »

Nous ne voulons pas accumuler les preuves épigraphiques, mais chercher la lumière ailleurs encore, dans les peintures et les images.

Il Dgniul:!. (V. MiniguT, p. 668.)

Callc 4e la Vierge MArlc.

Nous placerons ici une question que le lecteur s'est eans doute déjà posée à propos du culte des saints. Si le culte des saints est non-seulement pratiqué, mais liturgiquement oiganisé parmi les chréliens, quelle place y fait-on au culte de la Vierge Marie, la Reine de tous les saints? A-t elle le rang qui lui convient dans la hiérarchie céleste et daos la

liturgie de l'Église primitive? Seraient-elles fondées en raison les affirmations de ceux qui prétendent que le culte d'hyperdulie et la représentation symbolique de la Vierge Mariey comme Mère de Dieu, ne datent que du concile d'Éphèse (431)? Quant aux inscriptions tumulaires, elles ne nous indiquent rien au sujet du culte deJfanV, sinon la coutume d'imposer soyi nom aux nouveaux baptisées. Hors de là, elles gardent un silence complet à ce sujet. II n'est pas difficile d'en deviner la cause. Le mystère de l'Incarnation mettait nécessairement le culte de la bienheureuse Mère de Dieu elle-même au rang des doctrines qu'il était sage de soustraire aux blasphèmes des païens, et de laisser par conséquent dans le sanctuaire sévèrement voilé de la discipline du secret. Ce n'est donc pas dans les monuments parlants qu'il faudra chercher le culte de Marie, mais dans les images symboliques, sortes d'hiéroglyphes dont les seuls initiés avaient la clef et le sens* On y verra avec la dernière évidence que, même en ce point, l'Eglise actuelle est

txO LES CATACOMBES DE ROME

rhéritière et rimîtatrice fidèle de FÉglise apostolique. Les images de la Vierge découvertes jusqu'à ce jour parmi les monuments de l'Église des premiers siècles forment une collection considérable, et prouvent avec la plus grande certitude que Marie était l'objet d'un culte privilégié et qu'on lui attribuait une dignité supérieure à celle des autres saints. On la représente de deux manières : Marie apparaît ou assise sur un trône, portant entre ses bras le divin Enfant, ou debout et dans l'attitude de la prière, les mains levées vers le ciel; en d'autres termes, tantôt elle est représentée comme la glorieuse Mère de Dieu, tantôt comme la gracieuse Mère des hommes.

Entrons un instantdans le cimetière de Priscilla, que Ton pourrait appeler la Catacombe de Marie j à cause des nombreuses images et peintures ayant trait à la vie de la sainte Vierge. La construction des cryptes les plus anciennes est due à sainte Priscilla, mère du sénateur Pudens et aïeule des saintes vierges Praxède et Pudentienne : elles datent conséquemment des temps apostoliques. En sor-

ET LA DOCTRINE CàTHOLIQUE ûl

tant de la crypte centrale qui se rattache à la chapelle grecque ^ on aperçoit immédiatement, vis-à-vis de Tentrée, à la place d'honneur, à la partie supérieure de la voûte, la sainte Vierge avec F Enfant et les trois Rois qui lui apportent leurs présents. Dans une chambre voisine, nous voyons également, au milieu de la voûte, une nouvelle scène : c'est V Annonciation la plus ancienne que Ton connaisse jusqu'à présent. C'est, à plus d'un point de vue, une peinture d'une haute valeur. L'Ange y est représenté sans ailes, comme un jeune homme. Il parle à la Vierge, qui est assise sur un siège: c'est par distinction qu'on la représente ainsi. Dans un troisième cubicu-lum^ entre autres scènes symboliques, apparaît Marie seule avec l* Enfant Jésus. Non loin de cette excavation, une niche tumulaire arrête forcément le regard. Le plus bel ornement de la voûte, c'est Marie et F Enfant. La sainte Vierge est vêtue d'une tunique formant des plis nombreux et d'un manteau ; elle a la tête recouverte d'un voile, selon la coutume des fiancées, ou des nouvelles épouses,

OU des vierges consacrées à Dieu. Au-dessus de la Vierge brille l'Étoile de Bethléem (cette étoile se reproduit souvent dans les images de Marie); devant elle apparaît un jeune homme : c'est haie, le prophète de Marie.

Selon la coutume antique, son manteau est replié sur Tépaule; il tient dans sa main gauche un manuscrit roulé, pendant que la droite montre la Vierge Mère de Dieu et ia grande lumière qui va luire pour Israël. (Isaïe, IX, 2; LX, 2, 19. Luc, i, 79.) La beauté de la composition, une noblesse et une grâce exceptionnelles répandues sur les figures, la liberté d'un pinceau qui n'en est pas moins vigoureux, indiquent une peinture classique et prouvent indubitablement, lors même que la topographie du cimetière et la simplicité apostolique ainsi que la forme des inscriptions ne le démontreraient pas, que ce beau travail a été fait vers les années 50 et t50 de l'ère chrétienne, peut-être même iouslesyeux des Apôtres.

Nous n'avons décrit néanmoins qu'une partie des peintures à fresque qui décorent

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cette crypte remarquable. A côté du groupe de la Vierge, le Bon Pasteur porte au bercail Tagueau égaré; il est suivi d'uue brebis et d'un bouc. Ce n'est quune moitié de la voussure. L'autre moitié est malheureusement détruite. Mais des peintures aDal<^es dans d'autres cryptes permettent de conclure qu'il y avait là l'image de Marie dansTatUtude de la prière, et à laquelle le Bon Pa;9teur yieni présenter la brebis retrouvée. Ce groupe, souvent reproduit dans les Catacombes, contient cette profonde vérité catholique : que Marie, Mère de Dieu, est en même temps la Mère des hommes y la nouvelle Eve, le type parfait et la haute protectrice de ï Église et de (âme fidèle. Enfin, dans un troisième groupe, qui se partage entre les deux côtés de VarcosoUum, apparaît encore une fois, à droite, le prophète Isaïe, indiquant de la main los trois personnages représentés de l'autre côté : c'est la Sainte Famille, qui se trouve au temple de Jérusalem, comme l'indique Tâge de V Enfant Jésvs. Marie et Joseph sont plongés dans une sainte extase, dans l'adoration et l'étonné-

ment devant le fait mystérieux qui vient de s'accomplir, et tiennent leurs mains élevées. Une peinture analogue, découverte dans la Catacombe de Callisto, représentant aussi Jésus retrouvé au temple, nous montre au contraire le divin Enfant seul et dans l'attitude mystique de Textase.

Nous nous arrêtons. Aussi bien nous nous étendrions beaucoup trop, si nous voulions conduire le lecteur de la même manière dans les autres cimetières ^ui contiennent des images de la sainte Vierge. Nous répétons que toutes ces peintures nous la représentent ou comme revêtue de la dignité de Mère de Dieu ou comme investie de la puissance d'intercession. Dans le premier cas, elle est ordinairement entourée des trois Mages, et ce traditionnel nombre trois est digne de remarque. Ce groupe devait faire sur les premiers chrétiens une impression d autant plus profonde, que leur vocation des bas-fonds de la Gentilité et les auteurs bénis de cette vocation, Jésus et Marie, étaient représentés d'une manière plus vivante. L'idée d'inter-

cession est souvent exprimée par des symboles typiques. C'est ainsi que, dans les Catacombes des Saints Pierre et Marcellin, la céleste Avocate se montre accompagnée de deux hommes, qui soutiennent ses bras levés pour la prière, comme autrefois Aaron et Hur soutinrent les bras de Moïse sur le mont Horeb. Voici le sens de ce beau parallèle allégorique : Sur la sainte montagne de Dieu, Marie élève sans cesse ses mains en faveur d'Israël qui combat sur la terre ; et, puisqu'elle intercède^ la victoire sur Amalec, sur le paganisme persécuteur, s'ensuivra nécessairement. Il y a une grande analogie entre cette peinture et un dessin gravé sur un fond d'or qui représente les princes des Apôtres, Pierre et Paul, faisant auprès de Marie le service des deux hommes, c'est-à-dire que Marie leur permet de se joindre à elle quand elle intercède en faveur de l'Église romaine. Nous ne parlerons pas d'une peinture bien connue qui représente la Vierge priant avec F Enfant et qui se voit dans la chapelle de Marie, au cimetière de Sainte-Agnès. Mais nous ne saurions

passer sous silence une importante image qui décore un antique sarcophag^e chrétien. A gauche dans la partie supérieure, Dieu le Père est assis sur son trône, pendant que Dieu le Fils lui présente le premier couple humain nouvellement créé, et que le Saint-Esprit, qui est la troisième personne de la sainte Trinité, s'appuie de la main sur le dossier du trône : les trois personnes, parfaitement semblables entre elles, sont représentées comme des vieillards. Dans la partie inférieure correspondante, la Mère de Dieu est assise sur un trône auquel il ne manque qu'un baldaquin pour ressembler au premier. Le Saint-Esprit, par l'opération duquel l'Incarnation a eu lieu, s'appuie encore au trône, pendant que le Fils de Dieu, sous la figure d'un enfant, repose sur le sein de sa mère et reçoit les présents des trois Mages, qui sont les prémices de la nou* velle création. Nous sommes forcé de nous priver du plaisir d'exposer ici les riches détails contenus dans cette scène, pour diriger notre attention vers une classe spéciale de monuments qui sont de la plus haute impor-

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tance dans la question du culte de Marie : nous voulons parler des coupes d'or émaillé, qui remontent jusqu'au troisième et au quatrième

siècle.

On a trouvé, en effet, près de quatre cents fragments, soit de petites coupes dont le pied est arrondi en un ovale parfait, soit de cratères à anses d'une dimension plus grande :

ils étaient dans le mortier des hculi. Au fond, — et cette partie, grâce à sa solidité, a été seule conservée, — l'artiste chrétien adaptait une feuille d'or, y gravait au burin ses inscriptions, symboles, scènes et figures bibliques; et, pour les protéger, il y versait une couche de verre en fusion. On se servait de ces coupes remarquables dans les agapes qui avaient lieu après les solennités du baptême, du mariage ou des funérailles, ou bien encore aux fêtes publiques des saints.

De là viennent leur haut prix et leur importance pour le" sujet qui nous occupe.

Un très-grand nombre de ces verres contiennent rimage de la sainte Vierge dans l'attitude d'intercession et avec l'inscription

MARIA. Quelquefois la Reine du ciel est ornée du nimbe glorieux, distinction que Ton ne donna d'abord qu'au Christ, au troisième siècle à Marie, au cinquième et au sixième aux autres saints et aux anges. De tous ces faits le lecteur jugera quelle lumière éclatante est projetée sur la place privilégiée qui a été réservée à Marie comme Mère de Dieu et coaime Reine des anges et des saints, aussi bien que sur son culte et sur la célébration de ses fêtes dans la primitive Église. Terminons nos recherches par la description d'une coupe dont la peinture en émail nous introduira en même temps dans la mystérieuse obscurité de la symbolique chrétienne des premiers siècles. Au milieu du fond d'or, on aperçoit les deux princes des apôtres Pierre et Paul, autour desquels se déroulent les scènes suivantes : On voit le prophète de Marie, hàie^ reconnaissable au %oUil qui le fait resplendirai au qranà mann%CT\i où il inscrira la mystérieuse naissance de V Emmanuel. (Is., VII, 14 ; VIII, 7, et lx.) Il considère de son regard prophétique et indique du doigtla sainte

ET LA DOCTniNE CATHOLIQUE 49

Vierge, qui, les bras levés pour la prière, se tient debout entre deux oliviers, emblèmes des deux Testaments, toujours verts, c'est-àdire à jamais indestructibles. A côté de l'image de Marie se range une représentation mystique du Crucifiement de Jésus-Christ, sous la figure du prophète précité, qui, nu, debout et les bras en croix, est partagé en deux par une scie de bois que manient deux hommes. Car « Isaïe, dit Tertullien,'mourut « par le bois, lui qui prophétisa Jésus- « Christ. » D'autres groupes se joignent au Sauveur lui-même, soit pour expliquer, soit pour compléter la représentation symbolique.

D'abord, il plante le poteau destiné au serpent d'airain couché à ses pieds; puis, pour symboliser la foi, il frappe le rocher d'oii jaillit l'eau pure de la doctrine; enfin, en les touchant de sa verge, il délivre de la fournaise les trois jeunes gens, figure de la résurrection. Ces trois dernières scènes sont ht reproduction du texte évangélique de saint Jean (iir, 14-16). La scène tout entière retrace tout le mystère de la Rédemption^ annoncé par

M LES CâTAGOMBBS DE ROME, ETC.

