DO
un repas ordinaire, d'où la retenue était bannie ( i ) . La licence des derniers convives pourrait à la rigueur expliquer Temploi de coupes à si étranges représentations. On a prouvé d'ailleurs que plusieurs d'entre elles, et en particulier un dessin des trois Grâces, ont été fabriquées au seizième siècle par d'habiles faussaires (2).
Quant à l'âge de ces fonds de coupes, Buonarruoti pensait que plusieurs remontaient au second siècle, et que la plupart étaient du temps des Gordien et des Philippe, c'est-à-dire avant la seconde moitié du troisième siècle. Boldetti, Bianchini, Marangoni avaient également soutenu que ces verres étaient antérieurs à l'époque de la paix de l'Eglise; mais un examen plus attentif les a fait reconnaître en général moins anciens. Quelquesuns sont du commencement du troisième siècle ; on en cite un du deuxième siècle, trouvé dans la première area du cimetière de Callixte (3) ; mais d'après le jugement du P. Garrucci et de M. de Rossi, le plus grand nombre a été fabriqué pendant les dernières années du troisième siècle et
(i) Saint Jérôme écrit à Eustochium, ép. XXXI : « C'est la fête du bienheureux Pierre; nous devons nous appliquer à honorer ce jour solennel non par l'abondance de la nourriture, rnais par la joie de nos âmes. Il est absurde de manger avec excès- pour fêter un martyr qui gagna le ciel par ses jeûnes; » et saint Augustin montre « les ivrognes poursuivant les saints avec leurs coupes comme les païens furieux les poursuivaient jadis à coups de pierre. » — (::) Garrucci., Vetri, p. 83. — (3) Bullettino, 1864, p. 82.
ID
principalement au quatrième. Il nV en a guère qui soient du cinquième siècle ; ce jugement s^appuie sur la paléographie des inscriptions , sur le costume des figures représentées dans les dessins, etc.. (i).
Indépendamment des fresques, des sculptures, des fonds de coupe, divers autres objets ont été trouvés dans les cimetières souterrains de Rome, ou par terre, dans les galeries, ou fixés dans la chaux près des loculi ; ce sont des pièces de monnaie des quatre premiers siècles, surtout du second et du troisième, jamais du cinquième; des anneaux de fer, de bronze, des lampes la plus part du temps faites d^argile, dont le type le plus élégant peutêtre est la lampe de bronze en forme de barque fermée, trouvée dans les fouilles de Porto-Romano et donnée, en 1868, par le prince Torlonia au musée du Vatican; des morceaux d'ivoire, des tissus d'or, des objets de toilette ; et si c'est un martyr, ce sont des instruments de supplice, déposés dans les tombes, crocs et clous de fer, lanières garnies de plomb, etc., pieusement conservés par les fidèles présents au supplice.
Raoul Rochette s'est égaré en interprétant les objets trouvés ainsi dans les Catacombes. L'abbé Cavedoni lui a répondu, mais en tombant dans
(i) De Rossi, Bullettino, 1864, p. 82; 1868, p. 2. — Garrucci, Vetri, n» g.
un excès opposé, car il vit un sens symbolique dans chacun d^eux, ce qui ne peut être; quelques-uns sont entièrement païens et ont appartenu aux morts dont ils ornaient les tombeaux. Les chrétiens, en etfet, qui ne gardaient aucun des objets servant au culte idolâtre, conservaient trèsbien ceux d^ornementation païenne, qui servaient aux usages ordinaires de la vie. Diaprés la version arabe des canons apostoliques récemment publiée, cette tolérance était expressément permise.
Pourquoi ces objets étaient-ils ainsi placés ? La différence notable qui existe sous ce rapport entre les tombeaux païens et les tombeaux chrétiens, semble Findiquer. Les objets ne sont pas ordinairement renfermés dans les tombes chrétiennes comme ils le sont dans les tombes païennes ; ils sont fixés extérieurement sur la chaux qui clôt le loculus. Une infinité dUndices fait comprendre que ces objets ont été placés pour faire reconnaître les lociili ; ils servaient ainsi aux parents de signes mnémoniques.
Des inscriptions accompagnent souvent et expliquent ces peintures, ces sculptures, ces coupes, ces anneaux, lampes et objets divers. Le plus grand nombre des inscriptions se rencontrent isolément sur la pierre, le marbre ou la tuile, gravées avec un ciseau ou une pointe quelconque, tracées avec du charbon ou avec un pinceau , au minium et au cinabre, écrites en latin ou en grec, mais, en
— loq —
général, en grec et en latin moins élégants que celui des inscriptions païennes de même date. La pierre ou le marbre sont, en quelques cas trèsrares, empruntés à des inscriptions ou à des sculptures païennes. C'est ainsi que, outre les exemples que nous avons déjà donnés, on a trouvé dans le cimetière de Sainte-Agnès des fragments de rescrits impériaux en faveur des Péanistes, et dans le cimetière de Générosa, des fragments de tables arvaliques, pierres utilisées dans les derniers temps par \qs fossores pour clore les IgciiU.
Le recueil d'inscriptions, commencé par M. de Rossi dès 1842, doit renfermer les i5,ooo aujourd'hui connues, dont 1374, les seules qui fussent alors datées (il y en a à présent plus de i,5oo), ont été imprimées en 1861 dans le premier volume des Inscriptiones christianœ iirbis Romœ (i). Les dates, toujours très-rares par con-
(i) Inscriptiones christianœ iirbis Romœ septimo sœculo antiquiores edidit J.-B. de Rossi, vol. I. Romae, iSôy- 1861. \''oici la dédicace qui est un modèle: