‹ Les catacombes de RomeChapitre 24 sur 100 · PAULO APOSTOLO MART · texte numérisé non relu

PAULO APOSTOLO MART

Paulo apostolo martyrij '.

Le tombeau n'a pas changé de place depuis Constantin : Valentinien, en reconstruisant la basilique, s'est abstenu de toucher à la confession. La pierre qui porte l'inscription est percée de deux trous rectangulaires et d'un trou circulaire ; par ces ouvertures, les prêtres, aux jours de fête, faisaient descendre jusque dans la tombe, avec de l'encens,

I. H. Giu.sAR, dans la Rûm. Qiiartahclir., 1892, p. 1 18-1 53 et pi. \-llI.

des linges que le contact des relie]Lîes sanciifiait et que l'on distribuait ensuite aux assistants.

Le corps de saint Paul n'ciait pas toujours resté, depuis l'origine, dans la basilique hors-Ies-murs. En 2 38 il avait été transféré momentanément, avec celui de saint Pierre, dans une crypte souterraine de la voie Appienne, appelée tantôt la Plaioma ou Platonia, tantôt les Catacombes, lociis ad Catacumbas '; le Chronographe de l'année 354, une inscription métrique de saint Damase, une lettre de saint Grégoire le Grand, le Martyrologe hiéronymien, les .•ic/c'i'des saints Pierre et Paul en témoignent. Cette translation eut lieu pendant la violente persécution de Valérien, atin de mettre les restes des apôtres à l'abri de toute insulte. Il semble qu'on ait ramené leurs corps, l'un sur la voie d'Ostie, l'autre au Vatican, dès l'année suivante, à la faveur des mesures d'apaisement prises par Gallien, fils de Valérien, associé à l'Empire du vivant même de son père et chargé du gouvernement de Rome pendant que celui-ci combattait en Orient contre les Parthes '. Autour de la Platoniase développa un petit cimetière, où furent enterres notamment saint Sébastien, tribun d'une cohorte prétorienne, victime de la persécution de

1. Le mot Platoma ou Platouia signitïait plaque de pierre ou de marbre. Sur l'étymologic du mot Catacumbae, voir cidessus, chap. 1' ^ p. 3-4.

2. Les tètes de saint Pierre et saint Paul sont maintcnanl déposées dans la basilique du Latran ; avant l'année 1370 elles se trouvaient dans le Saucta SLiiictoium; au temps de saint Grégoire le Grand elles n'étaient pas encore détachées des corps; d'après le Père Grisar, c'est au w siècle que les papes les rirent retirer des tombeaux de la voie d'Ostie et du X'atican [Civilta cattolica, 17 août 1907).

Dioclétien, et saint Quirin, évoque de Siscia en Pannonie. Au-dessus de la crypte où reposèrent quelque temps les reliques de saint Paul et de saint Pierre, le pape Damase éleva une basilique, dite des Saints- Apôtres et plus tard de Saint-Sébastien ' ; Mgr de Waal y a fait des fouilles en 1894 et dans la crypte, sous un petit autel, il a retrouvé un tombeau divisé en deux parties pour recevoir deux corps cote à côte. En souvenir des apôtres, les pèlerins du moyen âge continuèrent à visiter Saint-Sébastien ei \e locus ad Cataciimbas^ même après qu'ils eurent oublié l'histoire et l'emplacement des autres nécropoles chrétiennes; c'est pour cette raison que le nom de catacombes fut étendu, au temps de la Renaissance, à tous les cimetières souterrains des premiers siècles.

SAINT PlERUr:

Des documents nombreux, dont quelques-uns remontent à une haute antiquité, attestent que saint Pierre est venu à Rome, qu'il y a prêché, qu'il y fut mis à mort. Nous avons sous son nom une Epitrc adressée aux Eglises d'Asie, la Prima Pétri; elle est écrite, d'après l'auteur, de « Babylone », c'est-à-dire de Rome, à laquelle les chrétiens donnaient ce nom symbolique, et elle fait allusion très clairement aux

I. A. DE Waal, Dcr Apostclgritft ad Catactimbas, dans la Rom. Quartiilsclir., Supplementheft m, 1894 ; O. Marucgmi, Descri:^ione délie catacombc di San Sebastiatio, Rome, 1895 ; A. Bau.mstark, dans \-dRôm. Qiiartalschr., 190^, p. 25o-252.

