‹ Les catacombes de RomeChapitre 11 sur 100 · Cf. ci-dessous, chap. viu · texte numérisé non relu

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2. DoM H. Lkci.kbc.q, article Ad sanclos, dans le Dictionn. d'archcol. cliict. et de litiiri^ie, 1, i\ 47ij-^<"ij-

LES CATACOMBKS DR ROMK 5l

les inscripiions daiccs servent de termes de comparaison pour classer chronologiquement celles qui ne le sont pas, car les mêmes symboles, les mêmes formules reparaissent sur les unes et les autres et varient simultanément des deux parts. De Rossi a constaté que les inscriptions funéraires postérieures à 410 sont très rares aux catacombes, et qu'elles disparaissent à peu près complètement après 455. Bien que l'on ait retrouvé en 1902 au cimetière de Commodille une épitaphe à date consulaire de 470 et une autre de bij, nous pouvons dire qu'en règle générale à partir du milieu du v siècle on n'ensevelit plus dans le sous-sol de la Campagne romaine. Nous savons la raison de cette ab.stention : en 410 et en 455 Rome subit deux crises redoutables, qui bouleversent les conditions de sa vie : elle est mise à sac par les Goths d'Alaric et par les Vandales de Genséric. Les habitants de Rome n'osent plus s'éloigner de ses murailles; autour des églises urbaines se fondent de nouvelles nécropoles.

Avec les siècles, les catacombes sont de plus en plus négligées. Il faut en rendre responsables surtout la misère des temps au début du moyen âge, la répétition fréquente de guerres désastreuses, les invasions des Barbares qui dévastaient les environs de Rome et pillaient les cimetières souterrains. Pour empêcher le retour de ces violations sacrilèges des sépultures anciennes, les papes prirent le parti d'enlever des galeries funéraires les reliques des martvrs et de les placer dans les églises de Rome, où elles seraient désormais à l'abri. Dès les premières années du vil' siècle, Bonifacc IV fit conduire au Panthéon, dédié maintenant à la \'iergc, vingt-huit voitures

chargées de reliques. A la suite des déprédations commises en jôô par les Lombards d'Astolphe, qui emmenèrent à Pavie beaucoup de corps saints, Paul L""^ en 761, transporta dans l'église des Saints- Eiienne-et-Silvcstre une quantité considérable d'ossements. Ses successeurs suivirent son exemple : Pascal I" (817-824) transféra en une fois 2,3oocorps à Sainte-Praxède ; Serge II (844-847) et Léon IV (847-855), après l'invasion sarrazine de 846, enrichirent pareillement, au détriment des catacombes, l'église des Saints-Silvestre-et-Martin et celle des Saints-Quatre-Couronnés. Les reliques des martyrs de Rome, que convoitaient les églises et les monastères de tout le monde chrétien, faisaient l'objet d'un fructueux commerce. L'histoire curieuse du diacre Deusdona, qui parcourut l'Europe pour les offrir à bon prix aux fidèles, jette une singulière lumière sur les mœurs de cette époque '.

C'est la fin des catacombes romaines. A partir du ixe siècle elles sont tout à fait délaissées et leur souvenir même s'efface peu à peu. Il fallut la découverte fortuite de 1578 et les travaux de Bosio pour rappeler sur elles l'attention et les remettre en honneur.

I. Cf. J. Glirai D, Les yeliqucs romaines an ix*" s/t'c/r, dans SCS Questions d'iiistoii-e et d'ai-cliet)l()i^ie clirétiennes. Paris, 190G, p. 2ib-2b I .

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