LA REGION DE LVCINE ET LA REGION DE SAINTE CECILE ET DES PAPES
Une description détaillée de chacune des parties de la caiacombe de Calliste entraînerait de fastidieuses énuméraiions et d'inutiles redites. Mieux vaut nous borner à l'examen d'une seule question, particulièiement intéressante, et rechercher les origines historiques des deux régions les plus anciennes
I. I,;i région de Lucinc est étudiée dans le tome I do la Rama sot tervjiicj, p. Ji.^-^pija région de Sainte Cécile et des papes dai'S le umic II, p. 1-2JS.
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de ce cimeiièrc, celle de Lucine et celle de sainte Cécile et des papes '.
La première iirca du cimeiièrc de Callisie a de modestes proportions: 180 pieds de longueur sur 100 de largeur environ, 3o mètres sur 25. Des deux côtés, des hypogées païens l'encadrent et la limitent. On a creusé d'abord les galeries funéraires dans la propriété d'une grande famille, au-dessous d'un mausolée dont les ruines sont encore apparentes. Cette partie de la catacombe s'appelait : région de Lucine; elle était désignée évidemment sous le nom de la personne à laquelle appartenait le terrain ctqui Ht établir à cette place les premières sépultures chrétiennes. Mais le nom de Liicina csi symbolique; il dérive de lux, lumière ; dans le langage mystique des ridèles, il tait allusion à l'illumination des âmes par le baptême. Pour connaître le véritable nom de tamille de Lucine, son nomen geiitilichim, de Rossi interroge les inscriptions de la catacombe même. Elles nous apprennent que les chrétiens enterrés dans ces galeries et ces cryptes au 11^ et au m- siècles, étaient, pour la plupart, des membres de vieilles gentcs aristocratiques, clarissimi viri ou clarissimae feniiinie, tels que, par exemple, Caecilius Faustus, Faustinus Atticus, Annia Faustina, Atiica Caeciliana. tous apparentés aux Caecilii et aux Pomponii. D'étroits rapports d'alliance unissaient les deux familles Caecilia et Pompwnia; Titus Pomponius
I. Cf. J-R. DE Rossi, Roma soiienauca. I. pi. I (entrée des cryptes de Lucine , V (crypte de saint Corneille) ; H, pi. 1 Ja crypte papale, état actuel), 1* (la même, restauration', V crypte Je sainie Cécile). Voir ci-dessus, pi. \I et \'ll.
LES CATACOMBl'.S DR ROME
AtiicLis, \'ù,m\ de Cicéron, avait été adopté par son oncle Quintus Caecilius. Nous connaissons, outre la branche des Pomponii Attici, celle des Pomponii Bassi ; Annia Faustina, petite Hlle de Marc-Aurèle, était la femme d'un Pomponius Bassus; l'Annia Faustina que cite une inscription des crvptes de Lucine devait être une de ses parentes. Il n'est pas surprenant qu'on rencontre sur la voie Appiennc les tombes des Caccilii et de leurs proches ; déjà Cicéron, dans ses Tiisciilancs, nous dit que les Caecilii possédaient des domaines funéraires le long de cette route ' ; c'est là que fut élevé plus tard le mausolée célèbre et très bien conservé de Caecilia Melella, un peu au-delà du cimetière de Calliste : sainte Cécile, enterrée dans ce cimetière, était une Caecilia. D'autre part, deux fragments d'épitaphes païennes, utilisés dans la région de I.ucine pour lermer des sépultures chrétiennes, nomment l'un un Pomponius, l'autre un Pomponius Bassus; Varea funéraire des Pomponii païens se trouvait sans doute dans le voisinage, et les cryptes de Lucine elles-mêmes n'étaient autre chose que le tombeau de famille des Pomponii chrétiens, tout à fait analogue à ceux des Acilii dans le cimetière des Priscille et des Flavii dans le cimetière de Domitille.
Tacite raconte qu'en l'année dj, sous le règne de Néron, sept ans avant la première persécution, Pomponia Graecina, femme d'Aulus Plautius, le conquérant de la Bretagne, fut accusée de superstition étrangère : on lui faisait grief d'éire toujours