I. Le litre porte la date de i
reirouvé qu'une seule tombe de martvrs authentiques, celie des saints Abdon et Sennen. Il n'a pas utilisé toutes les sources écrites qui auraient pu i;uider ses investii^atii^ns et nét^lige, entre autres, les itinéraires des pèlerins du movenàgc, dont de Rossi devait si lieureusenient laiie usage. Nulle pari il n'ose recourir à l'hypothèse, toujours légitime et souvent féconde; par suite, il ne peut tirer des matériaux amassés un parti sufîisant. Enfin, et surtout, les deux cents planches de son livre sont trop fréquemment infidèles et sacrifient l'exactitude du détail à l'agrément de l'aspect général". Mais ce ne sont là, en somme, que des taches légères, dont la responsabilité incombe moins à l'auteur lui-même qu'à son temps et qui tiennent aux difficultés d'un sujet qu'il était le premier à traiter. C'était déjà beaucoup d'avoir pu si bien faire. Il aurait suffi de continuer à suivre la voie si brillamment inaugurée; peu à peu la science des catacombes se serait complétée et approfondie.
Malheureusement, la Rome souterraine, à peine découverte, fut de nouveau négligée par les érudiis. Pendant plus de cent cinquante ans, elle subit de graves dommages. Tout d'abord la réputation même des fouilles et du livre de Bosio lui fit tort. On voulut déblayer en toute hâte les galeries funéraires pour en retirer l(;s reliques des premiers chrétiens; l'autorité ecclésiastique accorda trop facilement toutes permissions à des fouilleurs im-
1. J. WiLPKRT, Die Katakombcugemàldc iind Une altcn Copicii, Fribi)urg-cn-Brisgau, 1891, et dans ïaRôm. Qtiartalsclir., 1891, p. 284-289.
provisés et intéressés, qui creusèrent le sol sans méthode, sans prudence, sans se préoccuper de sauver de la ruine les peintures et les objets divers qu'ils rencontraient. Ce fut une époque de destruction barbare et irrémédiable.
En même temps, les catacombes couraient un autre danger : entraînés par l'ardeur de leurs polémiques religieuses, quelques écrivains protestants essayèrent de jeter sur elles le discrédit. L'anglais Gilbert Burnet et le réfugié français Misson, dans les récits des voyages qu'ils firent en Italie, le premier en i685-i686, le second en 1688, les Allemands Peter Zorn et Fehmel, dans leurs dissertations critiques', prétendirent qu'elles n'avaient pas été construites par les chrétiens, mais parles païens; les ossements e^u'on v trouve seraient les restes des Romains païens, et non pas des reliques de manvrs ; quant aux peintures évidemment chrétiennes qui les décorent, il faudrait voir en elles l'œuvre tardive des moines du moyen âge. Mabillon vint apporter à ces détracteurs systématiques un appui inattendu. Imbu des meilleurs principes de la recherche historique, il jugeait avec beaucoup de sévérité l'insouciance de l'administration pontiticale, qui laissait proposer inconsidérément à la vénération des fidèles tous les débris recueillis dans les fouilles des cimetières souterrains. Pour combattre ces pratiques, il écrivit en ibqS une lettre très vive Sur le culte des saints inconnus \ où il demandait que l'on procédât