‹ Les Catacombes de Rome et la doctrine catholiqueChapitre 5 sur 14 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

saoce; en sorte qu'on peut dire qu'un décret de proscription contre la foi chrétienne est un suicide politique de la part du prince qui Ta promulgué. Pour comprendre tout l'intérêt que présente Télude des Catacombes» il faut se faire une idée de l'existence sociale du christianisme durant les trois premiers siècles. Renfermés pour l'exercice de leur culte dans des arénaires souterrains, les fidèles n'apparaissaient au grand jour, en cette qualité, qu'en face des tribunaux romains où ils confessaient leur foi et attendaient leur arrêt de mort. Toutes les tortures, tous les supplices imaginables étaient mis en œuvre pour les contraindre à livrer aux juges les Écritures, dépôt sacré de leurs croyances. Les païens espéraient trouver dans ces livres mystérieux le plan général de la conspiration supposée contre l'empire; ils comptaient y trouver les signes de ralliement des conspirateurs, le sens réel des doctrines dont la profession de foi des martyrs, toujours identique, était loin de leur paraître le dernier mot. Mais l'ardeur même avec laquelle ils recherchaient ces importants témoignages, commandait aux fidèles une résistance héroïque en sens opposé : de là les milliers de chrétiens qui

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3i;bireDt 4a mort uniqiiement pour n'avoir pas voulu remettre aux juges les Livres sacrés ; 4e là aussi la nécessité d'observer rigoureusement, dans les ouvrages d'apologétique, de controverse ou de morale chrétienne, la loi du secret sur les dogmes principaux et sur l'organisation intérieure de 1% religion persécutée. On comprend dësi lors combien d'enseignements, qui auraient pu trouver leur place dans les œuvres des Docteurs et des Pères de l'Église aux trois premiers siècles, durent nécessairement être voilés à l'œil de la mal veillance et réservés pour rinitlation orale. Le protestantisme n'a pa^ manqué de se prévaloir du silence forcé qq'on observait à cette époque. « Sire, o disait Agrippa d'Aubigné à Henri IV, « le cardinal Duperron est « un savant homme. Proposez-lui de réduire la doctt trine de l'Église à ce qu'elle était aux trois pre- (c miers siècles, et nous serons d'accord, » C'était là une outrecuidance de soldat plutôt qu'une parole de théologien : car l'étude attentive de la patrologie des trois premiers siècles fournit un certain nombre de témoignages qui suffisent à renverser de fond en comble la thèse de Luther. Mais enfin la rareté relative de ces textes, leur expression tou-

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