Isaïe, conclu par Marie, accompli par Jésus- Christ, enfin prêché en toute vérité par les princes des Apôtres, c'est-à-dire par l'Église romaine .

Suite da méaia s^fet.

Quand on jette un regard sur la suite des images de la Vierge Marie dans Tantiquité chrétienne, on est saisi d'un étonnement lé- ^time en voyant le nombre des sujets que Marie inspirait déjà aux artistes des premiers siècles. Toutefois le plus important à nos yeux, c'est Tinfaillible conclusion qu'on en peut tirer en faveur du culte et des honneurs qu'on lui décerna dès le principe. Si ces peintures ne nous montrent jamais, dans aucune circonstance de sa vie ou du moins de sa jeunesse, le Fils sans sa mère, comment cette mère n'aurait-elle pas été honorée de l'amour fiHal et de la confiance entière de la jeune Églisedé Jésus-Christ? Et si l'Étoile du matin

5'i LES CATACOMBES DE ROME

n*a jamais un éclat plus brillant et plus attachant que quand Taurore lutte encore avec les ombres de la nuit, comment TÉtoile de Marie ne brillerait-elle pas pleine d'amabilité et de douceur au ciel matinal de la primitive Église, et n'éclairerait-elle pas de ses rayons les larmes et les flots empourprés du sang répandu par l'Église dans ses luttes avec les ténèbres du paganisme? — On a déjà pu entrevoir que Joseph, le père nourricier de Jésus, a été, en même temps que Marie, honoré de la piété des fidèles. Rappelons ici une table de marbre sur laquelle, outre l'inscription : « Severa, vis en Dieu, » on aperçoit la sainte Famille, représentée de façon que saint Joseph tienl la main étendue sur la Mère et l'Enfant.

Il y a là en outre des témoignages trèsexpressifs en faveur du culte rendu aux deux grands apôtres de Rome : telle est, par exemple, l'inscription qu'on a trouvée sur le buste de saint Pierre : « Pierre, sois notre protecteur. » On a trouvé des preuves également concluantes en faveur du culte rendu à certains mar-

tyrs illustres, qui ont une couronne tantôt placée à côté d'eux, tantôt posée sur leurs têtes. Parfois c'est Jésus-Christ lui-même qui les couronne. Cette distinction, remplacée dans la suite par le nimbe^ symbolisait leur glori* fîcation dans le ciel et dans TEglise.

Pour finir, nous cilerons encore trois inscriptions tumulaires très-remarquables : « Ici, moi Mandrosa, je repose;... fidèle à Jésus- Christ, j'observai ses commandements, pieusèment dévouée au service des Martyrs. MARTY- RVM OBSEQVIIS DEVOTA. » — « Denis repose ici, enfant innocent, près des saints; souvèneZ'-vous (ô saints!) de nous dans vos prières. » — « Prectatus repose en paix; il vécut neuf ans... nowrmon delHeu^ du Christ et des Martyrs. NVTRICATVS DEO CHRISTO MAR- TYRIBVS. » — Et sur la tombe d un certain Bassus: « Ils étdiienl pieusement dévoués à Dieu et aux saints. DEO SANCTISQVE DEVOTl. »

Péicd des aalnls,

Dans rÉglise apostolique, les honneurs rendus aux saints n'étaient pas simplement une dévotion privée ; c'était un culte public et officiel. Notre but était précisément de prouver par des monuments cette proposition. Concluons par un dernier et solide argument. Dès le berceau du christianisme, comme à présent, on regardait la vie du ciel comme la vie véritable, par comparaison avec la vie terrestre, de sorte que le jour de la mort devenait celui de la namance. Ce jour de naissance était le seal qui eût de rimportance aux yeux des premiers chrétiens : mille inscriptions en font foi, sans qu'il y soit question de Tannée de la mort. Ces jours de

LES CATACOMBES DE KOMfi, ETC. 55

naissance à réternité des saints et des martyrs furent marqués plus tard dans le calendrier ou martyrologe, en vue des fêtes commémoratives publiques. C'étaient les anniversaires des fêtes des martyrs et des saints. Beaucoup d'inscriptions s'y rapportent, et nous donnent ainsi des dates officielles et universellement connues, o Ici repose Vital, meunier;... il fut déposé en paix à la fêle de la naissance de Dame (sainte) Sotère. NATALE DOMNES SITIRETIS (10 février). » — « Ici dort Principalis ; . . . déposé au jour de la naissance de Syxte. NATALE SVSTI (6 août). »

— « Pecorius, cher à mon cœur, entra dans la demeure de la paix le 9 juillet, et fut déposé kla.fête des martyrs suivante, DIE MAR- TYRORU», c'est-à-dire, à la fête de sainte Félicité et de ses fils. Lors de ces fêtes natOrles. les fidèles descendaient dans les cryptes, assistaient au saint sacrifice offert sur la tombe du martyr de ce jour, chantaient des hymnes à sa louange et recevaient la sainte Eucharistie. Pour clore dignement la fête, les proches parents du martyr faisaient servir

56 LES GilTAGOMBES DE ROME, ETC.

des mets et des boissons, qu'ils prenaient en agapes avec les pauvres qui y participaient.

On allait aussi d'une crypte h une autre, en portant avec soi quelque nourriture comme un symbole sensible de la communion des saints.

Culte des rcllqacs.

Ce qui précède nous conduit naturellement à une pratique religieuse qui mérite notre attention, parce qu'elle est spécialement catholique : nous voulons parler du culte des reliques. Cette pieuse horreur de tout ce qui eût pu déshonorer les restes mortels des fidèles, remploi des aromates et des parfums les plus précieux, enfin la solennité avec laquelle on les inhumait, démontrent suffisamment quelle haute estime on avait pour les reliques des témoins de Jésus-Christ. 11 y a dans les Catacombes d'innombrables fioles de sang, des linges, des éponges saturées de sang, et jusqu'à des vases pleins de la terre qui avait bu le sang des martyrs, et qui nous

témoignent de la sainte et pieuse sollicitude avec laquelle les premiers chrétiens recueillaient le sang des martyrs, pour le placer, soit à côté de leur corps, soit dans leurs propres demeures, « comme une source de grâces et de vertus pour leurs enfants. » (Prudence.)

Ce sont précisément ces honneurs rendus aux reliques des témoins de la foi, qui ont scandalisé les vieux païens comme les récents contradicteurs de TÉglise; les uns et les autres ont exercé leur fureur sur ces corps privés de vie. Mais les chrétiens n'en étaient que plus soigneux de recueillir leurs ossements dispersés ou leurs corps submergés* On les voyait pénétrer au péril de leur vie jusque sous les chevalets et les instruments de torture, se précipiter même dans Tamphi^ théâtre, pour recueillir le sang versé et rassembler les saintes reliques^ Qui pourrait sans attendrissement penser à ces deux sœurs héroïques^ sainte Praxède et sainte Pudentienoej dont le dévouement courageux procure la sépulture à plus de trois mille martyrs? qui pourrait sans émotion se rappeler le saint

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pape SimplicieD, qui en porta au-delà de trois cents de ses propres mains depuis la ville jusque dans les Catacombes? Cette charité envers les restes mortels des martyrs ne se bornait pas à les ensevelir : elle s'épanouissait en un culte perpétuel. Sur les tombeaux s'élevèrent des autels et des chapelles, que Ton ornait avec des peintures, des ornements et des lampes, que l'on parsemait de fleurs et que Ton imprégnait d'essences parfumées, comme on encense aujourd'hui encore le» reliques sur nos autels*

Nous connaissons le cimetière de Lucine sur la voie Appienne. Dans ce souterrain de la sainteté on a découvert récemment un escalier à l'usage des premiers pèlerins. Cet escalier conduit à droite dans une magnifique et brillante galerie* On s'arrête involontairement devant une excavation oh se trouve un sarcophage, et sur une grande plaque de marbre on lit : « A Cornélius, Martyr et Évoque* » C'est le célèbre tombeau du saint pape Corneille, dont la tête enrichit actuellement le trésor des reliques de Cornelimunster^

près d'Aix-la-Chapelle. Devant cette excavation tumulaire se trouve un tronçon de colonne en marbre, d'une hautcurd'environ trois pieds, dont la surface était légèrement creusée.

C*e8t là-dessus que Ton posait un vase ou une coupe destinée à recevoir une huile balsamique, sur laquelle surnageaient un fragment de papyrus et une mèche toujours allumée. On a trouvé de ces tronçons de colonne ou des niches consacrées au même usage, même des fragments de ces coupes encore tout imprégnés d'huile, près de la plupart des tombeaux des martyrs les plus renommés. Les pieux fidèles avaient coutume de prendre de cette huite parfumée et de l'employer avec confiance dans leurs maladies. On la conservait même comme une relique précieuse dans des fioles ou des tuyaux métalliques : car dans les premiers siècles on ne touchait pas aux ossements sacrés .

Nous passerons sous silence ces deux faits bien constatés par l'étude des Catacombes, que d'une part les chrétiens de Rome, dès le premier siècle, ont vivement lutté pour dis-

puter, comme leur plus précieux trésor, les corps des princes des Apôtres aux prétentions des Orientaux; que d'autre part les Novatiens schismatiques, ayant besoin des reliques d'un martyr pour le saint sacrifice de la messe, enlevèrent avec violence de la Catacombe de Maxime le corps^ de saint Silanus, le plus jeune des fils de sainte Félicité.

Nous ne rapporterons plus que deux témoignages relatifs au culte des reliques. Le premier consiste dans la sainte émulation qui régnait entre les chrétiens, de se faire enterrer, en aussi grand nombre que possible, à proximité des martyrs. Afin d'obtenir cet honneur, on s'imposait de grandes dépenses pour faire couvrir de peintures les parois de la crypte ainsi occupée par toute une population de fidèles défunts (1). Le second se

(1) Saint Ambroise donne avec beaucoup de justesse la raison de cette coutume dans l'épitaphe qu'il fit pour la tombe de son frère :

Haec meriti merces, ut sacri sanguinis humor Finitimas penetrans alluat exuvias.

(Migne, PairoL lut, t. XVI, p. 1290.)

« C'est là la récompense du mérite, que la rosée d'un

trouve dans le nombre incalculable de reliquëire$ trouvés dans les loculi. C'étaient des étuis de petite dimension, ne renfermant tout d'abord que des objets qui avaient toucbé les reliques, et qui plus tard continrent aussi des reliques. On les conservait pieusement et avec une grande confiance dans la protection des saiots. On les portait de préférence au cou, comme le prouvent des anneaux ou des boucles qu'on a découvertes. A partir du quatrième siècle, on leur donna surtout la forme de croix.

sang sacré pénètre et lave les dépouilles mortelles qui Tavoisinent. »

De même saint Jean Ghrysostome, qui s'écrie: « Nonseulement les ossements des martyrs, mais leurs tombeaux et les châsses qui renferment leurs restes sacrés, sont pleins de bénédictions, i

Xï

Pèlcriaayes*

Sî Ton peut dire que les saintes et pieuses femmes qui suivirent Jésus au Calvaire furent les premières qui accomplirent la dévotion du Chemin de la croix, de même aussi leur visite au tombeau du Sauveur fut le premier pèlerinage chrétien : il figurait pour les temps à venir toutes les pieuses visites des chrétiens aux tombeaux des saints et tous les pèlerinages vers des lieux privilégiés. Les tombeaux des martyrs à Rome sont au premier rang; ceux des princes des Apôtres furent, comme nous rapprennent les monuments, déjà à partir du premier siècle, et, dans une proportion infiniment plus grande, à partir de la victoire de la croix sur le paganisme

(312), le but de nombreux voyages de piété. Non-seulement les fidèles de Rome, mais les pèlerins des provinces les plus reculées de l'empire visitèrent les Catacombes, accomplirent les vœux qu'ils avaient faits de se rendre aux tombeaux des martyrs, et s'en retournaieat comblés de bénédictions et souvent de grâces miraculeuses, comme le prouvent les ex-voto qu'on y a trouvés. C'est une chose touchante et qui pénètre profondément un cœur catholique, de parcourir la sainte et silencieuse nécropole, d'y lire encore , après tant de siècles, les graphites ou mémoires et inscriptions votives, latines et grecques, que la main des pieux mineurs de cet âge primitif a gravés sur les parois des cryptes et des galeries, et qui témoignent d'une si tendre confiance envers les saints. Dans les Catacombes de Saint-Calliste , qui à elles seules renferment les corps de cent soixantequatorze mille martyrs, d'après le calcul de Bosio, on remarque, entre autres, les inscriptions suivantes : « (vraie) Jérusalem, ornement des martyrs du Seigneur. » — « saints

