I. II. Ghisar, AiiaUxta roiihiiia, p
dans le Bullettino di archeologia crisliana de la même année. La chaire de bois comprend d'abord une charpente en chêne munie d'anneaux, où l'on n'a pas de peine à reconnaître une sedia gestatoria romaine, sorte de siège mobile que des porteurs soutenaient sur leurs épaules; — et, en outre, des revêtements en bois d'acacia, ornés de six plaques en ivoire, de travail antique, représentant les travaux d'Hercule, avec des applications de lamelles d'or ; d'autres ivoires, sculptés en relief, datent du moyen âge; on v voit des scènes de chasse et un empereur, peut-être Charlcmagne.
A trois monuments de Rome ou des environs, en dehors des catacombes, est attachée la mémoire de saint Pierre.
Il aurait prêché sur la colline du Viminal, dans la maison du sénateur Pudens, converti par saint Paul, dont il aurait utilisé la chaise curule ; cette maison serait devenue par la suite une église, sous le vocable de Sainte-Pudentiennc, en souvenirde la fille de Pudens. Les Actes des saintes Potentienne et Praxède, qui relatent ces faits, ne méritent aucune créance ; ils sont de basse époque et rédigés avec le partipris évident de faire remonter les origines de l'église de Sainte-Pudentienne à l'âge apostolique, en même temps que d'expliquer l'existence et le caractère de la cathedra Pétri du Vatican.
Près de Rome, sur la voie Appienne, à douze cent mètres de la porte Saint-Sébastien, s'élève la petite chapelle ronde du Domine qiio vadis', qui doit
I. G. B. I.iGARi, // sacelh « Domine quo vadis », dans le yiiovo Bnllctt ., Kjoi, p. 5-2Ô.
son nom à une légende racontée pour la première fois par saint Ambroise, dans son traité Contre Aiixentius, au iv" siècle, et reprise dans les Actes apocryphes : saint Pierre, pendant la persécution de Néron, prit peur et s'enfuit; il sortit de Rome par la voie Appicnne et rencontra le Christ à l'endroit même où fut construite ultérieurement la chapelle : « Seigneur, où allez-vous, lui dit-il, Domine qiio vadis? — Je vais de nouveau me faire crucifier, répondit Jésus, Vcnio iteriim criicijîgi. » Éclairé par ces paroles et comprenant mieux son devoir, Pierre revint sur ses pas et affronta courageusement la mort.
Saint Pierre passe pour avoir été enfermé, avant son supplice, dans la prison Mamertine sur le Forum romain, au-dessous de Téglise actuelle de San Pietro in carcere, Saint-Pierre-en-prison. Ce carccr serait l'œuvre, d'après les écrivains latins, du roi Ancus Martius; il se compose d'une cellule creusée dans le roc au pied du Capitole et, à l'étage inférieur, d'un cachot souterrain ; cellule et cachot sont reliés l'un à l'autre par un trou, d"où l'on précipitait les condamnés , et desservis par une citerne, le TiiUianiim. Les assassins des Gracqucs, Jugurtha, les complices de Catilina, Vercingéiorix y ont séjourné. En fut-il de même pour saint Pierre ? Le premier texte qui Talhrme ne date que du vie siècle; ce sont les Actes des deux saints Procès et Mariinien, qui auraient été les geôliers de l'apôtre et qu'il aurait convertis.
Nous arrivons enfin aux catacombes. On a vu plus haut qu'en 2 58 les reliques de saint Pierre, avec celles de saint Paul, ont été déposées quelque
LES CATACO.MBnS DK ROMF. 9I
temps à la Platonia. D'autre part, nous rencontrons au Vatican le lieu de supplice de Pierre et sa tombe, au cimetière de Y Ostrianum la trace peut-être de sa prédication.
Quelques documents, dont aucun n'est antérieur aux derniers siècles du moyen âge, placent le crucifiement de saint Pierre sur la colline du Janicule ; l'église de San Pieiro in Montorio en marquerait l'endroit '. L'architecte Bramante, à la rin du xvc siècle, construisit une chapelle ronde au dessus du trou, encore visible, dans lequel le pied de la croix aurait été planté. En réalité cette tradition ne repose que sur un mot mal compris des Actes apocryphes : il est dit dans cette pièce que saint Pierre fut mis à mort in monte ; on a cru qu'il s'agissait de la colline du Janicule, la seule de la rive droite du Tibre ; mais tout le reste du passage s'oppose à cette interprétation ; par 7nons il faut entendre simplement une petite butte de terrain de la rive droite, dans le quartier du Vatican. Les indications topographiques données par les Actes et confirmées parle Liber pontijîcalis sont très explicites : saint Pierre fut crucifié au Vatican, près du palais de Néron, de l'obélisque, de la naumachie, sur le parcours de la voie Triomphale, et enterré tout auprès. Or nous savons qu'à droite du Tibre, dans la région du Vatican, que traversaient deux grandes routes ro-
:. Cette thèse a clé soutenue encore par J. B. I.i-oari, Le lieu de critcijîemeut de saint Pierre, Tours, 1898; // citlto di San Pietro sut Giaiiicolo, Rome, 1907. Elle a été combattue par O. Marlcciii, dans le Xiinvo BiiUett., 1903, p. 135-179 et p. 209-272, et par H. Grisar, dans la Civilta cattolica, iG septembre 1903.
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maines, la Via Coruelia et la Via Triumphalis, Néron avait fait bâtir un palais, un cirque — auquel appartenaient Tobélisque et les deux bornes dont parlent les Actes, — une naumachie pour les représentations de batailles navales, et de vastes jardins, — ceux-là même où périrent, dans des supplices affreux, les chrétiens victimes de la persécution de 64. il n'y a pas d'hésitation possible sur le lieu du supplice '. Le lieu de la sépulture était voisin ; nous devons le chercher dans la basilique de Saint-Pierre-du- Vatican. Sur la tombe de saint Pierre, comme sur celle de saint Paul, l'ut bàii d'abord, à la tîn du 1" siècle, un petit monument commémoratif, memoria sancti Pétri, œuvre du pape Anaclet; le prêtre romain Caius, qui vivait au lu^ siècle et que cite Eusèbe, saluait sur la voie d'Ostie et au Vatican les « trophées » des apôtres ^ Au iv« siècle, une basilique remplaça la memoria. Elle fut plusieurs fois transformée au moyen âge et rebâtie entièrement à la Renaissance sur un plan grandiose. Mais le tombeau de saint Pierre, non plus que celui de saint Paul, ne fut pas changé de place ; il se trouve toujours dans la crypte située en avant du maître-autel; la pierre sépulcrale est brisée en partie, sans doute depuis l'invasion sarrasine de 846. Les premiers papes, jusqu'au début du m" siècle, furent enterrés tout à côté ; il y avait donc là, ainsi que sur la voie d'Ostie, un antique cimetière; les fouilles faites au xvne siècle, à l'occasion de la réfection de la basilique, dans les
I. Cf. L. DucuESNE et CA\. IhicLSEN, dans les Dissert. dclla poiitif. Accûd. 10m. di nrclicul., suie 11, lome \'lli, igo3, p. I ;-!2-i48 et p. Ii5!î-38S.