Li:S CATACOMIUCS Di: nOME 85

souffrances qu'enduraient les fidèles de la capitale pendant la persécution. Saint Clément Romain, dans sa i''" l'^pitrc aux Corinthiens, Cl saint Ignace, dans son Epitre aux Romains, l'un et l'autre à la fin du 1" siècle ; au ii^, saint Denys de Corinihe, dans une lettre que cite Eusèbe, et saint Irénée, dans son traité Contre les hérétiques; au début du m" siècle, le prèire romain Caius, cité aussi par Kuscbe, puis Teriullicn, Origénc, etc. ne doutent pas du séjour de Pierre à Rome ni de son martyre sous Néron. Ajoutons qu'un papyrus égyptien de la collection Amherst, publié en kjoo '.contient le texte grec d'un document apocryphe très ancien, VAscensio Jsaiae, dont on ne connaissait jusqu'ici qu'une version éthiopienne incomplète; à propos de l'Antéchrist et de la persécution néronienne, on y lit ces mots : « Et l'un des Douze tombera entre leurs mains » ; l'apôtre ainsi désigné ne peut être que saint Pierre. Saint Jérôme assigne à son supplice, comme nous l'avons déjà vu, la date de 67; si la Prima Pétri est authentique, il faut bien admettre que Pierre a survécu au début des exécutions qui suivirent l'incendie de 64. Les Actes apocryphes s'accordent avec les textes historiques du m'' siècle et des époques suivantes, à partir de Tertullien, pour affirmer qu'il fut crucifié; il n'était pas citoyen romain comme saint Pau! ; aussi subit-il le supplice des esclaves et des étrangers. Origène raconte qu'il ne voulut pas, par humilité, périr de la même manière que le Christ; il

I. Cf. Ad. Harnack, dans les Sit:{ungsber . dcr Bcvliner Akad., 1900, p. 983 et suiv., et O. Marucchi, dans le Nuovo Biillctt., 1901. p. 221-222.

ôb LES CATACOMBES DE ROME

aurait demande et obtenu qu'on le crucifiât la tête en bas '.

S'il est prouvé que saint Pierre vint à Rome, la date de son arrivée et la durée de son séjour restent incertaines. A la suite de plusieurs historiens de rÉglise, de Rossi suppose qu'il se rendit à Rome pour la première fois dès l'année 42, dix-huit ans avant que saint Paul y prêchât. D'après le Chronographe de 354, ^^ traité De morte persecutoriim de Lactance, la Chronique d'Eusèbe et les listes épiscopales postérieures, il aurait été évêque de Rome pendant vingt-cinq ans; comme il fut supplicié en 67, il faudrait donc reculer son arrivée jusqu'en 42. \^cs Actes des Apôtres rapportent qu'emprisonné à Jérusaleni vers l'an 41, il fut délivré miraculeusement et s'en alla « en un autre lieu « ; cet autre lieu ne serait-il pas Rome, et ne s'expliquerait-on pas de la sorte la fréquente répétition, sur les sarcophages romains, de la scène de son arrestation par les soldats d'Hérode? Sans doute on le retrouve en 52 à Jérusalem, où il préside un synode des Apôtres, et saint Paul, écrivant aux Romains en 58, ne le nomme pas parmi les chrétiens alors présents dans la capitale et qu'il salue. Mais peut-être avait-il quitté Rome en 49-5o, en même temps que les Juifs expulsés par Claude, pour n'y rentrer qu'à la veille de la persécution de Néron ' .

Celte théorie, à vrai dire, ne s'appuie sur aucun

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