Martyrs, rappelez-vons (le pèlerin) Denys. »

— a SouveneZ'Vom d'Elaphius, — de Marie, etc. » — « Priez afin que Verecundus et les siens fassent une heureuse traversée pour leur retour. » — « Demandez i^our mon père et mes frères le repos éternel^ afin qu'ils vivent avec le Très-Bon. » — « Saint Xyste, sou* vienS'toi (de moi) dans tes intercessions. » — « Saint Sustus, délivre...^ exauce », etc. Dans le cimetière de Pontien, entre beaucoup d'autres, il y a la mémoire suivante : « (Moi) Eustathius, pauvre pécheur, prêtre, serviteur du bienheureux martyr Marcellin (j'écris ceci) (1) : mais toi, ô lecteur, prie pour moi et que le Seigneur te protège. » — Accompagné de ces cris du cœur, on peut continuer sa route à travers les galeries principales du cimetière, qui sont comme le chemin de la prière du pèlerin. C'est ainsi que, dans la Catacombe de Saint-Calliste, un fossoyeur, probablement du troisième siècle, écrivit sa

(1) Sed tu qui legis, ora pro me et (h)abeas Dominum protectorem.

M LE» GATAOHIfiBS M ROME, ETC.

prière pour uae défunte SophroQÎa qui lui était chère, et pour laquelle il avait entrepris ce pieux pèlerinage. Cette prière se trouve presque à l'entrée du souterrain : » Sophronia, puisses* tu vivre en Dieu! » Et plus loin sous un luminaire •• « Sophronia, (vis) dans le Seigneur! m — Ces exclamations et d'autres semblables sont répétées ainsi de galerie en galerie, jusqu'à ce qu'à l'entrée d'un arcosoHnin, ce n'est plus la prière, mais le cri d'une joyeuse confiance qui éclate dans cette inscription en lettres majuscules: «SOPHRO- NIA, DOUCE SOPHRONIA, TU VIVRAS TOUJOURS EN DIEU ; TU VIVRAS EN DIEU I »

Salie des précédcato.

Nous voici arrivés au terme de nos recherches concernant la doctrine chrétienne sur tÉglise triomphante. La communion des saints, le culte des reliques, les pèlerinages aux tombeaux des saints, — en ua mot, — tout ce que d^ adversaires passionnés qualifient de superstitieux, d'antichrétien et d'impie, toutes ces croyances et toutes ces pratiques catholiques sortent comme une puissante végétation du sol de la primitive Église, et répandent leur parfum sacrent les chaudes émanations du sang des martyrs à travers la lourde oppression qui pèse sur les premiers chrétiens. Ces héros sont invincibles, non pas parce qu'ils touchent la terre.

comme Antée, ce géant de la mythologie, mais parce qu'ih touchent le ciel. Trois con • temporains du qnatrième siècle, très-différents par leur condition et leurs sentiments, nous fournissent de lumineux témoignages pour cette partie de nos études sur les Catacombes. Le pVemier est le sophiste païen Eunapius (vers 390), dont l'écrit intitulé y^dèse, récemment publié à Paris , nous fournit le remarquable trait suivant : o Les chefs et les a ossements des martyrs sont choses saintes « aux yeux des chrétiens ; ils se prosternent « pieusement devant eux et s'aveuglent au 0. point de croire faire là un acte louable, « tandis qu'au fond ils s'approchent des « tombeaux de criminels jugés et condam- « nés et se couvrent de leur honte... Les « martyrs passent chez eux pour de$ protec- « leurs j des tuteurs, qui présentent leurs prières « à Dieu. » — Notre deuxième témoin est le pape saint Damase (366-384), dont les poésies en l'honneur des martyrs, gravées en écriture magnifique sur des plaques de marbre, réjouissent le pèlerin et le visiteur des Cata-

combes. II exalte les mérites des martyrs, célèbre leur puissance auprès de Dieu, appelle leurs restes des membres saints, de bienheureuses cendres, de pieux ossements.

C'est ainsi qu'on lit dans le cimetière de Saint-Sébastien :

« Lecteur, qui que tu sois, vénère les tombeaux des saints, bien que le temps n'ait point conservé leurs noms ni leur nombre. C'est le pape Damase, sacbe-le, qui a orné leur sépulcre, accomplissant ainsi le vœu qu'il avait fait en faveur des saints martyrs et que le Christ a exaucé, en sauvant le clergé » (du schisme d'Ursicinus , en Tannée 380).

Dans un autre cimetière, sur saint Eulychius, on lit :

« Nous l'avons cherché ; nous l'avons trouvé et nous le vénérons. Il est bon; il est puissant auprès de Dieu. Damase a célébré ses mérites. Vénère son tombeau. »

Un peu plus loin, sur saint Laurent :

« C'est Damase qui a chargé de dons ces autels^ et qui prie le martyr, en raison de ses mérites signalés, d'intercéder pour lui. »

Enfin sur sainte Agnès :

« O vierge vénérable, gloire immortelle de la sainte pudeur! ô vierge illustre, je vous en prie, soyez favorable aux prières de Damase (1). »

(1) Sanctorum, quicunque legis, venerare sepulcrum. Nomina nec numerum potuit retinere vetustas.

70 LES CATACOMBES DE BOViE

Notre troisième témoin est le « poëte de ribérie, » Prudence, le barde de Tancienne Église, qui, étaniné en 348, put voir encore la splendeur primitive des Catacombes» et qui célèbre ainsi la crypte de saint Hippolyte :

« Cette pierre recouvre le corps d'Hippolyte, à la place où s'élève un autel dédié au Dieu tout-puissant. Elle est aussi une table où l*on distribue le Saint-Sacrement, et un gardien fidèle qui veille sur le corps de son martyr. Elle con serve dans leur tombeau des ossements vénérés pour Tespérance du dernier jugement ; en même temps, elle nourrit de mets sacrés les habitants de la Ville éternelle. La sainteté de ce lieu est vraiment merveilleuse ; cet autel va au-devant de nos vœux, il fait couler dans les cœurs Tespérance, la paix, le bonheur. Souvent j'ai prié ici, accablé sous les soufiFrances de Tàme et du corps, et

Ornavit Damasus tumulum, cognoscite, Rector.

