VIII INTRODUCTION
tiens. Les Césars, dit-on, avaient, au point de vue politique, le devoir et le droit de proscrire une secte ténébreuse qui venait renverser l'empire et détrôner toutes les puissances. Non, répond l'histoire: jamais le christianisme ne fut une secte politique ; jamais son programme ne menaça l'existence d'aucun pouvoir. Les fidèles du temps de saint Pierre, aussi bien que ceux du dix- neuvième siècle, respectaient les puissances, les servaient avec dévouement, et rendaient à César ce qui est à César. Il est vrai qu'ils rendaient d'abord à Dieu ce qui est à Dieu, et, sous les Néron et les Tibère, ils mou* raient pour leur Dieu. Mais se sont-ils jamais révoltés? Trouve-t-on, parmi les milliers de tombeaux qui peuplent les galeries de leurs hypogées, le fer d'un seul poignard ? Qu'on le sache donc : les princes persécuteurs, depuis Hérode jusqu'aux mandarins qui versent de nos jours le sang chrétien sur les plages dû Japon ou de la Corée, non-seulement sont des bourreaux au point de vue légal, mais de véritables insensés au point de vue politique. Ils frappent précisément sur les plus fermes appuis de leur pouvoir, sur les hommes le plus profondément pénétrés des principes de subordination et d' obéis-