TiCKTUI.I.IlCN, vltf iiaiio)ics, I
2. Libev pontificalis [éd. iHiclicsnc), 1, p. i 33 ; Saint Cyprikn, Lettres, LXXX.
LES CATACOMBKS DK UOMR 1 4Q
rendirent à leur tombeau; les paiens avertis murèrent promptcment l'entrée des galeries souterraines et les fidèles enfermés moururent de faim. Le pape Damase retrouva plus tard la crypte de Chrysanihc et de Daria ; il laissa toutes choses en l'état et boucha de nouveau l'ouverture; une étroite fenêtre permettait d'apercevoir l'intérieur ; Grégoire de Tours, au vi« siècle, put contempler encore l'étrange spectacle de cette chapelle funéraire pleine de squelettes blanchis". Les morts eux-mêmes n'étaient plus en sûreté dans les catacombes. C'est pendant la persécution de \'alérien qu'il fallut enleverdu Vatican lecorps de saint Pierre et du cimetière de Lucine sur la voie d'Ostie celui de saint Paul, pour les transférer sur la voie Appienne, à la Platonia; celle-ci, moins fréquentée, moins connue des païens, avait plus de chances d'échapper aux recherches de persécuteurs, et en effet elle ne fut pas profanée. Sous le règne de Dioclétien les chrétiens cessèrent d'enterrer les papes au cimetière de Calliste; Marcellin P"" fut inhumé dans celui de Priscille, moins exposé aux injures. Pour mettre les tombes à l'abri, on s'applique alors à transformer l'aspect extérieur des catacombes et à rendre leur accès impossible aux païens; il n'y a plus de monuments apparents à la surface du sol; les entrées se dissimulent, les escaliers qui reliaient les divers étages sont interrompus. Enfin, dernière ressource, on se décide à combler de terre les galeries et les chambres qui renferment les reliques les plus précieuses; la crvpte des saints Prote et Hyacinthe
I. Acta sjncto)um, à la date du 23 octobre; Grkgoire de Tours, De gloria martyritm, 38,
à Saint-Hermès, sur la voie Salaria, celle des papes et celle de sainte Cécile au cimetière de Calliste furent ainsi rendues inabordables; le pape Damase à la tin du iv° siècle et J.-B. de Rossi de nos jours eurent fort à faire pour les déblayer. Le temps des dernières persécutions est Tàge héroïque des catacombes.
LES CATACOMliF.S liV. SAINT-HIPPOLYTF. ET V)V. SAINTE-AGNÈS
Parmi les principaux personnages de la communauté chrétienne de Rome au m'' siècle Hgure en première ligne saint Hippolvte, prêtre et docteur contemporain de saint Calliste, auteur de plusieurs traités polémiques ou dogmatiques et peut-être aussi du pamphlet des Philosophuinena '. Un cimetière portait son nom ; les textes du moyen âge le placent sur la voieTiburtine. Une très belle statue de marbre, représentant un homme assis, drapé dans un long manteau, fut découverte en i55i à gauche de cette route et à i,3oo mètres de Rome environ ; elle est maintenant au musée chrétien du Lairan : une insciiption gravée sur l'un des cotés du siège énumère les écrits d'Hippolyte : il n'est pasdouteux quenousayons là son image '.Des fouilles effectuées au même en-
I . Consulter sur sa vie el son (i;u\rc : A. iI'Ai.ks, La Ui'JQ' Initie de saint Ilippolyte, Paris, njoô.
3, \'ûir plus loin, au chapitre x. pi. XN'II, 2,
droit, de 1881 à 1 883, oni dégage quelques galeries de catacombe et une petite basilique souterraine divisée en trois parties : la nef, éclairée par un lucernaire, le chœur, surélevé de deux marches, et l'abside. Plusieurs inscriptions rappellent les travaux de restauration exécutés dans ce cimetière par les papes Damase, au iv= siècle, et Vigile, au vi' ; sur les murs, des pèlerins ont tracé à la pointe de nombreux ^ro/"- Jîti, comme ils le taisaient toujours aux abords des cryptes historiques. Saint Hippolytc était certainement enterré à cette place. Le poète Prudence, à la hn du ive siècle, décrit dans un de ses hymnes, avec beaucoup de précision et d'exactitude, la basilique souterraine de la voie Tiburtine : » A peu de distance des murs de la ville, au milieu de vergers bien entretenus, s'ouvre une sombre et profonde crypte. Un escalier tournant, raide et difficile, conduit, dans les ténèbres, jusqu'à ses replis secrets. La lumière, entrant par la porte ouverte, éclaire Tintérieur du portique, mais, à mesure qu'on avance dans le dédale de la caverne, la nuit devient plus épaisse, quoique de temps en temps les ouvertures de la voûte y fassent pénéter un brillant rayon de soleil... ' »
Un manuscrit de Saint-Pétersbourg, étudié par de Rossi ', contient la copie d'une inscription damasicnne en l'honneur de saint Hippolytc, dont il reste quelques fragments insérés dans le pavé de l'église