Pro reditu cleri Chris to praestante triumphans, Martyribus sanctis reddit sua vota sacerdos.

(Migne, Pair, let,, t. XIII, col. 390.)

De S. EuTYCHio :

Quseritur, inventus colitur, fovet, omnia praestat; Expressit Damasus meritum, venerare sepulcrum.

(Jbid., col. 392.) De 8. Laurentio :

Haec Damasus cumulât supplex altaria donis,

Martyris egregium suspiciens meritum.

{Ibid.y col. 3S8.) De Sa Agnetb Vq.

veneranda mihi, sanctum decus aima pudoris,

Ut Damasi precibus faveas, precor, incly ta Virgo !

(i^iW.,col. 403.)

après m'être pro&teraé j'ai été soulagé. Un heureux retour dans ma patrie, la joie de vous embrasser, ô prêtre vénéré, la faculté d'écrire ces vers, je le sais, c'est à Hippolyte que je le dois; à lui, auquel le Christ-Dieu a donné de pouvoir obtenir tout ce qu'on lui demande. Le petit édicule intérieur qui contient les restes précieux du martyr est tout brillant d'un argent pur. Un riche donateur y a attaché des plaques brillantes, polies comme l'onde, resplendissantes comme un miroir. Il ne s'est pas contenté d'en garnir les abords de marbre de Paros ; mais il a ajouté, pour orner le monument, d'abondantes richesses. Aussi, dès le matin, y a-t-il affluence auprès du saint tombeau; les jeunes gens viennent baiser les reliques; on s'empresse, on revient, jusqu'au coucher du soleil. Latins et étrangers confondent leurs rangs, unis dans un même sentiment de piété. Ils impriment leurs baisers sur le métal luisant; ils y répandent leurs parfums, ils y versent de douces larmes. Mais quand, après l'année écoulée, revient la fête solennelle de la mort du saint martyr, oh! alors quel zèle, quel empressement, quels nombreux bataillons se rassemblent ! quel concert de vœux ardents monte vers Dieu (l)! »

(i) De S. HippoLYTo :

Talibus....

(Scilicet :

... Excisi subtcr cava viscera montis.) Talibus Hippolyti corpus mandatur opertis

Propter ubi apposita est ara dicata Deo.

Illa Sacramenti donatrix mensa, eademque

Gustos fida sui Martyris apposita, Servat ad œterni spem judicis ossa sepulcro,

Pascit item sanctis Tibricolas dapibus.

Mira loci pietas, et prompta precantibus ara

Spes hominum placida prosperitate juvat.

Hic, corruptelis animique et corporis aeger,

Oravi quotiens stratus, opem meru^.

Quod laBtor reditu, quod te, venerande sacerdos,

(jomplecti licitum est, scribo quod hase eadem, Hippolyto scio me debere, Deus cui Ghristus

Posse dédit, quod quis postulet, adnuere.

Ipsa, illas animœ exuvias quae continet intus,

iEdicula argento fulgurat ex solido.

Prœfixit tabulas dives manus œquore lœvi

Gandentes, recavum quale nitet spéculum :

Nec Pariis contenta aditus obducere saxis,

Addidit ornando clara talenta operi.

Manc salutatum concurritur : omnis adorât

Pubis, eunt, redeunt solis adusque obitum.

Conglobat in cuneum Latios simul ac peregrinos

Permixtim populos rcUigionis amor.

Oscula perspicuo flgunt impressa métallo,

Balsama defundunt, fletibus ora rigant.

Jîim cum se rénovât decursis mensibus annus

Natalemque diem passio festa refert.

Quanta putas studiis certantibus agmina cogi,

Quaîve celebrando vota coire Deo !

(Migne, ibid,, t. LX, col. 548-550.)

XIIÏ

La prière poar les défanto,

Si les âmes des justes dans la paix éternelle sont remplies d'une charité active à regard de leurs frères qui n'ont pas encore franchi le redoutable passage, les âmes de ceux qui sont morts dans la grâce de Dieu, mais qui ne sont pas complètement purifiés, se trouvent dans Vétat intermédiaire d'une douloureuse attente, d'une divine épuration, d'une expiation suprême par des châtiments temporels. Ce sont les membres souffrants de la famille des élus de Dieu; ce sont les enfants pauvres et nécessiteux de l'Église. Estil possible d'imaginer que ceux qui ont triomphé^ comme ceux qui militent encore, ne leur doivent pas les secours de leur in-

là LES CATACOMBES DE ROME

tercessîon? S'il en était ainsi, leur charité ne serait pas une charité catholique^ parce qu'elle ne serait pas universelle. Mais c'est précisément de cette charité universelle que l'on respire le parfum rafraîchissant dans les tombeaux des Catacombes. Elle se manifeste par des bénédiclions^ des hommages et des vœux qui s'élèvent du cœur des survivants comme autant d'étincelles ardentes jaillissant du foyer de la charité : — « sabina, — victo-

BIA, — EMERITA, — FAUSTINA, etc, puisses-tU

vivre en Dieu ! — erenea, pui$seS'tu vivre en Dieu et en son Christ! — regina, puissestu vivre dans le Seigneur Jésus! — hyle, vis en paix dans le Christ qui est Dieu! — Ursule, puisses-tu être admise dans le Christ ! ACCEPTA SIS! — Dioscure, Pontia, vis éternellement ! — Ulpia, puisses^tu entrer en participation de la vie avec tes frères ! VIVA SIS! » — C'est le moment de mentionner le souhait de bénédictions si souvent employé et si rempli de significations : « Puisses-tu vivre avec lessaintslCYM SANCTIS, — INTER SANCTOS, » — et ce cri du cœur si plein de

tendresse : (^ Ayez confiance ^ — consolez-vous. ~ Prenez ocurage : CONFIDE , sappei , EYYTXEï ; » — comme si Ton voulait dire :

(( Ne vous désolez pas, vous serez bientôt délivrés. » — H y a mieux que de simples souhaits impétraioires. Sur plus d'une pierre tombale se. trouve gravée la formule même de la prière pour les défunts : « Dbmetrius et Leon- TiA à Syrica, leur fille bien méritante : Seigneur JÉSUS, souvËNfiZ-vous de notre enfant.

iviNHCSHC. » — c( Dieu qui êtes assis à la droite du Père, mettez avec vos saints Tâme de Nectarius, » ~ « C'est ici, ô très-doux fils, que ta vie trouva son terme ; toutefois, ô Père tout-puissant, je vous en prie^ ayez pitié de ses douleurs^ ayez pitié de notre bienaimé. ORO MISERERE LABORVM. » — « Lucifera: — Que celui de nos frères qui lira ces lignes prie Dieu, afin que cette âme sainte et innocente soit admise auprès de lui ! ROGET DEVM. »

N'omeltons pas les innombrables inscriptions faites avec de petits fragments de pierre ou de verre sur la chaux ou sur le revê-

tcment encore humide de la tombe nouvellement close, par exemple : « Seigneur, tecourez votre serviteur (défunt) Benjamin. » L'Église est demeurée invariable dans l'expression de sa charité pour les trépassés. C'est ce qui ressort clairement de la prière faite encore aujourd'hui par le prêtre dans le canon de la messe, et dont chaque mot se retrouve dans les inscriptions des Catacombes. Ainsi nous lisons : « Ici dort dans la paix le Paphlagonîen Aur. Aelianus , fidèle serviteur de Dieu. Dieu, souvenez-vous de lui dans l'éternité. »I1 y en a beaucoup d'autres. Quant à la conclusion du Mémento que fait le prêtre, les fouilles continuées dans les Catacombes fournissent chaque jour de nouveaux documents. Ainsi nous possédons un nombre considérable d'inscriptions dans lesquelles on demande soulagement^ adoucissement, rafraîchissement^ comme pour des âmes soumises au supplice du feu. Citons entre autres les suivantes : « DieUj rafraîchissez l'âme d'HomuUus. REFRIGERA. » — « Rufîna, — Calemera, puisse Dieu rafraîchir ton esprit ! »

— « Rolosa, Antonîa, que Dieu te rafraichme en Jésus-Christ, dans la paix! » — « Exspectatus, Alexandre et Pompeia, puissiez-vous recevoir quelque adoucissement ! » — « A la bien méritante Bon (Ifacia). Puisse le Christ, Dieu tout-puissant, rafraîchir ton âme ! » (par la vertu de la croix dont le monogramme est là gravé.) — « Victoria, puisse ton esprit se voir rafraîchi en Celui qui est bon! » — «Sylvana, puisses-tu être rafraîchie avec les âmes saintes! » — « Que ton âme, Victorin, (habite) dans un lieu de rafraîchissement ! IN REFRIGERIO! » — « Les parents à leur fille chérie, AviaPaulina! Veuille le Seigneur donner le rafraîchissement à ton âme ! » De même que le rafraîchissement céleste sauve les âmes du supplice combiné du feu et de la soif, de même aussi la lumière éternelle doit les sauver des ténèbres de cette prison du purgatoire : « Seigneur, ne permettezpas que Fâme de Veneria soit obscurcie.

NE ADVMBRETVR. »— « Timothea, que la lumière éternelle vous éclaire en Jésus-Christ. iETERNA TIRI LVX. »

La prière la plus familière aux premiers chrétiens, comme elle Test encore aujourd'hui à l'Église, consiste à demander l^paix^ c'est* à-dire la délivrance de ce lieu d'exil et la jouissance de la vue de Dieu. — « Aquilina et Eusèbe ! qu'une douce paix soit à vous en Dieu ! PAX. YOBIS. » — « Gensanus, que la paix soit à ton âmel » — a Laurence, plus douce que le miel, repose en paix 1 QVIES- GË.»>--^(( Que Laïs (habite) dans la paix ; que son esprit $e repose dans la bonté suprême.» — « Léonce, les frères demandent à Dieu la paix pour toi. PAX A FRATRIBVS. » — A cette classe d'inscriptions, appartiennent aussi les formules en usage dès les temps apostoliques : « Que la paix soit avec toi. PAX TECVM . (Que le Christ) te (fasse habiter) dans la paix^ TE IN ou C VM PAGE ; » — comme aussi le souhait déprécatoire ordinaire et en quelque sorte officiel ; « Que son âme repose ou vive dans la paix I » formule qui est répétée mille fois, soit dans les inscriptions, soit sous les symboles de la grappe de raisins et des branches d'olivier.

Salie da précédent.

. La charité des premiers chrétiens pouf les âmes du purgatoire ne se borne pas à la sympathie du cœur et à la prière. Elle est Fexacte expression de la doctrine catholique sur le mérite des bonnes œuvres; elle montre son efficacité de plus d'une manière. C'est elle qui fait offrir le saint sacrifice pour les morts aux jours commémoratifs de leur décès, qui s'impose des bonnes œuvres pour les défunts, qui entreprend des pèlerinages difficiles et se fait venir en aide par les saints. Nous en trouvons la preuve dans les épitaphes et les mémoires gravées sur les murs des cryptes : — <i Dame (c'est-à-dire sainte) Basilla, nous te recommandons notre fille Crescentia.COMMEN-

DAMVS TIBI. » — « Que le seigneur Hippolyte lui obtienne le rafrakhmement. » — « Martyr Janvier, rafraîchissez Tâme de (Maxi)mus. » — « Ici repose Cyriaque... En témoignage de sa vie les saints martyrs seront ses avocats auprès de Dieu et de son Christ. ERVNT ADVOCATI. »

— Cette attribution aux saints du rôle d'avocats est prouvée par un grand nombre de peintures tombales.

On y voit le Sauveur devenu notre Juge.

A côté de lui sont représentés les saints comme jugesassesseurs, sur des sièges analogues. C'est incontestablement l'expression d'une pieuse confiance dans leur intercession et dans Fapplication de leurs mérites.

Nous terminons ici nos recherches sur l'Église souffrante, persuadé qu'il n'est pas nécessaire d'épuiser toute la matière pour que Ton puisse former et asseoir un jugement certain. Que l'on essaye de conduire dans nos vieux cimetières et dans nos musées d'antiquités chrétiennes un hérétique à qui des symboles confessionnels représentent la doc-

trine du purgatoire comme « une absurde invention du diable » ; qu'on le laisse sans crainte décider lui-même si ces galeries souterraines si vénérables n'ont pas la physionomie d'un cimetière catholique^ si la charité ca/Ao/Z^fw^ n'enveloppe pas les tombes qui s'y trouvent, comme le lierre enlace les mausolées de ses rameaux toujours verts : s'il est sincère, il lui sera impossible de nier l'évidence et il fera un aveu semblable à celui que fait le fameux réformateur de Genève : « La coutume de prier pour les morts date de treize siècles, c'est-à-dire des temps apostoliques; mais, il faut l'avouer, tous les chrétiens sont tombés dans l'erreur : $ed omnes^ faleor, in errorem abrepti fuerunl (!) »

Point de salai hors de l'ÊglIse.

Pour achever notre œuvre, il nous reste à projeter sur la doctrine relative à VÉgHne tniU'tante la lumière qui nous vient des Catacombes. Les monuments primitifs représententrÉglise sur la terre comme ï Arche de Dieu, construite par Jésus-Christ, oe Noé céleste, père d'une nouvelle race d'hommes, les sauvés : c'est dire que, d après ces monuments, TÉglise doit être considérée comme Vunique institution de salut et de sanctification.

Faisons d'abord une remarque préliminaire .

Vart dans la primitive Église est principalement symbolique et reste dans la dépendance d'une science plus haute. Les rapports

continuels el inévitables avec les païens forçaient les chrétiens à soumettre à la discipline du secret non-seulement récriture et la parole, mais même la peinture et la sculpture, dans lesquelles on trouva un moyen de voiler les mystères de la foi. De là, en général, les re* présentations picturales ont un sens caché et bien différent de celui qu'elles montrent à un observateur superficiel. C'est un vêtement historique ou symbolique couvrant de ses plis ridée que Tartiste veut cacher et révéler tout à la fois. Cela s'applique surtout aux scènes bibliques: si ces peintures n'étaient en effet qu'une reproduction pure el simple d'un fait historique, on ne s'explique«rait pas pourquoi cette reproduction n'est pas toujours exactement fidèle au texte sacré.

Ainsi, nous voyons Noé représenté dans les cryptes sortant d'une sorte de coffre cubique à peine suffisant pour un seul homme. On aperçoit déjà la moitié de son corps. Tantôt c'est un jeune homme, tantôt c'est un vieillard. Quelquefois même c'est une figure féminine. Il a les bras levés dans l'attitude de

la prière, et immédiatement au-dessus de lui, la colombe avec le rameau d'olivier. C'est l'image du chrétien défunt, qui de l'Église d'ici-bas, comme d'une arche indestructible, ressuscite et entre dans la vie éternelle en Dieu, parce qu'il est mort dans le sein de l'Église et en paix avec elle, contrairement à ceux qui <( sont décédés sans la paix de Dieu. » (Saint Épiph.) Est-il possible d'exprimer avec plus de force cet article de la foi catholique : Hors de l'Église point de salut? Le vaisseau libérateur flotte sur les eaux débordées de ce monde, c'est-à-dire qu'ici-bas l'Église est militante, opprimée, persécutée. Afin de donner plus d'évidence à ce symbole, on représente aussi Noé (le chrétien), non plus dans son coffre, mais dans une cuve (cuve à pressoir) cylindrique, ornée dans son pourtour d'un rang de têtes de lion. 11 n'est pas rare de voir cette peinture accompagnée de celle de Jonas. Sur une mer soulevée par la tempête on aperçoit un vaisseau dont le mât, la vergue ou le gouvernail sont ornés, soit dfttiie croix, soit d'un symbole du Christ,

comme le poisson ou le monogramme, soit de la colombe qui représente le Saint-Esprit. Dans le vaisseau apparaît souvent une autre figure dans lattitude de la prière : c'est le symbole de T Église et de Marie. Le navire porte quelquefois en signe de la protection divine Tinscription : Jésus. La mer agitée par la tempête désigne évidemment Tétat militant de rÉglise. Dans l'eau on voit nager un monstre dont la tête gigantesque, le cou mince et la queue aux multiples entrelacements indiquent moins le cétacé deJonas que le dragon infernal. Comme le prophète est précipité du vaisseau dans la gueule du monstre marin, il pourrait y avoir là deux significations distinctes. Il faut d'abord y voir le chrétien qui, comme apostat ou excommunié^ quitte le vaisseau de l'Église oîi il était en •sûreté et tombe au pouvoir de Satan. A ce point de vue, on y trouve un argument de plus pour notre démonstration. Mais il y a là une autre signification symbolique encore : c'est le chrétien mourant qui, sortant de l'Église, descend dans le tombeau, c'est-à-dire

dans le gouffre de la mort. De même que le monstre marin a rendu Jonas, qui est devenu ainsi le type de la résurrection de Jésus- Christ, de même aussi la tombe rendra le chrétien, afin qu'il jouisse du repos éternel sous les frais ombrages du paradis. Cette idée est rendue d'une manière frappante par les scènes ordinairement réunies du châtiment, de la délivrance et du repos de Jonas à Tombre du lierre : il suffit de citer cette particularité.

Enfin nous rappellerons encore deux images qui nous montrent la nécessité d'appartenir à rÉglise pour obtenir la justification, à Texclusion de Thérésie et de l'infidélité païenne. L'une se trouve des deux côtés d'un arcosolium. A droite, nous voyons l'image du Bon Paiteur conduisant ses brebis dans les meilleurs pâturages; à gauche, le mercenaire qui, se glissant commodément entre les roseaux et les hautes herbes des marais, épuise le lait de sa brebis d'une façon brutale : antithèse frappante entre la fécondité bénie que l'on ne trouve que dans l'Église catholique,

ET LA DOCTBINE O&TtlOUQUE

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et la stérilité inhérente à Thérésie. Dans la seconde peinture on aperçoit un agneau entre deux hups voraces. Sur le premier on lit cette inscription : SVSANNA ; et sur les autres :

SENIORES(les vieillards). La première figure rÉglise, chaste épouse de TAgneau divin ; les vieillards impudiques représentent ses malheureux adversaires, que le jugement de Dieu attend.

visibilité de l'ÉglIae.

La société fondée par Jésus-Christ, seule et exclusive dépositaire ici-bas des moyens de salut, est, d'après le Symbole catholique, composée de membres visibles : c'est une société qui se manifeste extérieurement par le culte, par la doctrine et par le gouvernement des pasteurs. Ce caractère est exprimé d'une manière fiappante dans les monuments des Catacombes. Là, rÉglise apparaît tour à tour comme une montagne^ un rocher^ une barque^ comme la Cité de Dieu, comme le bercail de Jésus-Christ, qui renferme dans son sein nonseulement des brebis, mais des boucs, c'està-dire des pécheurs. La distinction de ses membres en supérieurs et en inférieurs est

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